‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 38 sur 186 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

pagne et des Gaules, laissant au jeune Valenlinien, par une modération apparente et peu sincère, l'Italie, rillyrie et l'Afrique, jusqu'à ce que des circonstances favorables pussent lui permettre d'étendre aussi la main sur ces provinces.

Ces révolutions politiques avaient toujours des contre- coups. Maxime se montra ombrageux et cruel envers les partisans de Gratien; c'est ce que saint Ambroise ne craignit pas de lui reprocher en face*; c'est ce qui amena aussi à sa cour plusieurs fois l'austère et charitable saint Martin. Ausone et Paulin furent enveloppés dans la catastrophe. Le vieux rhéteur, qui parut un personnage assez inoffensif, put retourner tranquillement en Aquitaine. Il ne se retira pas à Bordeaux, tout plein de sa gloire, mais non loin de la tumultueuse capitale de l'Aquitaine, dans des terres magnifiques qu'il avait aux environs de Saintes et ailleurs, et d'où il pouvait sans grande peine revoir Bordeaux et les nombreux amis qu'il y comptait. L'amitié des empereurs lui avait été profitable et avait beaucoup ajouté à ses biens héréditaires. Il possédait le Pagus Noverus, aux portes de Saintes, Lucanum ou Lucaniacum, non loin de la mer, les superbes Thermes Marojaliques ». Il a décrit lui-même, non sans charme, sa joie en rentrant dans

1 Dans sa seconde ambassade à Trêves. « Quos, inquit, occidi. Respondi ei : Vallionem ; at quem virum! quem bellatorem! (S. Ambroise, Epist. xxiv.)

- Les érudits ont beaucoup discuté sur la question de savoir quels sont les noms modernes de ces diverses résidences d'Ausone. Il paraît incontestable que le Pagus Novsrus était aux

l'héritage paternel, en y retrouvant ces champs, ces vignes, ces eaux, ces bois, dont le souvenir lui était toujours restée II n'avait aucune amertume dans l'àme. A la cour des empereurs il avait conservé un goût véritable pour les douceurs de la retraite et la liberté de l'étude. Après seize années passées dans les grandeurs, il rentrait sans regret dans la vie privée , sûr d'ail'eurs d'y trouver la considération de tous. S'il était né, comme nous l'avons dit, vers 310, il était alors bien âgé: il n'aspirait plus qu'à Volium cum dignitale , dans lequel il lui fut donné, en effet, de couler en paix, pendant plusieurs années encore, ses derniers jours, comme un astre qui se couche tranquillement dans sa gloire.

Mais Paulin plus jeune, plus mêlé aux affaires, plus riche aussi, était dans une situation différente, et il n'est pas difficile de comprendre que pendant les cinq années que dura le règne de Maxime, de 383 à 388, sa position dut être des plus difficiles et des plus exposées. Gomment n'être pas soupçonné de regretter Gratien , de détester Maxime, et de

portes de Saintes, et dans le voisinage du faubourg actuel Saint-Pallais :

Santonicamque urbem vicino accessinius agro.

(Epist. VIII, ad Paulum.)

Ciir me propinquum Santonum...

(Epist. xviu, ad Telradium.)

M. Tabbé Lacune, dans une savante dissertation , nous paraît avoir très bien établi ce point.

1 Idyllium m.

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