‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 162 sur 186 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

fants qui occupaient en Orient et en Occident le trône trop tôt vacant de Théodose.

Ces premières assises du monument posées, l'année suivante, 397, Paulin, dans un poème qui n'aura pas moins de 361 hexamètres, va entrer, pour ainsi dire, à pleines voiles dans le sujet. Le début est encore tout lyrique :

« Les voilà revenues ces fêtes que chaque année ramène, et aussi les chants que j'ai promis. C'est votre jour natal, ô Félix; il m'est plus cher que le mien même. En ce jour, des foules innombrables se livrent aux transports de la joie; mais nous plus que tous les autres, nous que le Christ vous a donnés, tout indignes que nous sommes d'un tel ami. Toutes nos richesses, tous nos amours d'autrefois, et nos titres de noblesse, et nos vaines dignités, ont fait place à un seul trésor, et ce trésor, c'est vous, ô saint : père, patrie, demeure, vous êtes tout pour nous. Dans votre giron sacré nous nous réfugions. Votre sein est notre nid. C'est là que, réchauffés, nous croissons pour une viê meilleure, et, nous dépouillant du fardeau terrestre, nous sentons germer en nous quelque chose de divin, et naître les ailes qui nous égalent aux anges ^ »

1 Tu pater, et patria, etdomus, et substantia nobis; Et luus est nobis niclo sinus; hoc bene foli Crescimus, inque aliam mutantes corpora formam, Terrena exuimur sorde, et subeunlibus aiis Vertimur in volucres divini semine Verbi.

T>eaux vers, dit M. Ozanam , et qui sont comme la chrysalide

« Allons, ajoutait-il, ô ma lyre, fais entendre les chants harmonieux. Je n'évoque pas de la roche éolienne les Muses de Gastalie, vaines chimères, ni Apollon, sourde divinilé : c'est le Christ qui m'inspire. » Et il chante Félix, ses origines, sa vocation, son sacerdoce, son apostolat, la persécution qui s'élève, sa confession glorieuse, sa miraculeuse délivrance et celle du saint évêque Maxime. L'année suivante, 398, il continue son poétique récit. Le début du poème est d'une grâce charmante encore :

« Le temps succède au temps; les beaux jours viennent et s'en vont; le monde accomplit sa course : tout passe, mais la gloire des saints demeure. Viens donc enfin, la révolution de l'année te ramène, ô jour si attendu, qui renouvelles nos douces fêtes, et qui réclames de moi ces vœux, ces vers, dont je paye chaque année le tribut à Félix. C'est en ce jour qu'il est né, la joie des peuples l'annonce : éclatez donc aussi, mes chants; célébrez celui à qui le Christ m'a donné. »

Reprenant alors son récit où il l'a laissé, Paulin dit la paix rendue à l'Église, et les travaux et les vertus de Félix, jusqu'à sa bienheureuse mort. Le poème a 299 vers. Si le récit que nous avons tiré de ce chant et du précédent n'a pas été trop incolore et froid, le lecteur peut imaginer quel est, des poèmes

d'où sortiront ces deux aulres vers de Dante, plus admirables encore :

Non vaccorgete voi che siam vermi

Nati a formar l'angelica Farfalla.

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