PAULIN EN CAMPANTE. — LE TOMBEAU DE SAINT FELIX HISTOIRE UU SAINT
La Gampanie , Campania lœta, comme l'appelle Paulin', est assurément de toutes les contrées de cette riante et molle Italie la plus molle et la plus riante. Abritée par les Apennins, baignée par la mer Tyrrhénienne, célèbre par ses beaux golfes et ses doux rivages, offrant tour à tour aux regards des plaines d'une fertilité sans pareille, et des collines pittoresques où croissent l'olivier, le figuier, le citronnier, des vignes fameuses; les horizons les mieux faits pour le plaisir des yeux; les plus riches produits du sol sous l'azur du plus beau ciel : telle est la Gampanie. Gomment n'eût-elle pas été un lieu de plaisirs? Les délices de Gapoue sont célèbres; on sait ce qu'elles coûtèrent à Annibal ; les riches Romains avaient couvert toutes ses côtes , de Baïes à Cumes
1 Natale m.
et à l'île de Caprée, de leurs villas délicieuses, dont les ruines attestent encore l'opulence de ceux qui les habitaient autrefois; c'était là surtout que la vie païenne étalait ses prestiges, et le luxe romain toutes ses recherches : Bacchus et Vénus y avaient partout des temples. Des six villes principales qu'on y admirait', Naples. Capoue, Cumes, Baies, Pouzzoles et Noie, celle-ci était sinon l'une des plus importantes, du moins des plus agréables et des plus délicieusement situées.
En effet. Noie n'est pas une de ces vieilles cités d'Italie posées, comme un nid d'aigle, au sommet d'un mont, et que le poète de Rome a si bien décrites d'un mot :
Tôt congesta manu praeruptis oppida saxis 2,
Elle est assise, comme Capoue, dans la plaine; une enceinte circulaire, garnie de tours, l'entourait autrefois :
Gampo Nola sedet, crebris circunidata in orbem Turribus -K
Les murailles et les tours sont tombées, mais il lui reste son horizon incomparable; elle est là, au centre d'un immense demi -cercle de montagnes , ouverte seulement du côté de l'Occident. Si on regarde vers l'Orient, la longue ligne de sommets bleuâtres qu'on
1 Bis ternas Campania laîla per urbes.
{Natale m.) - Georg., lib. II.
•' Silius Ilalicus, Guerres puniques, liv. XII.