‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 37 sur 155 · Dil. S, n. 7. ^PiaUn^L · texte numérisé non relu

Dil. S, n. 7. ^PiaUn^L

le même temps , une visite qui fit encore briller et retendue de sa renommée et la bonté de son cœur. Ce fut celle de ses s€pt cousins germains demeurés en Pannonie. Eux aussi s'étaient rendus célèbres par leur sainteté et leurs miracles *. Visités d'abord de toute la province, ils avaient ensuite vu presque tous les habitants .de la contrée arriver chez eux et les honorer comme des prophètes envoyés de Dieu. Beaucoup d'infidèles , entraînés par leur prédication , embrassèrent la foi. Tout le monde enfin les comblait de marques d'estime et de présents. Princes , tribuns et soldats, chrétiens , juifs et gentils les venaient voir et leur témoignaient le plus grand respect. Ces honneurs effrayèrent les serviteurs de Dieu, qui, craignant de se laisser dominer par la vaine gloire , résolurent de se dérober à ce danger par la fuite. Il avaient en vue l'exemple d'Abraham, plus récemment celui d'un grand nombre de justes, et plus récemment encore celui du bienheureux Martin , leur cousin germain. Ils connaissaient sa réputation de sainteté, la célébrité qui entourait son nom, et surtout son élévation au siège épiscopal de Tours. Ayant donc tenu conseil entre eux , ils assemblèrent un peu d'argent avec un léger bagage, et se décidèrent à venir jusqu'à lui pour vivre sous sa direction. — Un dimanche , selon sa coutume , Martin célébrait la messe solennelle. Sept étrangers entrent dans l'église et lui demandent sa bénédiction, selon l'usage des pèlerins. Le sacrifice solennel achevé, ils se présentent une seconde fois devant l'évêque. Martin alors reconnaît ses cousins germains, les embrasse l'un après l'autre en pleurant sur chacun d'eux , puis les conduit de l'autre côté du fleuve, au lieu où demeure la troupe des saints moines, et là, les invite à prendre un repas en conlmun avec les religieux. Le

i. Hist. vu Dorm. , n. 4 a 6<

lendemain , ils lui racontent toute Thistoire de leur voyage. Mais ils voulaient encore visiter les sanctuaires des apôtres Pierre et Paul, se rendre ensuite à Jérusalem, pour y adorer le tombeau et la croix du Seigneur, puis aller voir le tombeau du bienheureux Jacques, frère du Seigneur. Après cela , ils devaient revenir auprès du saint évéque pour ne plus le quitter. Celui-ci donc leur donna sa bénédiction et ils partirent.

• Il est certain que le pèlerinage de Jérusalem commença dans ce siècle à devenir plus fréquent. Voici quelle en fut la cause. Sainte Hélène, mère de Contantin, était allée visiter les saints lieux. Arrivée à Jérusalem , elle avait commencé par faire abattre le temple et l'idole de Vénus qui profanaient les lieux témoins de la passion et de la résurrection du Sauveur. On ôta Ifts terres, et on creusa si avant qu'on découvrit le saint sépulcre. Tout proche, on trouva trois croix enterrées. Chacune d'elles fut appliquée à une femme réduite à Textrémité. Sitôt qu'elle eut touché à la dernière , elle fut entièrement guérie. En même temps que la croix, on trouva aussi le titre , mais séparé avec les clous. Sainte Hélène envoya à l'empereur ces clous précieux avec une portion considérable de la croix, laissant l'autre à Jérusalem. Cet événement avait eu lieu cinquante ans avant l'époque où nous sommes . arrivés, c'est-à-dire en 326. Saint Martin n'était alors âgé que de dix à onze ans. Or, par les soins de Constantin et ceux de sa mère, on avait commencé dès lors à bâtir l'église du Saint-Sépulcre qui fut achevée six ans après. Avant la découverte du bois sacré, on avait vu, faisant le pèlerinage des lieux sahits, la veuve du persécuteur Maximien-Hercule, Eutropia, dont Constantin épousa la fille. Depuis, parmi beaucoup d'autres , on rencontre saint Milles , évêque de Suse , faisant le pèlerinage de Jérusalem, sans autre bagage que

le livre des Évangiles. — Nous avons déjà vu, dans cette histoire , un pèlerinage aux tombeaux des apôtres Pierre et Paul. Nous aurons encore occasion d'en dire un mot. Quant à celui de saint Jacques , dont parle notre légende , nous ne savons lequel des deux apôtres de ce nom elle veut désigner. Si c'est saint Jacques le Majeur, ses reliques étaient alors en Espagne, àlria-Flavia, aujourd'hui El Padron, sur les frontières de la GaUce, où elles avaient été transférées peu de temps après avoir été enterrées à Jérusalem, et où elles furent de nouveau découvertes au dl* siècle. D'après notre légende, au iv* siècle, cette sépulture n'était pas un secret comme elle l'a été depuis. Si, chose moins probable, il s'agit ici de saint Jacques le Mineur, les pieux pèlerins devaient trouver son tombeau à Jérusalem, près des ruines du temple, au lieu théâtre de son martyre, où l'on avait élevé une petite colonne. On dit que ses reliques furent portées à Constantinople vers l'an 572. Ces deux saints, du reste, étaient l'un et l'autre frères du Seigneur , c'est-à-dire ses proches parents. La légende qui donne ce nom au saint Jacques dont elle parle n'éclaircit donc pas la question qui nous occupe.

Vers ce même temps, au dire d'une autre légende, dont l'autorité n'est pas contestée, saint Martin revit aussi ce jeune Maurilius, que vingt ans auparavant il avait nourri à Milan du lait de sa doctrine, et qui vint le trouver dans son monastère de Tours * . Formé d'une si bonne main , Maurilius avait fait de grands progrès dans la vertu , et samt Ambroise l'avait ordonné lecteur. Son père mort, le disciple de deux saints avait quitté sa mère et abandonné ses richesses. Arrivé à Tours, il demeura avec notre évéque, occupé des divins offices. — C'était en 574 que saint Ambroise , Gaulois de

i . Brev. S. Mart., iS sept. — Godesc. / ibid.

naissanoe, avadt été ordonné évéque de Milan. H succédait à cet Auience qui avait persécuté Martin , et qui, toujours protégé par la cour avait gardé ce siège jusqu'à sa mort.

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