‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 53 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Il' • i,!Jt ; i .■■■••:,:. '■ ) . •

, ,../ SBpOND V03[AC{B D£ 8AUÏT MARTIK A TRÊVES.

•Le saint availdoae obtenu grâee de ha vie pour les'PriscQ-

ÏWÛ8te$ ; omis^après son départ Tempereup, |)efv«rtl par les

^^éfueis JMagDus et Baifus , diangea: de dispositions et confia la

^i9«e;au préfet Evoâius ; homme âpre et sévère: PrisdDien fut

^■'^i^dda par lui eu deux séances et èonvainl:;u de maléfice. H

^Vua.glôtre livré i Tétude de doctrines obsetoes , avoir tenu

^t^fisai^Méesi nocturnes aveo des^fefmnaes perdues. Le prë-

^^^ le déclara coupable et le tint «n prison pour en référer in

P'ïïtee.Jaesiaits rapportés au palais, i'-empereur fut d'avis

^^^ J^isciUien et ses complices devaient être condamnés à la

Peine qijfltale. Ithaoe vit oombim il se rendrait 'Oiàieux à tout

f^îscopat s'il gardait son rôle d'accusateur jusque dans les

^^^ières procédures, d'où devait sortir un arrêt de mort;

^ 1^ jugement devait être réitéré. Il se retira donc de Taf-

faire, mais ce fut une ruse qui n'y changea rien; le crime était consommé. Maxime mit h sa place , comme accusateur , un nommé Patrice , patron du fisc, à l'instance duquel Priscîilien fut condamné à la peine capitale, et avec lui Felicissime et Ârmenius, qui avaient depuis peu quitté les catholiques pour s'attacher comme clercs à Priscillien. Latronien et Euchrocia périrent aussi par le glaive. Instance, que nous avons dit plus haut avoir été condamné par les évêques , fut déporté dans Tîle Sylina, située au-delà de la Bretagne, aujourd'hui les Sorlingues. De nouveaux jugements décidèrent du sort^ ^^ des autres coupables. On condamna au glaive Âsarinus ave le diacre Âurelius. Tiberianus, dépouillé de ses biens, fi

relégué aussi dans Tile Sylina. TertuOus , Potamien et Jeai .

jugés comme gens trop misérables et dignes de pitié , par qu'avant la question ils s'étaient dénoncés eux-mêmes av leurs complices, furent condamnéii seulement Si nu exfl te poraire dans les Gaules.

Ainsi furent tués ou exilés des hommes, il est vrai, bi indigne» de vivre , mais dont le procès fut un exemple Du re^te, rhéré$ia dont Priscillien était l'auteur ne s'éteîgn. pas dans son sang. Au contraire • elle prit de la çcmsistaQee 9'é^odit davantage: ses sectateurs l'avaient auparavai honoré comme un saint; ils le vénérèrent dès4ûrs comme nm^ martyr. Les corp3 des suppliciés, rapportés en Espagne y reçurent d^ funérailles magnifiques. Jurer par Priscillie devint le serment le plus solennel.

Ithace, comme on Va vu, craignait que le jugement évéques ne flétrît son odieuse conduite. En effet, l'Église toujours considéré comme homicides les clercs qui poursuivent la mort des criminels , et a fait contre eux des lois sévères où elle les déclare incapables d'exercei* les fonctions saintes. Ithace et ceux qui avaient trempé dans son crime avaient

doPC mérité d*étre e;(cominuDié$. Toutefois, à Tépdqu^ eu iiou$ eq viornes, aucun jugement canonique u*avait ôncQpa été prononcé contre eux-

L'eiqapereur Maxime, prince qui autrement était bon, i^ûuvr^it de la protectiou royale Tévéque Itbace , accusateur de Pri^cillien et ses complices. Il voulait empocher qu*on ne fit un crime à cet évéque d'avoir procuré la condamnation d'un bomme. ,

A la même époque, Martin était contraint par les intérêts nombreux et graves d'une foule d'infortuné», de retourner k la TX)ur K Ce fut sur lui que tomba toute la fureur de l'oragCt Assemblés à Trêves, où ils étaient, ce semble^ retenus par le prince, plusieurs évéques communiquaient journellement avec Itbace, et avaient ainsi fait cause commune avec lui. Tout à coup on leur annonce l'arrivée de Martin. Cette nouvelle imittendue les jette dans une coosternation profonde. On les voit se parler entre eux à voix basse et donner tous les signes de la frayeur. Ils en avaient siyet. La veille , l'empereur, d'après leur conseil, avait décidé que des tribuns armés de la puissance souveraine, seraient envoyés dans les Espagnes, pour rechercher les hérétiques et ôter la vie avec les biens à ceux qu'on pourrait découvrir, Nul doute que cet orage ne dût envelopper un grand nombre de personnes pieuses , vu le peu de discernement qu'on mettait à distinguer les différentes sortes de gens. Les yeux seuls en étaient juges. C'était à sa pâleur ou à son vêtement, non à sa foi, qu'on reconnaissait un hérétique. Les évéques de la cour comprenaient qu'une pareille mesure ne plairait nullement à Martin; mais des soucis de leur mauvaise conscience le plus cuisant était la crainte que le saint, en arrivant,

i, Siilp. Sev., Dial 3, n. 40,

ne se a^r^^. i% Jeur e^rm^mmi , i\^ i savakat qt 'cahat dis par i^^etjle ajito^t ^*9^ix^ imi^mmiMih-f^^ grand homme. Us tiennent:^c|nprCODsatt'ay«c l!empereur{,Mèt envoient ^ ;^r^eca«tr^ daS]i)fficiera.tiivp2âttSi^ur M(défeiidre dç faire u^ p^s^de p:l,us vers ;la viUe/a'ilnsejTéât s'itngsgto d'avance à conserver la, paix, avec tes :éyé€pieà( cpûi/st^ trouvent assembléfi^ ]^dant adiroiteaiient' œtteuinjonotiii^ le $amt le^iii: dé^clare qu-il vient avec la: <patiLiâ|itChri5ti<)II était nuit quand il entra dans la vitte: il ^e rendit /àl'é^iBe, non pour y. communiquer avec les.évéques,- Biais senflemeiil pour y prier. Le lendemain, il va au palaia^ Ses: prioplpal»! pétitions étaientpourle comteNarsès/et leprésideiitLetttaditiSi qui, tous deux avaient suivi le parti de firatîèn^ielidoot^l'dlta* chement obstiné à cette ^use malheureuse leur ^vailîimêKté la colère.du vainqueur^ Usi&r ae, qu'il .«vait te iji^I^sià fccsnr; c'était d'empêcher ronvoi^dans l^.Ea.pap68idelribim&&rnié8 du d^oit d^ glaives, ic'est^à-dire, de vie^ôt de> morti'Or^ la pieuse sollicitude de Martin voulait -sauver, nbn^seuiemeiÀ le3 chrétiens, e;;posés à être maltraités à cette dceaskna.fAlais les héréti.quep .^u^i^nméi^es. ' . ; i i/ -li"*' 'ni"»

£!et:t^ ri^marq^id^ Vbi&torian:ûops; fait eomiaîu*» (que te saÎDt ^yaitappr^ aMssitOtikS'Ordrea dosnés^pdur laj^edterdie des Prisci^ianisKesj Iiefr deux premiers^^ joim/".*rà8(dCie(itempereur le tint en suspens.: >Vpulait*il dentier phits de jinxil sesgcâce^? oubien^it>jHmplacable?onrignoriec Beafirèoûp Be gens pensai^ntalorsquelavaricp n'était point étrangère à sani^ pugnance à pardonner, il avait, cToyait-on, convoitélesbieils'des proscrits. Eneffiat, ce priijiçedoué d'ailleurs d*un gralnd nombre de bonnes qualités, fut, iditnon , peu ^n gande çonâre Pararieev Toute^is les nécessités ^q son r^ne doivent, peut^-ôtre .lui servir d'excuse. Le trésor de la république avait :été épuisé sous les princes précédents. Pour lui « il fut presque toujours »

scdt dim l>oli(»i;Mtt 4ând1«« préparatife^es guerres civiles. On foiilçœi émo fitifemedt 'qu'il àt sasi toutes les oeeasiàns ^ psoROHr ar dès ressources à l'État; ' ^ 43ep^dittrt;>liiartlD évitaH As <^^ avèeles évéiqués

J^kacîraéL' [T&nt> ti^ènblants, ils eourent ensemble trouver iodi^i Bs se plaignent d'âtre condamnés d'avance. Leur àitous n'est pkis tenable, si l'opiniâtreté de Théogniste, q;u i . «edt^a pubtiquement porté une sentence de condamnation eux y vient à s'armer de l'autorité de Martin ; il tfcût tCdhr'reoevoir cet bomme dans l'intérieur des murs; les icpuR n'avaient plus en lui un défenseur, mais un venff^iitoi BôeÉ n'était feit par la mort de Priscillien , si Martin ^^^^te^tirenhil de'te venger.

* ^ Blnfia^ prosternés devant le prince , ils implorent avec

tes et gémisseffiients la puissance royale et la sollicitent à

desafot!cet<*ontre un seul homme; peu s'en fallait même

ils ne* crtiseillassent à l'empereur d'envelopper Martin

le sert destiné ' aux hérétiques.

^A4bsi0ie<;siétait, pour ain)si dire, vendu aux prélats de sa

; mais il n'ignorait pas, dit le narrateur, que par sa foi^

^safntrtâfvetxfia veùrtu; Martin était supérieur à tous les

^^^<>inid6ioC*fiést'dipe»papi une tout autre voie qu'il se dispose

^ «"^^ffftlea «crapules' dn^aint. Et d'abord ille fait veWr en

^^^ïteti: Ml 3^:|]ireBd scta ton le plus doux. — « C'est , assure-

^l %\4]M)iidraîtqué les hérétiques ont été condamnés; ils

^*^t élé'selon'le cttdrs delà justice publique plutôt que d'à-

î^&èfirles J)oursÙ!te8 des éVêques ; Martin n'a point de motif qui

k ^ivelu? faire • cbndàmner la communion dlthace et de ses

K V^itisaBs. ^mxû hThéogniste , c'est la-baine bien plus qu'au-

m^ cime*Tais(»"qUi l'a porté i se séparer de ses frères ; encore

" esVille s^l qui ait jusqu'à ce radment rompu la communion :

les «itreë rt'(mt tien changé h leur conduite ; bien plus , il y à

pM de jours f un synod6 s'est tenu 6t a piPûdjumé riwocôoce J IthAce. > •*- Tous ces beaux discours trourout Hartia ioseir mM(\ Alors, enflammé de colère, le roi le quitta brusipie* luout. Un moment après les bourreaux sont dirigés vers ceux pour qui Martin a intercédé. Quand Martin apprit celte oou-* Yolle il était déjà nuit. Il court au palais ; il promet , si l'on fait gnke aux proscrits , de communiquer avec Ithace ; mais il veut encore qu*on rappelle las tribuns déjà envoyés dans les l''8pa)(nes pour la ruine des églises. A Tinstaut n^me Maxime ao4^rde tout.

Ou devait le lendemain faire l'ordination de Vévêque Félix, tr^s*s;ùnt lummu> assurément et bien digne d'être sacré dans d(^ ntoillouros ciri^onstances. Ce jour^à • estimant qui! valait miteux oôdcr pour Theure présente que d'abandonner à leur trisio sort des malheureux sur la tète desquels le glaive était déjà lové , Martin entra en communion avec Itbace. . Fiers d^une toile victoire, les évéques itbaciens voulaient le contraindre à confirmer cette communion par sa signature ; on ne put jamais la lui arracher. Dès le lendemain il quitta prcoipiluument ces lieux et partit pour s'en retourner à son église,

l'hemin faisant , il était tout triste et gémissait d'avoir été nu'me une heure uiolé à une communion coupable. Il arriva ainsi pn^j» A\n\ bourg nommé Andethanna. C'est aujourd'hui le \illago d'iiohlornach . siiuè sur la rivière du Sour , à trois lieues environ de Trêves . h rentrée du Luxembourg. D'im«uionsoN fonMs oi>uvraieni ces lieux ei y ménageaient de scvri'^ios soliiude.s. Mai tiu lalssoM-s ooiîipagik^ns prendre un peu leN(î, \anis, et s'assied à Vtvc^ri. Là, exanrlnain en lui-même lo Uioiii de sa douleur ot celui de sen acùon, il se trouvait euiro detïN ivus^v»^ r-ui l aoeu>^îie:i: ei îe «'efeniiient tour à tour Soudain un ange lui ap^yarait * Tu as raison de t'affli-

B^T 9 Mmrtia , lui dît<il ; mab to D'ie pu eo «orttr mitremeot» '^épwci ta vertu , Fjippdie ta constance ou eraitt$ dç mettre ^n dangw noQ plu8 ta gloire mm ton $idut. »

I>epui8 cette époque, Martia prit bien garde de eomOMioi^

oiquer en rie» avec Ia faction itbacienne. Plus tard, ayant à

^XLQrcîsar quelques énergumènes, il ne les guériaaait plua

^^^^c la no^nae promptitude ni la même grâce qu'autiefoja. H

^^v^ouaîj eoauite avec lances, k «*» disciples, que cette mM-

f^^^peuae communion, ï laquelle il s*était mêlé aeulement un

int, non de cœur, maia par néceaaita, avait diminué aop f^^^^^oir. Il vécut encore seize année»: durant tout ce temps, ^^^^ ^ rendit plua à aucun synode et ae tint éloigné de toutes saaenabléea d'évéques. Mais assurément, comme noua en «Ma bientôt la preuve, iKa grâce ne souffrit qu'un échec poraire , et il aut eu réparer les pertes par des profits J^^^^ièondiainta. Dans la suite, on vit un énergumène amené fc porte de derrière de son monastère et gucri avant d'en ir touché le seuil ITelle est la dramatique histoire de la communion de saint Ttin avec Itbace'. Ce miracle, ou un ange lui avait parlé à face, il le cacha toujours à ses disciples, à causa, dit ^Itos , de la désignation des temps que ce fait porte avec ; mais , ajoute le narrateur , il n'a pu demeurer un secret P^^^nr nous.

3((ms avouons ne pas bien comprendre ce que veut dire

^^11% par cette note ou désignation des temps qui engageait

^^ sdiQt à cacher à ses disciples la vision de Tange consola*

L ^w. Veut-t-il faire entendre que son Maître essaya de celer

k ^ ses disciples la glorieuse faute où Tavait entraîné la bonté

^ àe son CQôttr? Mais le saint leur en parlait lul-môme , et attri-

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