Act. SS., 3 sept. — Vit. S. Mansueti
n'entends plus ma voix. 3^ Martin s'en alla toBi pïéoccupé de la pensée de secourir cette âme en peine. De là il se rendit iE Trêves et parut à la cour.
Avant d'exposer les faits suivants, Thistorien du saint, que vient de raconter ses miracles , s'exprime ainsi : * t Je vais, à des merveilles si grandes en mêler d'inférieures , si toutefois, à Tépoque de dépravation et de corruption universelle où nous sommes, ce n'est pas un mérite capital pour un pontife de n'avoir pas perdu le sentiment de sa dignité en flattant l'autorité royale. »
A la cour de l'empereur Maxime, homme d'un génie altier, exalté encore par ses victoires dans les guerres civiles, se trouvaient réunis plusieurs évéques venus de différentes contrées. Tous ces prélats se faisaient remarquer par la honteuse adulation dont ils entouraient le prince : la dignité sacerdotale, dégénérée dans leur personne de sa fermeté première, se montrait asservie à la protection royale. Seul au milieu d'eux , Martin sut conserver entière l'autorité apostolique. 11 avait, k la vérité, des suppliques à présenter au roi, en faveur de quelques personnes; mais la manière dont il les exposa res* semblait bien plus au commandement qu'à la prière. Invité même plusieurs fois, par le prince, à manger avec lui, il s'y refusa longtemps ; il ne pouvait , disait-il , s'asseoir a la table d'un homme qui, de deux empereurs, avait privé l'un du trône, et l'autre de la vie. En effet, en s'emparant des Gaules, Maxime avait dépouillé Valentinien le jeune, des États qui devaient lui revenir après la mort de son frère.
Maxime, de son côté, soutenait n'avoir accepté l'empire que malgré lui: c^étaient, assurait-il, les soldats qui lui avaient imposé la nécessité de régner ; pour lui , il n'avait
i. Vit. B.M., n. 25.
#^t qin^ défendre par )q^ armçs une position où 1^$ décrets u Ciel Vavaient porté , et Dieu s'était assez déclaré en sa aveur par la victoire que des événeipents si iqcroyabl<>s vaient mise entre ses mains : de plus , aucun de ses ennemie 'avait succombé ailleurs qu'au champ de bataille. Vaincu enfin par raison ou par prières , le saint se rendit au festin «uqu4 on l'invitait. Cette faveur causa au roi une joie ^ïtré»e,
A ça repas , comme à une f£te , avaient été conviés les 3)lus illustres personnages On y voyait le préfet et consul lÉvodius, i*hom:ne, dit l'historien, le plus juste qui fut jamais. C'était celui à qui Maxime , comme nous l'avons vu plus haut, avait confié l'instruction de la cause de Priscillien , et quç l'historien qualifiait alors d'homme acre et sévère. Là aussi étaient les deux comtes ou conseillers de l'empereur, dépositaires de sa suprême puissance ; le frère du roi et son oncle parternel. Ce frère de Maxime était Marcellin qui, fait jadi^ prisonnier, avait été renvoyé à son frère par le jeune Valentinien. Entre ces deux derniers était placé le prêtre qui avait accompagné Martin. Quant au saint lui-même , il était assis sur une sellette posée à côté du roi.
Voici comment un auteur du dernier siècle explique ce placement des convives *. Tous, dit-il, à l'exception de Martin, étaient, selon l'usage de ce temps, couchés sur un lit eorooiun. Ce lit unique était en demi-cercle, et remplaçait les lits séparés dont on s'était servi auparavant. Avec la table de mêioe forme, il se non^mait sigma , k cause de sa ressem** blance.avec la lettre grecque de ce nom qu'on écrivait autrefois comme notre C. Or, dans le sigma, les deux premières places étaient les deux cornes, la droite d'abord, puis la gauche,