‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 90 sur 155 · Brev. Tur., D. Amelot, 19 cet · texte numérisé non relu

Brev. Tur., D. Amelot, 19 cet

en leur présence, consultait notre apôtre sur toutes ses entreprises, n ne faisait point de voyage sans venir auparavant implorer la protection de saint Gatien. A son retour , il venait encore lui en rendre une espèce de compte , le remercier et le prier longuement.

c C'était d(»ic sur de telles colonnes, poursuit la leçon citée plus haut, que s'appuyait dès lors notre mère Téglise de Tours. Tels étaient les grands pontifes qui déjà illuminaient la sainte Métropole. Ainsi, grâce aux soins de Martin» Gatien fut enseveli dans la ville, et reçut la sépulture qu'il désirait; car il ne voulut pas, après sa mort, laisser veuve de sa présence cette cité à laquelle Dieu l'avait envoyé pour y être son premier messager , et dont le prince des apôtres l'avait ordonné pontife spécial. 0 cité louable sous tous les rapports, mais heureuse d'un bonheur au-dessus . de celui que peut procurer tout ce qui est changeant, puisque tu conserves dans tes murs de telles richesses et de pareils gages de tes saints. »

Toutes nos traditions s'accordent à placer le cimetière des chrétiens, dont nous venons de parler, sur le terrain où s'élève maintenant l'égUse de Notre-Dame*La-Riche. Ce lieu, situé au Couchant de la cité, en était alors éloigné d'un quart d'heure de chemin. En effet, d'après les lois romaines, aucune sépulture ne pouvait être reçue dans l'enceinte des villes. La voie qui , de la porte occidentale de la cité des Turones , condqisa^t à ce cimetière , a donné naissance à la rue actuelle dite du Commerce.

Quant à la basilique de saint Lidoire , c'était l'église-mère , ancienne maison d'un sénateur. C'est la cathédrale actueUe qui porte le nom de Saint-Gatien. Notre saint Martin fut obUgé de l'accroître considérablement, à cause du nombre des fidèles qui s'était multiplié de jour en jour. Il en fit donc une

nouvelie consécration , et la dédia à saint Maurice et à ses compagnons martyrs, dont il s'était, comme nous Pavons vu, procuré des reliques. Les auteurs du temps nous ont laissé quelques notions sur les églises de ce siècle , et ainsi nous ont sans doute dépeint la basilique de saint Lidoire , restaurée par saint Martin. Entre autres particularités , ils nous apprennent, qu'on y mettait, à rentrée, des troncs pour les pauvres. Ces troncs, étaient exposés , à la vue de tout le peuple, et dans un lieu éminent. Des voiles blancs pendaient aux entrées des temples* Les portes en étaient ornées de dorures : des peintures décoraient Tintérieur de Tédifice. On allumait des cierges autour de Tautel , et des lampes brûlaient jour et nuit dans l'église. C'était le papyrus d'Egypte qui servait de mèche tant aux cierges qu'aux lampes.

La translation des reliques de saint Gatien par saint Martin eut lien, disent nos livres, le 7 des nones de mai. Elle se célèbre encore dans notre diocèse, le 2 de ce mois. Notre ancienne liturgie contient aussi une fête de la Révélation de saint Gatien, au 19 d'octobre. Elle est consacrée à la mémoire du colloque entre saint Gatien et saint Martin.

Saint Martin reçut aussi des reliques des saints martyrs Gervais et Protais * : elles lui furent apportées d'Italie : il en fit part au pontife des Cenomans , dit la légende de saint Victor, qui, par son ordre, les plaça avec grand honneur dans Téglise-mère de sa ville. Saint Ambroise, évêque de Milan , avait découvert les corps de ces saints en l'an 386.

Le saint de Dieu perça de ses propres mains , dans son monastère, un puits * , dont l'eau servit plus tard à de nom-

é. Greg. Tur. Hisl., 1. 40, c. 30.

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