‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 34 sur 186 · CHAPITRE DEUXlÈiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXlÈiME

indifférence devant leurs sanctuaires , pour courir aux basiliques et aux tombeaux des martyrs ^ Des catacombes rouvertes, restaurées par le pape Damase, et dans lesquelles les chrétiens descendaient avec amour et respect, s'échappaient des parfums de foi, d'espérance et d'ardeur chrétiennes, qui retrempaient les âmes.

Mais plus encore que ce triomphe extérieur, les vertus qui s'épanouissaient alors au sein de l'Église à Rome, devaient faire impression sur cette âme noble et droite, quoique éprise du monde encore; sur ce catéchumène qui ne refusait pas , qui ne faisait qu'ajourner son baptême. L'esprit de Dieu soufflait sur les âmes, et y faisait éclore des merveilles d'austérités, de pureté, de charité. Une patricienne que Paulin dut connaître, Marcella, avait transformé en monastère son palais de l'Avenlin : les Lea , les Asella, avaient fait de même. Sous ses yeux, Mélanie, sa parente, avait quitté Rome pour s'en aller en Orient et aux lieux saints, étudier et imiter ces vertus de la Thébaïde, qui faisaient l'admiration de l'Orient et de l'Occident. Plus tard , une autre jeune et riche patricienne, qu'il avait pu rencontrer dans tout l'éclat de son opulence et de sa beauté, sa parente peut-être aussi, Paula, se couvrait pour jamais du voile des veuves, et imitait Marcella. En 382, il put voir arriver d'Orient deux évêques vénérables, Paulin d'Antioche, Épiphane de

* Saint Jérôme, Lettre à Lœia.

Salamine, et avec eux cet ancien et brillant élève des rhéteurs, devenu moine, Jérôme, qu'avaient précédé à Rome ses éloquentes lettres du désert. 11 est impossible que Paulin, qui vivait dans la société même qui accueillit Jérôme, n'en ait pas au moins entendu parler: ce qui explique pourquoi d'Espagne, quelques années plus tard, il songera à se tourner vers Jérôme, réfugié à Bethléhem, pour lui demander des conseils. Gomment ce double spectacle du triomphe extérieur de la foi chrétienne et des grandes vertus qu'elle suscitait, n'eût -il rien dit à un homme tel que Paulin? Mais, pour le moment, les préoccupations de la vie mondaine étaient les plus fortes.

11 dit dans une de ses lettres à Sulpice Sévère qu'à une époque de sa vie, qu'il ne précise pas, il a fréquemment habité Fondi, et qu'il a toujours gardé le souvenir des sympathies qu'il y a rencontrées ^ C'est évidemment vers le temps de son administration consulaire en Campanie, ou même pendant son séjour à Rome , qu'il faut placer ces fréquentes apparitions ou résidences à Fondi. Quels rapports eut-il à cette époque, et jusqu'à la mort de Gralien, avec Ausone et la cour? Allait- il fréquemment à Trêves et à Milan? Vit- il dès lors dans cette dernière ville saint Ambroise , près duquel nous le retrouverons bientôt avec certitude , et qui eut sur sa conversion, ainsi que nous allons le ra-

1 Epist. XXXII.

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