‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 91 sur 155 · M., Mis. S. Mari., 1, 2„ c · texte numérisé non relu

M., Mis. S. Mari., 1, 2„ c

breuses guérisons. II se voit encore aujourd'hui , non loin de l'emplacement de sa cellule, sous la voûte d'une cave pratiquée dans le rocher. Martin planta aussi quelques ceps de vigne, dont les fruits furent doués d'une vertu miraculeuse *. Ces deux particularités prouvent que le travail des mains n'était pas absolument étranger aux occupations du saiot évêque, ni sans doute à celles de ses moines. La vigne était, du reste, dès cette époque une source de richesse pour le pays des Turoues, grâce à l'empereur Probus qui avait jadis employé ses légions à enr planter les coteaux de l'Aquitaine. Ainsi, le saint, par l'encouragement de son exemple, coopérait à la prospérité même temporelle de son diocèse.

Voici, à propos des vignes et du puits, un fait qu'un auteur du xvii' siècle raconte, sous la garantie de la tradition commune '. Au pied d'un escalier, qui comptait autant de marches que l'année compte de jours, et dans la cave dont nous venons de parler, on voyait, dans les derniers temps , h Marmoutier, une cuve d'une énorme grandeur. Elle avait été, pour saint Martin, l'instrument d'un miracle. Une année, les vignes avaient gelé. Le saint n'y avait trouvé que trois raisins, dont il donna l'un à une personne qui l'enviait. Faisant ensuite remplir de l'eau delà fontaine qui est tout près, autant de tonneaux qu'il y avait de grains dans les deux autres raisins, il mit un grain dans chaque tonneau, et les grappes dans la cuve; après quoi, grâce h ses prières, le tout se trouva rempli de vin. « Je m'en rapporte à ce qui en est, ajoute notre auteur ; mais cela n'est pas impossible , vu que cet homme apostolique avait la vertu de fisiire des roh*acles

i. Greg. Tur., Glor. Conf., c. 7.

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