‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 125 sur 186 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

core les peuples devant des autels souillés , et les tenant éloignés du vrai culte :

Qui linquenda colunt, contraque colenda relinquunt;

il fallait gagner les masses , et par conséquent combattre; soulever à la fois le bon sens et la conscience outragés : la satire au service de la raison était une arme nécessaire.

Au-dessus de tous ces dieux qui n'en sont pas, Paulin faisait planer le Dieu unique et véritable. Sa cosmogonie se ressent de la science du temps ; il parle encore des sept cieux planétaires qu'enveloppe l'immense empyrée, trône poétique du grand Dieu qui gouverne, dit philosophiquement le poète, tout ce qu'il a créé :

Nec mirum si cuncta régit qui cuncta creavit,

tout créé par son Verbe, dont Paulin explique le mystère : Créateur, Rédempteur et Sauveur. Comme il est heureux d'avoir enfin trouvé ces lumières, et de se reposer dans cette foi, dans ces certitudes, comme dans un port, où il ne craint plus d'être ballotté par les systèmes et par le doute :

Clarum cum lumen adeptus, Meque diu incertum et tôt tempestatibus actum Sancta salutari suscepit Ecclesia portu, Postque vagûs fluctus tranquilla sede locavit.

Le poème s'achève par une magnifique image de la clémence de Dieu, et du salut des hommes, but de toutes ses œuvres :

^ternique Dei pietas aeterna manebit !

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