‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 43 sur 186 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

envoyait de tous côtés, aux rhéteurs et aux poètes ses amis, ses épîtres admirées et ses vers applaudis. Symmaque lui écrivait de Rome pour lui réclamer sa Moselle, qui coule, disait-il, dans toutes les mains. Théodose lui-même, autrefois, lui avait demandé ses oovrages , en l'appelant son père , jucimdissimus parens. Paulin était au premier rang dans ces commerces littéraires et ces relations d'amitié. Les sentiments qu'Ausone avait eus toujours pour lui avaient pris avec les années et les communes infortunes quelque chose de plus profond et de plus tendre encore. C'était presque de la paternité. Paulin lui payait cette affection par toutes sortes de déférences et d'hommages. Quand le vieux maître apparaissait à liébromagus, c'était vraiment lui le maître. Paulin, Therasia, tout le monde, le comblaient à l'envi d'honneurs et de respects ». Ausone était fier de cette amitié; elle était célèbre dans toute la Gaule. De temps en temps Paulin lui envoyait de petits cadeaux % toujours assaisonnés de quelques vers, selon que l'occasion s'en présentait d'elle-même, ou que son attention la faisait naître'; tantôt des barriques d'huile qui lui

ï Cura mihi semper fuit, et manet, officiis te

Omnibus excolere, affectu observare fideli... Hoc mea te domus exemplo coluitque colilque.

[Ad Ausonium, Poema xi.) - Hœc atque alia hujusmodi documenta liberalis animi. (Aus., Epist. XXI, ad Paulinum.)

^ Mullas et frequertes mihi gratiœ luœ causas, et occasio subinde concinnat, et naturœ tuœ félicitas bénigne conciliai, Pauline fili. (Epist. x\u, ad eumdnn.)

arrivaient de la Tarraconnaise, tantôt de la saumure célèbre de Barcino \ Ausone répondait en prose et en vers, appelant Paulin son fils, Pauline fili; comblant d'éloges sa délicatesse, ses déférences, son aménité; s'écriant, dans son style toujours emphatique : « 0 ami plus doux que le miel, plus aimable que les grâces mêmes, et que tous devraient embrasser avec autant de tendresse qu'un père son fils * ! » Et puis , éveillant sa muse :

« ïambe, disait- il, plus rapide que la flèche des Parthes, plus agile que l'aile des oiseaux, plus impétueux que les flots du Pô se précipitant dans la mer, plus pressé et abondant que la grêle sonore, plus prompt que les traits élincelants de la foudre, prends ton essor... Vole à Hébromagus; porte ce salut à Paulin, et demande- lui son salut en retour. Dis- lui : Ton ami, ton voisin, celui qui t'a formé, l'auteur de ta gloire, le nourricier de ton génie, m'ordonne de te saluer. Dis-lui : C'est ton maître; dis-lui : C'est ton père; dis-lui tous les noms les plus saints et les plus caressants de l'amour... Et reviens vite, mais non sans me rapporter quelque petit présent de son arsenal poétique '. »

1 Verilus displicuisse oleum quod miseras, munus iterasti ; addito eliam Barcinonensis muriae condimento, cumulatius prœstitisti. (Epist. xxi.)

2 0 melle dulcior, o graliae venustale festivior, o ab omnibus patrio striûgeude complexu! Epist. xxi.)

3 Hai'C fare cursim, nec moratus pervola Aliquid reportans intérim munusculi

De largitate musici promptuarii. {Ibid )

Nous avons l'ail grâce au lecleur des réminiscences uiylholo-

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