‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 52 sur 155 · Sidp.Sev.)tt. 15.'^P«utin> 1. S. «-Port., 1. i · texte numérisé non relu

Sidp.Sev.)tt. 15.'^P«utin> 1. S. «-Port., 1. i

sont seize démons qui ont répandu ce bruit parmi ,1e peuple , pour forcer , au moins par la crainte , Martin à s'çnf uiTi ù^ la ville. Les Barbares ne songent à rien moins qu'à unp^ ^f rupr tion. Cette réponse rendue par l'esprit immonde au mijieu de l'église , mit fin à la terreur et au troublei a,uxqçe^l?^^ I^ille était en ce moment en proie. . . .... . ^ . .

«Ainsi, dit le poète, le fourbe se démasqua lui-^^^Oiç^. la béte pruelle qui soulève les guerres ramena les, dipuc^^r^f^ la paix : les âmes furent délivrées de leur tristegs^.etJjç, 4(^i»on demeura seul dans les tourments. » . ; >

Les Barbares dont il est ici question étaient, ces. (îenpain^ du Nord que nous avons vus au commencement de ç(|tte histoire , frémissant d'impatience aux frontières de l'enipire , dont ils étaient toujours la terreur en attendant le jour qUfh devaient en être les conquérants. Trêves plus rapprochée 4f|s bords du Rhin, qui seul le,s séparait de la G^i^e,. éta^t^plus qu'aucune ville exposée à leurs attaques. .,^ . , .^

Ces miracles et le séjour du J3ienheureux .pourçaieat bjen avoir donné occasion à l'établissement de la vie Daonfi3tiqufi dans Trêves et à la fondation de la célèbre abbaye, de saint Maximin , dont on ne sait pas clairement l'origine , guoiqfip l'antiquité en soit constante.

Cependant , les prisciliianistes renvoyés pardevant l'empereur avaient été suivis à la cour par Idace et Ithace , leurs accusateurs. Le zèle de ces deux évéques à combattre les hérétiques n'eût pas été blâmable , si le désir de triompher ne les eût emportés au-delà des bornes d'une lutte légitime. Mais déjà les accusés commençaient à déplaire moins que les accusateurs , car , pour ce qui est d'Ithace , on ne voyait eq lui rien de grave , rien de saint. C'était un homme audacieux , grand parleur , impudent , ami du luxe et de la bonne chère. Il avait porté la folie à un point étrange : toutes les personnes,

e les plus saintes, qui s'adonnaient à la lecture ou se liât à la pratique du jeûne, étaient par lui dénoncées comme ou disciples de Priscillien^ Il osa même, le malheu- , à cette époque, attaquer publiquement Tévéque Martin et^ ^^ causer du crime infâme d*hérésie cet homme en tout compsft.:M*al)le aux apôtres. En voici la raison : Martin qui se trouvait gX^z^ir^ à Trêves , ne cessait de reprocher à Ithace son indigne iiite , et rengageait à se désister de son accusation contre mien. Il suppliait aussi Maxime de ne point répandre le de ces infortunés. Selon lui, il suffisait, et au-delà, tine sentence épiscopale eût chassé les hérétiques de leurs s€s. C'était chose nouvelle , monstrueuse , que la cause de \ église fût jugée par un juge séculier. Tant que Martin fut à *- Yèves , l'instruction demeura suspendue. Sur le point de Ç^rtîr , il eut assez d'autorité pour tirer de Maxime la pro- ^^sse qu'aucune décision sanglante ne serait prise contre les acausés.

*-*^ doctrine de notre saint sur les causes ecclésiastiques avait été proclamée par les empereurs mêmes , surtout par Constantin. Supplié par les hérétiques donatistes de leur {aire donner des juges: « Quoi, s'était-il écrié, vous me àeîmandez des juges, à moi, qui suis dans le siècle, tandis ^^ moi-même j'attends le jugement du Christ. » Quand, çVds tard, condamnés au concile d'Arles, ils en appelèrent à l'empereur, il en avait été extrêmement irrité : « Incorrigibles dans leur perversité , avait-il dit, ces hérétiques contiiiaent à réclamer mon jugement, à moi qui attends le jugement du Christ. Us invoquent le tribunal séculier en laissant le tribunal du ciel. Faut-il d'autre preuve de leur crime? » — En dernier lieu, Gratien avait ordonné que les contestations

L Solp.i But. Saocr., l i, n. CA.

qui nuraietti pour objet lés affoires de religiûti semiéût décidées par l'évéqne m par le synode de la province.

Après le fait de l'aveu, obtenu d'un démoniaque par le saint, son biographe * place le suivant qui, en effet, semble avoir eu lieu à son retour de Trêves; car l'endroit qui en fut témoin se trouve sur le chemin de Trêves à Tours. C'est Paris. Il entrait dans cette ville , escorté d'une foule compacte. Â la porte il voit un lépreux , dont l'aspect repoussant est un objet d'horreur pour tout le monde-, Martiu l'aborde, lui donne un baiser et le bénit : aussjtôt tout le mal du Iépreu.\ disparaît. Le lendemain cet homme venait à l'église, avec une peau éclatante de blancheur et y rendait ses actions de grâce pour la santé qu'il avait recouvrée. — « 0 Martin , s'écrie ici le poëte , qu'il est précieux le don de ta paix, et que précieux est le remède qui s'écoule de ta bouche sacrée ! car soit que tu touches les membres avec tes lèvres ou les cœurs avec tes paroles , tes baisers guérissent les malades , et ta voix sauve les ignorants. Puissent mes maux sentir un attouchement aussi charitable ! Daigne, Martin , par ses prières et le secours de sa bouche sainte, faire disparaître les taches de mon pauvre cœur ! Grâce à lui, j'en suis sûr , je serais rappelé aux joies de la véritable paix, et j'élèverais vers les saints mystères mon visage purifié. » — Suivant la tradition , ce miracle eut lieu h la porte septentrionale de la ville , porte qui en c^ t«mps-lk se trouvait au bout d'un pont nommé aujourd'hui le Pont-au-Change. Pour en conserver la mémoire, les Parisiens firent bâtir en cet endroit une chapelle qui , dans la suite , porta le nom de Saint-Martin.

Le fait précédent nous montre de quelle immense populaffté jouissait alors notre éréque ; lc« détails qui suivent et

i. Sulp. Sev. Vit., n. 19.-P*»K», L â. *-?!«., l *, cM.

9^ 9em1>letit se rartUicIier k son s^onr dans Paris prouvent lâ Mnfianee sans bornes qu'on avait en ses mérites.

^ détachait des morceaux des bords de son vêtement et de son cilicc ; maintes fois , liés aux doigts ou appliqués an ^^^ des malades , Ils les rappelèrent à la santé.

Ces faits et d'autres semblables, que nous avons reproduits ^'^ i^produirons ailleurs, sont apportés par Thistorien à ^ ^Ppuî de cette assertion : « Telle était la grâce de guérison ^•^^ jouissait Martin, que presque jamais un malade n*eut à lui sans recouvrer sur-le-champ la santé. » Quant au rôle dlntercesseur que nous venons de lui voir r , à Trêves, auprès de Maxime, et que déjà il avait rem- P «-^ à Tours, auprès de l'empereur Valenlinien !•' et du cx)mte îtîen , les moines , les prêtres , les évêqtiës surtout s*en «nt dès lors emparé auprès des empereurs chrétiens, et plus saints d'entre eux s*en acquittaient avec une noblesse , intrépidité inouïe. L'histoire de la révolte d'Ântioche , ^'^ eut lieu quelques années plus tard, nous offre de cette ^^tercession la pratique et la théorie. Ainsi, après cette ^ttteute, où furent brisées les statues de Théodose, les deux ^^mîssaires , chargés de sa vengeance , se voient tout ï ^^p ^environnés d'une multitude inconnue, que des vête- ^^tît^ lugubres , des visages pâles et exténués font ressem- ^^ h une Ifoupe de fantômes. Ce sont les solitaires des ^**^rion8 d'Antioche ; ils parlent avec hardiesse , ils offrent leurs têtes à la place des accusés, ils protestent qu'ils ne quitteront les juges qu'après avoir obtenu grâce. Toute la ^"le ^\ s'était adressée à son évêque Flavien. Ni les infirlûités d'une extrême vieillesse, ni les fatigues d'un long voyage dans une saison incommode et pluvieuse, ni son at&o\ir pour une sœur unique qu'il laissait au lit de la mort , lie purent arrêter son zèle.

c Quelle gloire pour vous, dîl-il au prince , quand un jour on dira qu'une si grande TÎDe étant coupable, tout le monde épouvanté, les gouverneurs, les juges, personne n*osant ouvrir la bouche, un seul vieillard, revêtu du sacerdoce de Dieu , s'est montré et a touché le cœur du prince par sa seule présence et par son simple discours ; car notre ville , seigneur, ne vous fait pas peu d'honneur en me chargeant de cette députation, puisqu'elle juge que vous estimez plus que tout le reste de vos sujets les prêtres de Dieu, quelque méprisables qu'ils soient. Mais je ne viens pas seulement de la part de ce peuple , je viens avant tout de la part du Maître des Anges dire à votre âme si douce et si compatissante que si vous remettez aux hommes leurs fautes , votre Père céleste vous remettra aussi les vôtres. Souvenez-vous donc de ce jour où nous rendrons tous compte de nos actions. Songez que si vous avez à expier quâqoe péché, vous le pouvez sans aucune peine en prononçant une parole. Les autres députés vous apportent de l'or, de l'argent, des prései^ts; pour moi^ j^ ne vous offire que les saintes kÂs, vous exhortant à imiter notre maître^ qui ae laisse pas de nou^ coml^ler de ses biens^ quoiquejMnisroffeiisionstoi^fcsîoi«4rs.>

C'est ainsi, que l'Église protégeait les peuples contre l'^abns trop f$K^ du pouvQÎc ab^u, abus dont fournit M san^Mt exemple ce mê^ie. Théodose^ un des imeifieurs princes j qui pardoQpa aux citoyens d'Ântiocbe^ mais ^ qui y pour une leauB^ semblable, fit «lassacrer ceux de Thessalonique. '■■■■''

Quant à Martin » nous allons bientdl encore le voir se Êdre l'avocat des proscrits et se rendre ea qudque sorte anafkdme pour eux ^ comme saint Paul âésh*ait l'être pour les iwls.

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