‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 23 sur 155 · SÔ · texte numérisé non relu

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bâtie en mëmoira de cet événenient. Si cette tradition est vé-* ritable , elle ne peut s'entendre que du serviteur de Lupicip. Mais nous ne savons quel motif put conduire le saint dans ce pays.

Presque dans le même temps , Martin était demandé poup évéque par la cité de Tours*.

Dans le pays des Gaulois^ , disent les auteurs , florissait jadis entre toutes, la ville des Turones, qui voyait ses cam-^ pagnes s'étendre au loin et un peuple nombreux animer son raceinte.

Assez petite , comme le montrent les restes de sa muraillq romaine , elle était toutefois très-bien défendue. Trois rivières la ceignaient de leurs eaux. La Gisse, vers le nord, baignait le pied du coteau . le Gher coulait au midi parallèlement à la Gisse. Entre les deux , la Loire , limite de T Aquitaine , en-^ tourait la ville en divisant son cours et remplissait d'ordinairq presque toute la vallée. Nommé par les Romains Gœsarodu-r num , Tours commençait dès-lors à reprendre le nom plus national de cité des Turones. Limitrophe des Pictaves ou Poi-ievins , chez qui notre saint habitait , ce peuple avait autrefois glorieusement figuré dans les guerres que la Gaule soutint contre Gésar. Son passé religieux n'était pas moins honorable. Il avait été , suivant une opinion respectable, évangélisé dès le temps des apôtres , par saint Catien , envoyé de Saint-Pierre.

Saint Lidoire , son second évêque dont le nom soit connu , avait fait sortir le christianisme des antres et des ténèbres où la persécution le refoulait et, le premier dans cette province, avait osé consacrer un temple au vrai Dieu, sans réussir

i. Sulp. Sev., V. B.M.,n. 7.

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