‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 32 sur 186 · OB MERITA PATRIS AC SVA · texte numérisé non relu

OB MERITA PATRIS AC SVA

ORDO SPLENDIDISSIMVS

ET IIONESTISSIMVS POPVLVS PVTEOLANVS STATVAM CONLOCAVIT

{Mommsen. I. N. 2508.) Cette inscription a été publiée pour la première fois par Hemondini [Hist. Eccles. iVo/. t. 1, prœf. secundo.)

CBAPITRE DEUXIÈME 37

Point de doute donc que Paulin n'ait administré la Campanie comme consulaire : quand? combien de temps? car on pouvait être plusieurs années dans cette charge; on ne le sait pas'. Il l'était peut-être encore, et il avait déjà fait exécuter les grands travaux dont nous avons parlé,

Jam tune praemisso per lionorem pignore sedis,

lorsqu'il assista pour la première fois aux fêtes de saint Félix : événement important dans sa vie par les conséquences qu'il devait avoir : Paulin dit lui-même que ce jour-là fut jetée dans son âme la première semence du salut *. Il en a parlé deux fois, dans le second chant qu'il composa pour les fêtes du saint, et dans le treizième.

« Trois longs lustres se sont écoulés, dit- il dans le 11^ Natale, depuis que j'ai pu dans cette solennité de vos fêtes vous consacrer et mes vœux et mon cœur'. »

Or, ce chant étant de l'an 395, trois lustres, c'està-dire quinze années en arrière nous reportent à l'an 380. Donc en l'an 380, que Paulin fût alors, ou

1 Muratori {Dissert, x), suivi en cela par Remondini, Borghesi et le docteur Busé, met en avant l'an 380. Mais ses raisonnements et ses calculs, s'appuyant sur l'hypothèse du P, Chifflet relativement au consulat de Paulin, tombent avec cette base. Le contexte du xiii* Natale fournirait peut-être une induction plus solide pour cette année 380.

2 Ccelestum rerum prima semina. [Natale xiii.)

3 Tria lempore longo

Lustra cucurrerunt , ex quo , solemnibus islis, Coram vota tibi, coram mea corda dicavi. I 2

qu'il eût été déjà consulaire de la Campanie, il assista pourla première fois aux fêtes de saint Félix, et voici ce qu'il en raconte dans le xiii° Natale :

« Venu enfant du pays des Gaulois et des rivages de l'Occident, aussitôt que j'eus louché d'un pas tremblant le seuil de voire sanctuaire, à la vue des œuvres admirables accomplies là, aux portes du lieu vénéré qui renferme voire corps, mais d'où votre vertu se répand au loin, de tout mon cœur je crus au Dieu véritable, et dans votre lumière, joyeux, j'ouvris mon âme à l'amour du Christ'. » Évidemment, et de telles expressions ne laissent pas lieu d'en douter, à la vue des prodiges dont le tombeau de saint Félix, ainsi que nous le dirons plus tard avec détail, était le théâtre, devant cette manifestation de la puissance du Christ dans ses saints, Paulin reçut un profond ébranlement religieux; la foi de son enfance, vacillante peut-être alors, ou du moins indifférente, comme celle d'Ausone , en fut définitivement affermie; son amour pour saint Félix s'en accrut aussi, et il renouvela, par un acte étrange pour nous, mais qui était tout à fait dans les mœurs des Romains, la consécration qui avait

1 Nam puer occiduis Gallorum advectus ab oris Ut primum trepido teligi tua limina gressu, Admiranda videns operum documenta sacrorum Pro foribus fervere tuis, ubi corpore humato Clauderis, et meritis laie diffunderis altis, Toto corde fidem divini numinis hausi, Inque luo gaudens adamavi lumine Christum.

{Natale XIII.)

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