Sulp. Sev., Vit.) m
seuil» et dit qu'il voit un horrible démon dans le vestibule. n lui commande de se retirer. Celui-ci, alors, s'empare d'un domestique qui se trouvait dans l'intérieur des appartements. Aussitôt ce malheureux commence à se jeter sur tous ceux qu'il rencontre et les déchire à belles dents. Grand émoi dans toute la, maison : la famille est épouvantée, le peuple prend la fuite. Martin va au-devant de ce furieux , et d'abord lui commande de s*arrôter. Le possédé grince des dents , et sa bouche béante semble l'attendre pour le mordre. Martin plaçant ses doigts dans cette bouche : < Si tu as quelque puissance, dit-il, dévore-les.» Mais, comme si ces doigts eussent été un fer rouge , le possédé écartait le plus qu'il lui était possible ses, mâchoires pour éviter de les toucher. Force était au démon de sortir du corps dont il s'était emparé, et où ses peines et ses tortures ne lui permettaient plus de rester. Il ne pouvait sortir par la bouche où se trouvaient les doigts du saint. Il s'échappa donc par un flux de ventre , lais* sant après lui les dégoûtantes traces de son passage, t Ce fut là le chemin qu'il prit, dit le poète, il était digne d'un tel voyageur. »
Ce fait est naïvement représenté sur un des vitraux de la cathédrale de Tours , et se trouve exprimé aussi sans déguisement dans des hymnes chantées jadis sous les voûtes sacrées. Si aujourd'hui notre délicatesse en est révoltée , ce n'est pas , selon nous , la preuve que notre vertu surpasse la vertu de nos pères.
Sur ces entrefaites, le bruit d'un mouvement et d'une irruption des Barbares jette tout à coup l'alarme dans la cité. Le saint se fait amener un démoniaque , et lui commande de déclarer si cette nouvelle est véritable. Celui-ci avoue que ce