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Maxime Tavait rassemblé pour cette fête. Ce luxe des césars, ajoute le poëte, est déployé en Thonneur de Martin , qui n*a besoin, pour se rassasier, que d'un seul met. L'air vénérable que lui donne sa sainteté le fait, continue l'auteur, ressembler à JMoïse, descendant de la montagne, et laissant échapper de son visage un éclat impossible à cacher. Les assistants n'ont d'yeux et d'admiration que pour lui : chacun tâche, avec un respectueux empressement, de le servir en quelque chose. Ce désir absorbe l'attention de tout le monde , Martin reçoit plus d'égards que l'empereur lui-même; mais le prince Veut aussi que , même en sa présence , Martin soit le pre- Jïiier.
Vers le milieu du repas, selon l'usage de ce temps, un
serviteur présentait la coupe au plus considérable des conviés,
qui , après y avoir bu , la donnait lui-même au plus digne
après lui. Au milieu donc du festin de Maxime , l'échanson
vint offrir la coupe au roi. Le prince la refuse, et veut qu'elle
soit d'abord présentée au très-saint évêque : son espérance,
son ambition était de la recevoir de la main du saint; Martin,
reçoit la coupe , y trempe ses lèvres , et la passe à son
prêtre : car personne à ses yeux n'était plus digne de boire
après lui, et il eût cru commettre une injustice en préférant
à un prêtre, soit le roi lui-même , soit quelqu'un de ceux
qui approchaient le plus du roi. L'empereur et tous les
assistants admirèrent cette action au point d'accepter avec
plaisir l'humiliation qui en résultait pour eux. Tout le palais
répéta bientôt que Martin, au festin du roi, avait agi comme
ne l'avait fait aucun évêque aux repas des moindres juges.
Il n'est ici question que des évêques ithaciens , dont la bassesse nous est connue. Car il y avait alors dans l'Église un grand nombre de pontifes dont la fermeté apostolique pouvait rivaUser avec celle de notre saint.
 la suite d*Un repâS» dMr te andens, Thôte distrilhiiit quelquefois aux convives dés coupes d'or et d'argent ou des objets de prix. On appelait ces cadeaux xenia^ ou présents de Thôte. Cette coutume semble devoir expliquer Torigine d'un bassin, couleur de saphir, qui se conservait à Tours au vi^ siècle, et qu'on disait être sorti des trésors de l'empereur Maxime. C'était sans doute un don de ce prince à notre évéque.
Malgré son envie de venger la mort de Gratien, Théodose avait consenti à reconnaître l'officier breton pour collègue, à la condition que celui-ci laissât régner Yalentinien II en Italie. Maxime l'avait promis : cependant, il avait conçu te projet de détrôner ce jeune prince pour être plus en état de résister à Théodose, qu'il ne pouvait s'empêcher de craindre.
Longtemps avant l'événement , notre saint lui prédit que , s'il passait en Italie , pour faire la guerre à Yalentinien , il aurait l'avantage dans les premières rencontres , mais que peu de temps après il périrait *.
Nous raconterons en son lieu cette catastrophe.
L'empereur Maxime, dit ailleurs l'historien, eût été nn homme digne de tous éloges, s'il eût pu déposer un diadème illégitime placé sur sa tête par des soldats révoltés, ou se dispenser des guerres civiles. Mais comment abdiquer, sans péril, une si haute dignité , ou la conserver sans le secours des armes? Rappelait souvent Martin auprès de lui, le recevait dans son palais, l'entourait d'honneur et de vénération. Toute sa conversation avec lui roulait sur les choses présentes, sur les futures, sur la gloire des fidèles, sur l'éternité des saints.