‹ Histoire de Saint Paulin de NoleChapitre 61 sur 186 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Il conserva toujours la plus grande reconnaissance pour Amandus, et surtout pour Delphinus: il le nommait son maître et son père % et il ne savait comment remercier ce dauphin de l'avoir retiré des flots amers du siècle -.

On sait que Delphin-is baptisa aussi son frère '. Quand? on l'ignore. Mais il paraît assez naturel de supposer qu'ils reçurent ensemble le sacrement de la régénération : seulement ils ne furent pas également fidèles à cette grâce.

Ce qu'on regrette que l'histoire ne nous montre pas, ce qu'on voudrait apercevoir, près de ce baptistère , au milieu de la foule émue, heureuse et tout en pleurs, car on pleure de joie aussi bien que de peine, c'est celle qui voyait en ce moment se réaliser de si tendres vœux et un si cher espoir, et à qui revient une si grande part dans ce baptême, ainsi que dans les sublimes renoncements qui suivront, Therasia. On ne connaît que le résultat; mais les moyens

1 Dominum ac patreni (Epist. xvii, ad Delphiniim.)

2 De amaris hujus sœculi fluctibus exlractum. (Episf. xx, ad Delphinum.)

^ Paulin eut certainement un frère, dont on ignore le nom. Rcmondini (t. II, p. 14), suivi en cela par Borghesi {Œuvres complètes, t. VIII, p. 218), lui en donne deux, parce qu'il distingue, mais sans preuve aucune, celui dont il est question dans les lettres xx et xxi à Delphinus et à Amandus, de celui dont il est parlé au xiii<= Natale. Parmi les ouvrages perdus de Paulin, Gennadius compte des lettres à sa sœur, d'où Remondini {iind.) conclut qu'il a eu une sœur. Mais ce titre pourrait tout aussi bien désigner des lettres à Therasia, devenue plus tard de son épouse sa sœur, ex conjuge sororem.

se devinent. Ce qu'elle a su être à Paulin dans sa retraite d'IIébromagus, pour l'embaumer de son parfum; dans cette longue lutte avec lui-même, pour l'aider à détacher peu à peu tous les liens; de quelle main, de quel cœur elle a dû toucher cette âme malade; quelles insinuations, douces, tendres et fortes; quelles prières devant Dieu, quelles larmes, quels espoirs, quelles craintes, selon que le travail de la grâce avançait ou reculait et que le cher rebelle hésitait ou se décidait; et enfin quelle joie, que toute parole est impuissante à peindre , quand tout fut consommé, et qu'elle vit enfin Paulin, transformé, régénéré : Paulin ne l'a pas assez dit; mais encore une fois on le soupçonne; et c'est assez pour qu'on bénisse Dieu d'avoir créé cette chose admirable, l'épouse chrétienne, et qu'on s'écrie : Heureux l'homme qui a trouvé un tel trésor !

GIIAPTTRE CINQUIÈME

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