‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 19 sur 186 · CHAPITRE PliliMlER · texte numérisé non relu

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les pieux offices par lesquels l'Église honore les morts ' : ce qui suppose, évidemment, qu'ils étaient morts chrétiens.

A celte preuve , donnée par les historiens de Paulin, nous en ajouterons une qui ne nous paraît pas moins péremptoire : nous l'empruntons à un de ses poèmes , découverts postérieurement à la dernière édition de ses œuvres, par Muratori, le xiii" Natale, en l'honneur de saint Félix. Paulin raconte lui-même dans ce poème qu'il fut consacré à saint Félix dès ses premières années : « Je vous dois tout, dit- il à son saint patron, et le bien de la vie présente, et l'espérance de la vie future, vous à qui le Christ m'a donné comme serviteur dès mes plus tendres ans -. ^

C'était du reste un usage antique chez les chrétiens d'offrir les enfants à l'autel des saints et des martyrs '. Dans un de ses plus beaux poèmes, où il chante les gloires du Christ et de saint Laurent, Prudence décrit ce qu'il avait vu, à Rome, dans la basilique même bâtie sur le tombeau de cet illustre martyr : c'est-à-dire les personnages les plus éminents du

' Vobis in domo Domini deserviat delegatis ad parentuni iioslrorum memoriam officiis. ( Epist. xii, ad Amandum.) - Omnia, prœsenlis vitee.rem, speinque futurae Quae faciunt, tibi me memini debere, cui mo Mancipiuni primis donavit Chrislus ab annis.

{Nat. xiii.) 3 C'est à cet usage que fait allusion l'inscription, si connue des archéologues, de Projeclus, enfant de deux ans, Nulricalus Deo Christo Marturihus . au musée de Latran.

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sénat, ceux mômes qui avaient exercé tes sacerdoces païens, baisant pieusement les sépulcres des martyrs, et venant offrir leurs enfants à ces héros de la foi nouvelle', lit M. de Rossi a trouvé récemment et décrit savamment les médailles que l'on mettait au cou de CCS enfants ainsi voués soit au Christ, soit aux saints -.

Gomment eut lieu cette consécration? A Bordeaux même, par la piété de ses parents, ou dans un voyage qu'il aurait fait, tout jeune, à Noie*? Quoi qu'il en soit, le tombeau de saint Félix faisait parlie des terres que la famille de Paulin possédait en Campanie, ou au moins y confinait; et le culte du glorieux confesseur, si célèbre dans toute l'Italie ,

1 Ipsa et senatus luniina,

Quondam luperci aut flamines,

Apostolorum et Marlyrum

Exosculantur limina.

Videmus inluslres domos

Sexu ex utroque nobiles

OfTerre vodi pignora

Clarissimoi'um liberum.

{Po'isl. VI.) - Une de ces médailles représente un homme qui vient au tombeau d'un martyr, tenant un calice de la main droite, el conduisant de la gauche un enfant. Le nom de l'enfant est écrit audessus de sa tête, Gaudenlianus. Au revers, on voit le sacrifice d'Isaac, au-dessus duquel on lit le nom Urbicus; c'est le père do l'enfant. La médaille est donc un monument de l'offrande d'un enfant par son père; elle devait être suspendue au cou de l'enfant, pour perpétuer le souvenir de cet acte solennel. {Bulletin.) 3 Muralori a émis cette conjecture : « Caeterum Nolam se adhuc puerum concessisse testatus est Paulinus, ita S. Felicem alloquens : Tibi me mancipium, etc. [Natale xui, ad vers. 367.)

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