‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 52 sur 186 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

faire connaître avec plus de détails ce grand évêque, qui fut pour Paulin l'homme de la Providence. De race patricienne aussi , tils comme Paulin d'un ancien préfet des Gaules, élevé jeune aux plus hautes dignités, consulaire à trente -trois ans, et préfet de la ville de Milan, cette émule de Rome, comme l'appelle Ausone, et qui partageait avec Trêves l'honneur de voir les empereurs dans ses murs selon que les barbares menaçaient le. Rhin ou le Danube, Ambroise avait été tout à coup poussé à l'épiscopat par l'acclamation populaire, et il mettait au service de l'Église, avec son expérience des affaires et sa connaissance des lois, sa merveilleuse éloquence et un génie rehaussé encore par la sainteté. Son influence sur les empereurs Valentinien et Gratien , et plus tard sur Théodose, a été considérable, et ne Xut pas étrangère aux lois si favorables au christianisme édictées par ces trois princes et célébrées par saint Paulin. Si nous ne pouvons que conjecturer les rapports qu'ils eurent entre eux pendant tout le règne de Gratien , nous savons avec certitude que Paulin était à Milan en 387, au temps même où Augustin converti se disposait au baptême , avec Alype et ses autres amis. Il ne fit, lui, aucune attention à ces Africains, qui préparaient pourtant de si grandes choses; mais Alype, plus mêlé qu'Augustin au monde officiel , — il occupait une charge dans les finances, — eut occasion de le connaître, et c'est pourquoi il fut d'autant plus frappé et ému, quand, quelques années après, la renommée vint lui ap-

prendre en Afrique, à Thagaste, dont il était devenu évêque, la merveilleuse conversion du jeune consulaire. Il lui écrivit alors, comme nous le raconterons, une lettre dans laquelle il lui rappelle qu'il l'avait connu à Milan, au moment où saint Ambroise Jes initiait, Augustin et lui, à la foi chrétienne % et c'est par cette lettre que nous savons que Paulin s'y trouvait en 387. Depuis quand? Et quelle cause l'y avait appelé? Fuyait -il les ombrages de Maxime, qui méditait alors son attentat contre le jeune Valentinien? Quoi qu'il en soit, il est certain qu'alors au moins il vit ou revit de près, et souvent, et qu'il entendit saint Ambroise. La Providence, qui dispose merveilleusement les temps et les moyens, l'amenait ou le ramenait auprès du grand évêque juste au moment où la gloire grandissante d' Ambroise, dont Paulin avait vu l'aurore, parvenue à sou plus haut éclat, lui assurait un ascendant plus décisif, et où le temps, les revers, les réflexions, en mûrissant Paulin lui-même, ses rapports enfin avec les grands évoques des Gaules que nous avons nommés, l'avaient prédisposé à se laisser pénétrer plus profondément par la persuasive parole de l'évêque de Milan. L'éloquent historien de sainte Monique a fait ressortir les harmonies d'âme qui existaient entre saint Ambroise et saint Augustin quand pour la première fois ils se rencontrèrent; nous n'aurions ici qu'à changer les noms pour appliquer à Paulin ce qu'il dit d'Augustin : « Ambroise

Cum iniliareris , dit l^auliii : cela fixe la date du séjour do Paulin à ^Iilan. (Epist. m, cCd Alypium.)

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