Gonc. Garthag
nécessaire pour la célébration du sacrifice et conservaient les vases sacrés , les livres , les habits sacerdotaux. C'était dans celle-là qu*ils avaient leur liberté. L'histoire ecclésiastique parle de cette sacristie en particulier , quand elle dit qu'un jour, par ordre ou avec la permission de saint Basile , Tempereur Valens entra au-dedans du voile de la diaconie , où ils eurent ensemble un entretien assezr long. Lé même lieu est aussi désigné dans l'histoire de saint Ambroise, laquelle rapporte que Théodose, excommunié par le saint évêque , se dirigea néanmoins vers l'église , le jour de Noël. Arrivé , dit l'historien , dans l'enceinte du lieu sacré , il n'entra pas dans l'église, mais alla trouver l'évéque qui était assis dans la salle d'audience-
L'autre servait de retraite aux prêtres et aux diacres qui , après Toblation du sacrifice venaient y vaquer tous ensemble à la méditation des livres saints. C'était celle où se tenait saint Martin.
L'usage d'un trône dans l'église pour l'évéque n'était pas, ce semble, généralement admis en Gaule. Autrement, notre ami Gallus ne se serait pas si fort scandalisé d'en avoir vu un. Ailleurs, il était très-commun, sinon universel. Dans ses adieux à son église , saint Grégoire de Nazianze n'oublie pas la chaire épiscopale. Quand saint Chrysostôme revint d'exil , on voulut l'obliger à monter aussitôt sur le trône épiscopal pour souhaiter de là , suivant la coutume , la paix au peuple. A Sirmium , saint Ambroise était dans l'église et sur le tribunal , lorsqu'une vierge arienne essaya de le renverser. Ce tribunal , ajoute l'historien, était un lieu élevé où était le siège de l'évéque et ceux des prêtres à ses côtés. L'évéque, dit un concile de ce siècle* , aura un siège plus élevé dans l'église , mais à la maison, il reconnaîtra les prêtres pour ses collègues.
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Ces autorités font mieux encore ressortir l'humilité de saint Martin, qui loin de vouloir trôner dans Téglise comtae sa dignité le lui permettait , ne consentait pas même à s*y asseoir, et s*y tenait par conséquent toujours ou debout, ou à genoux , ou prosterné.
Gallus dit que le moment où apparut le globe de feu fut celui où Tévêque bénissait Tautel. C*est , croyons-nous , une expression voilée a dessein pour éviter de trahir , comme on disait alors , le secret des mystères et qui indique le moment de la consécration.
C'eût été ici le lieu djexposer les rites suivis par saint Martin dans la célébration du saint sacrifice. Mais nous sonames réduits sur ce point à des conjectures. Cette liturgie était sans doute contenue dans le livre des Hymnes et Mystères, composé par saint Hilaire, comme nous l'apprend saint Jérôme. Malheureusement nous n'avons plus cet ouvrage. Il est à présumer que le saint évéque de Poitiers y avait consigné un grand nombre d'usages orientaux recueillis par lui durant son exil. C'était alors , du reste , que naissait cette belle liturgie gallicane qui régna chez nous jusqu'au viii* siècle.
Un fait donnera une idée de l'imposant spectacle que présentait au IV* siècle la célébration solennelle des mystères. Le jour de l'Epiphanie , 6 janvier 372 , Valens , empereur d'Orient , qui troublait ses États par sou zèle pour l'arianisme, entra environné de tous ses gardes dans l'église de Gésarée en Cappadcce, dont saint Basile était évêque depuis deux ans. Quand le prince entendit le chant des psaumes , qu'il vit ce peuple immense, l'ordre qui régnait dans le sanctuaire et aux environs, les ministres sacrés plus semblables à des anges qu'à des hommes ; saint Basile debout êemoA l'autel » le corps immobile > le regard fixe , l'esprit uni
à Dieu , comme s'il ne fût rien arrivé d'extraordinaif e ; ceux qui renvironnaient remplis de crçiînte et de respect , ce fut pour lui uu spectacle si nouveau que la tête lui tourna et que sa vue s'obscurcit. Ensuite , quand il lui fallut apporter à la sainte table son offrande qu*il avait faite lui-même , il chancela de telle sorte, que si un des ministres des autels ne lui eût tendu la main , pour le soutenir , il serait té^mbé honteusement.
Le jour témoin du miracle raconté par Gallus , si ce n'était une des grandes fêtes chrétiennes , Noël ou TÉpiphanie , qui se célèbrent dans les mois d'hiver , ce jour devait au moins être un dimanche ; car le dimanche était dès lors célébré avec pompe. Dès le temps des apôtres , le premier jour de la semaine , jour de la résurrection du Christ et de la descente du Saint-Esprit , était devenu le dimanche ou le jour du Seigneur. Les chrétiens , ce jour-lk , se réunissaient à Téglise pour chanter les louanges de Dieu , écouter sa parole avec les explications qu'en donnaient ses ministres , assister au sacrifice et participer à la communion. Ce jour était devenu ainsi naturellement un jour de fête , où cessaient les travaux ordinaires. Comme c'était principalement en ce jour qu'on recevait et instruisait les catéchumènes', et que juifs et païens pouvaient assister aux instructions publiques, l'usage de fêter le dimanche s'introduisit insensiblement parmi les païens mêmes. Constantin en avait fait une loi en 321. 11 donnait tout ce jour aux soldats chrétiens pour aller à l'église.
Nous avons vu pour la première fois , dans cette histoire , les vierges consacrées à Dieu. Elles assistaient au saint sacrifice où la charité de leur évêque fut glorifiée , et l'une d'elles mérita de voir le prodige. Ainsi , il en existait à Tours dès les premières années de l'épiscopat du saint. C'était lui , sans doute , qui les y avait établies. Ces vierges sortaient
très-rarement. Cependant elles avaient la liberté d*aller à l'église les dimanches et fêtes. Elles s'y rendaient toutes ensemble de leur monastère , et y occupaient une place où elles ne pouvaient être vues de personne. L'entrée de ce lieu n'était permise qu'à certaines femmes pieuses et nobles qui y couraient h l'envi pour leur demander le baiser de paix. Des sentences dès livres saints inscrites sur les cloisons y rappelaient aux vierges leurs devoirs et leur dignité. En Orient, on eu voyait servir comme chanteuses et comme diaconesses dans l'église. Saint Ephrem, ayant composé des cantiques sacrés , apprit lui-même aux vierges chrétiennes à les chanter dans l'assemblée des fidèles.
Mais revenons à notre saint. Au dire de quelques auteurs, Martin à l'église était parfois pâle et tremblant. Comme on lui en demandait la cause : «Ne voulez-vous point, répondit-il, que j'aie peur étant devant mon Dieu? » Nous avouons n'avoir rencontré ce fait dans aucun monument ancien.
Après le miracle du globe de feu, Gallus en raconte un autre qui eut lieu , dit-il , à peu près dans le même temps, et en faveur de son oncle * . Il se nommait Evance. C'était un honmie qui, tout mêlé qu'il fût aux affaires du siècle, n'en était pas moins un excellent chrétien. Il était tombé trèsgrièvement malade. Se voyant dans un extrême danger, il fit appeler Martin. Sur-le-champ, l'évêque se met en route. Il n'avait pas fait la moitié du chemin , que le malade éprouvait la vertu de son approche. Évance , qui a soudainement recouvré la santé, s'avance lui-même à la rencontre de son libérateur. «Ainsi, ajoute le poëte, le bienfait fut reçu avant qu'on eût vu celui de qui il venait. C'est la santé rendue au malade qui fit connaître la venue du médecin. Comme donc
i. .Sulp. Sev., Dial. 2, n. 3. — Paulin , 1. 4. *
entre les évêques, et chaque ville considérable avait le sien. Notre saint avait trop d'humilité pour empiéter ainsi sur le domaine de ses collègues. D'ailleurs, son propre diocèse, qui ayait absorbé la [vie de ses prédécesseurs , sans s'être entièrement converti à la foi, suffisait encore à occuper la sienne. Nul doute que le saint ne l'ait parcouru plusieurs fois. Cependant nous allons reproduire ici d'une seule traite divers faits qui se rattachent à ces visites. En user autrement nous serait impossible, le biographe de Martin n'ayant point assigné de date, même approximative, à la plupart de ces traits détachés.
Voici celui que nous croyons devoir placer le premier.
Incontinent après avoir raconté la fondation du monastère, l'historien continue ainsi : Je vais maintenant aborder le récit des autres merveilles qu'il a opérées dans son épiscopat. Il y avait non loin de la ville, et près du monastère, un lieu qu'une opinion trompée regardait comme une sépulture de martyrs et esthnait sacré. Aussi bien on y voyait un autel élevé par les évêques précédents. Mais Martin n'était pas homme à donner inconsidérément créance à de vagues récits. S'adressant donc aux plus anciens des prêtres et des clercs, il les pressa de lui faire connaître le nom du martyr , ou au moins l'époque k laquelle il avait souffert. Grand fut alors son scrupule, car les souvenirs mal assurés des anciens ne purent lui fournir aucune donnée certaine. Pendant quelque temps donc , il s'abstint de visiter ce lieu. Il ne voulait pas abolir cette dévotion , à cause du doute où il était encore , ni accorder la sanction de son autorité à la croyance populaire, de peur d'encourager une superstition. Un jour, prenant avec lui un petit nombre de frères , il se dirige vers le lieu susdit. Là, debout sur le tombeau même du prétendu saint , il invoque le Seigneur et le prie de lui faire connaître qui et de quel mérite
est le mort enseveli dans cet endroit. Alors, s'étant tourné vers la gauche , il vit tout près une ombre malpropre et à l'air farouche. Il lui commande de déclarer son nom et son méritç. Le fantôme prononce son nom , confesse son crime. Il déclare avoir été un voleur, autrefois mis à mort pour ses méfaits, aujourd'hui honoré par l'erreur du peuple, il n'a rien de commun avec les martyrs, qui sont dans la gloire, tandis que lui est dans la peine. Chose étrange ! pendant que l'ombre parlait , les assistants entendaient sa vobc ; mais ils ne voyaient personne. Martin exposa ce qu'il avait vu, et fit enlever l'autel qui se trouvait eq ce lieu. Ce fut ainsi qu'il délivra son peuple de cette erreur superstitieuse.
L'érection d'un autel sur le tombeau d'un scélérat a de quoi surprendre attribuée aux prédécesseurs de saint Martin , c'est-à-dire à saint Lidoire et à saint Catien. Des auteurs s'appuient sur ce passage pour établir l'existence de plusieurs évoques qui auraient gouverné l'église de Tours entre saint Catien et saint Lidoire. Toutefois quelque évéque des environs avait pu , durant la longue vacance du siège épiscopal de Tours, consacrer cet autel, sur le témoignage et à la prière du peuple.
La tradition de Marmoutier tenait que l'autel du faux martyr s'élevait où se voit encore aujourd'hui la chapelle de saint Barthélémy. Après l'avoir renversé, le saint en aurait érigé un autre en l'honneur de Tapôtre , auquel les peuples pouvaient rendre un culte légitime. Cette chapelle est à moins d'une demi-heure de Marmoutier , et sur le haut du coteau au pied duquel est assis le couvent. Elle a été convertie en habitation particulière. A cent pas de là passait l'ancif îe romaine.
Du reste , le trait que nous venons de repp démontrer la persuasion où l'on était alors (^
4es martyrs 4an8 nqtrq province ^vant ^ pq^^séçutioij d^^ Décius , et par conséquent des chré|iqps avant T^poque pu Ton fixe communément Tarrivée de saint Gatien. En effet, on eût été difficilement trompé sur une époque plus réppnte.
l^e naême trait prouve ausçi Tainour dont les peuples cjjrétiens entouraient alo][*s les reliques des martyrs. Lç culte ^ps ir^artyrs était la grançlç dévotion de ce siècle qui suçcé(i2|it à trois siècles de persécution , et ^ont le$ premières auuées mêmes savaient été teintes d^ sang chrétien. Les fidèles Y.enaiei^t souvent aux lieux pu ils avaient été ensevelis rçjjidre! hommage à leur nçiémoire , et sç recommander à leur intercession dans le çieV C'était une expression §i caii-actérisée de la piété de ce temps , que Vhypocrite Ji^Ken l'avait singée , lorsqu'il dissimulait encore son apostasie. (Xa le voit par une lettre où son frère lui témoigne combien il était satisfait d'apprendre que Juliçn fréquentait assidûment les maisons de prière, et ne quittait point les tombeaux d.es martyrs. Comme dans toute pratique populjaire, il s'était glissé. 4çs abus dans cette dévotion. Ainsi , les saints de ca tçpaps n'approuvaient pas les festins qui se faisaient à ces tombeaux sacrés, et blâmaient la simplicité de ceux qui çroyaiçi^t honorer le^ martyrs çn buvant près ^e leurs reliques. Djb plus, Iç pç.ijij)lç. ne mettait pas toujo^i^rç i^in tfrès-gTan,^ discernen(ient d^^ le§. c\()l^^ partiçul^çrs des pbjets dç sojg^ (}\f^\^, Sanj^ \^ ^igjij^ççe des éy^ques, il^ çn^ fût r^j^ujt^ up.ç coi;^fusioji déj- VjifîM^' Q"^^%,^f)^M #f^Ç V^rrçur pppula^çç.tron^çaja^us,^^!^ lç§ évêques , conxme, l^e ipf)ntre le. i:ç,çii, pç^çdeç.t.
Aip^i, tout p^ès.de.spn i;^9na^l,^e, 5|laxtiu avajl^ij trpjavç . d^ Iç d^but, matière à son zèle çpntrç t,oijite e.^p.èçe dç. ^up^çr^tioç. Il étendit bientôt le cercle de ses courses apostolique^, çt sp. iftit à visi^t^r le§, cappaj^nes pjus élpi^nées^. Il ne toda p.a^ à
rancien culte druidique et du polythéisme romain. Bannie presque entièrement des villes, elle semblait s*être retranchée dans la campagne. Aussi, commençait-on à donner aux idolâtres le nom de païens qui veut dire paysans. Dès les premières années de son règne, Valentinien I*', qui gouvernait l'empire d'Occident, avait accordé la liberté de religion aux païens. Seulement il leur défendit la magie et les sacrifices nocturnes, qui donnaient lieu à des abominations de plus d*une sorte. Encore, révoqua-t-il cette défense, à condition que, dans ces mystères , on n'ajouterait rien aux anciens usages. Plus tard, il défendit aux païens dimmoler des animaux ? mais il permit d'offrir de l'encens. Et puis nous trouvons qu'il conserva aux prêtres païens leurs anciens privilèges ; qu'il défendit de leur susciter aucun trouble, qu'il promit même des titres honorables à ceux de leur ordre qui se seraient acquittés de leurs fonctions avec sagesse. Ces lois incohérentes montrent au moins qu'elle était encore en ce temps la force du paga- Bisoj^.
Yoiei le premier démêlé que notre évoque eut avec cett^e foBe religion ; au moins, est-ce le premier dont son historien fasse mention. Le fait eut lieu après la découverte du faux martyr.
Étant un jour en route , Martin rencontra le corps d'un gentS qu'on portait au tombeau avec tout l'appareil d'une pompe superstitkuse. Apercevant cette troupe qui venait au^devaol de lui, et ne sachant ce que c'était, il s'arrête un nuMnesl, Car il y avait entre ces gens et lui un intervalle d'environ ciBq cents pas. Toutefois, il reconnut là une bande de paysans» et comme au souffle du vent , les Hnges jetés sur le corps , voltigeaient en l'air, il crut qu'il s'agissait de rils pvofonea et de sacrifices païens. C'était, en eflFet, la coutume des paysans gauihNs de couvrir d'un voile blanc les ^ula^es des démons, et de If^ pvomenev ainsi à travers &^ campagne. R formo d^w
à rencontre le signe de la croix, commandant en même temps à la troupe de rester en place et de déposer son fardeau. A Tinstant, ces malheureux deviennent d'abord immobiles comme des rochers ; ensuite, ils font pour se mouvoir de suprêmes efforts , mais ne pouvant avancer d'un pas, ils ne réussissent qu'à tourner sur eux-mêmes d'une façon ridicule. Enfin, ils se reconnaissent vaincus, et déposent le corps dont ils sont chargés. Étonnés, ils se regardent silencieusement, les uns les autres , cherchant à pénétrer ce mystère. De son côté , le bienheureux découvrit que ces gens étaient réunis pour des funérailles et non pour des sacrifices : levant une seconde fois la main , il leur donna la permission de s'en aller et d'emporter le corps. Ainsi, lorsqu'il le voulut, il les força de s'arrêter, et lorsqu'il lui plut, il leur permit de continuer leur marche. Le miracle obéissait donc même à un soupçon de ce prêtre chéri de Dieu.
Martin , dans sa jeunesse militaire , s'était confié au signe de la croix comme au plus sûr moyen de défense contre les coups de l'ennemi. Ici, il s'en est servi pour attaquer. Les chrétiens alors faisaient de ce signe sacré un usage presque continuel. Julien l'apostat est encore un témoin non suspect de cette coutume. Le philosophe qui devait l'initier aux mystères d'iniquité, l'ayant mené dans un temple, le fit descendre dans une grotte souterraine. Effrayé des spectres qu'il y vit , Julien fit par habitude le signe de la croix. Tout disparut à l'instant. La même chose étant arrivée une seconde fois , Julien ne put s'empêcher de dire qu'il admirait la vertu de ce signe des chrétiens. « L'instrument de la mort du Christ, dit Lactance, la croix est la preuve de sa puissance. Elle met en fuite les démous : cela est si vrai que les empereurs nous ont persécutés à cause de cela. » — « Au seul nom du crucifié, disait saint Antoine à des philosophes,
nous mettons^en fuite les démons que vous craignez comme des dieux. Où Ton fait le signe de la croix, la magie perd toute sa force, et le venin son pouvoir de nuire. »
Le signe de la croix opéra encore le miracle suivant, raconté par Thistorien immédiatement après celui qu'on vient de lire. Ici , ce n'est plus un simple soupçon , mais une réalité énergique qui met le saint aux prises avec Tidolâtrie. Nous tombons dès le début au milieu d'un combat à mort entre les deux adversaires.
H: avait, dans un bourg, démoli un temple fort ancien *. Un pin s'élevait près du monument profane : il entreprit aussi de l'abattre. Mais alors le magistrat du lieu avec toute la foule des gentils se mit en devoir de l'en empêcher. Ces mêmes hommes qui, par un effet de la volonté du Seigneur, avaient sans opposition laissé détruire leur temple, ne peuvent souffrir qu'on renverse un arbre. Le saint , pour les éclairer, leur fait entendre toutes les raisons que son zèle lui suggère : Que pouvait-il y avoir de sacré dans une souche? C'est au Dieu qu'il servait lui-même qu'ils devaient s'attacher. Quant à cet arbre , il fallait le couper, parce qu'il était consacré au démon. Comme il leur parlait ainsi, un d'entre eux, plus hardi que les autres : « Si tu as, dit* il, quelque confiance en ce Dieu qui est le tien , nous dis-tu , et que tu honores , nous allons nous-mêmes couper cet arbre, toi, reçois -le au moment de sa chute ; et si ton Seigneur, comme tu l'appelles , est avec toi , tu n'en éprouveras aucun tort. » Plein d'une intrépide confiance dans le Seigneur , Martin le prend au mot. La proposition est acceptée à l'instant par la foule de gentils peu soucieux de la perte de leur arbre, si sa chute doit écraser