‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 20 sur 186 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et depuis Paulin, dons l'Église entière, était évidemment une des traditions de la famille de Paulin, puisque le jeune Paulin y fut voué dès son enfance, et que c'est à cette consécration qu'il reconnaît devoir tout, et pour la vie présente et pour la vie future.

Paulin fut donc élevé dans la foi chrétienne. Cependant, conformément à un usage encore très général dans ce siècle, son baptême fut différé. L'ivresse de l'âge , le goût des lettres , l'ambition et les honneurs l'éloigneront pendant de longues années des pratiques religieuses; mais la foi de son jeune âge ne périra jamais, et saint Félix le sauvera.

Son éducation fut en rapport avec sa naissance et sa fortune. Les jeunes Gaulois, comme les jeunes Romains, allaient se préparer aux carrières publiques en suivant les leçons des grammairiens et des rhéteurs. Lettrée autant qu'opulente, Bordeaux en était abondamment pourvue, et ses écoles rivalisaient avec les plus célèbres. Ausone, un de ses professeurs les plus renommés, nous a conservé, dans un de ses poèmes, les noms de trente maîtres fameux qui avec lui en illustrèrent les chaires ^ Les écoles au iv' et au v« siècle dans l'empire romain étaient innombrables. La politique des empereurs s'était plu à les doter et à les multiplier. Le poète a dit de la Grèce vaincue, qu'elle avait su conquérir son farouche vainqueur en portant les lettres et les arts

1 De Prof. Burdi.

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dans l'agreste Latium '. C'était de même sur ses écoles, comme sur son administration et ses tribunaux, que Rome comptait pour s'assimiler les provinces conquises-. En Orient, la langue et la littérature grecques, quoique déchues, maintenaient toujours leur antique honneur; en Occident, c'étaient la langue et la littérature latines qui dominaient; Rome avait couvert de ses écoles non seulement l'Italie, mais l'Afrique, l'Espagne et aussi la Gaule, de la province romaine et de la Lyonnaise,, à Toulouse et à Bordeaux, et d'Autun, la Rome celtique, comme on l'appelait, jusqu'à Trêves.

Mais il ne suffit pas d'avoir un enseignement public fortement organisé et beaucoup d'écoles, pour que les lettres soient florissantes. Nonobstant la mul-

' Grœcia capta ferum victorem cœpit, et artes

Inlulit agresli Latio.

(Horace, Ars pocl.)

- >i Tacite (Vie d'Ai^ricola) place l'enseignement des lettres latines au premier rang des mesures politiques qui devaient affermir la nouvelle conquête... Mais Agricola ne fut pas l'inventeur de ce système de conquête morale ; Auguste et Claude l'avaient déjà appliqué efficacement à la Gaule... On le remarque pour la première fois dans le grand plan d'organisalion qu'Auguste publia à Narbonne vingt-sept ans avant notre ère : espèce de Constitution des provinces transalpines, admirable par la sagacité et la portée des vues; chef-d'œuvre de celle science administrative dont nous sommes si orgueilleux, et que nous croyons bonnement née d'hier. i> (M. Amédée Thierry, d'Ausone et de la liUéralure laline en Gaule, thèse présentée à la Faculté des lettres de Besancon, 1829. — Voir aussi, du même auteur. Histoire des Gaulois depuis les temps les plus reeidés jusqu'à Venlicre soumission de la Gaule à la domination romaine, t. III, p. .'522; 18Vj.)

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