‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 109 sur 394 · LIVRE IL — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE III

On ne nous permettrait pas de discuter ici lequel -de saint Vincent de Paul ou de M. Olier a été le premier instituteur des séminaires. Discussions sur des pointes d'aiguilles : six mois de plus d'un côté , six mois de moins de l'autre , une telle simultanéité , que les fondateurs eux-mêmes s'y sont trompés *. « A l'exemple de la petite société de Vaugirard , l'Oratoire et la congrégation de la Mission ont travaillé avec ferveur à l'œuvre des séminaires. » Voilà M. Olier qui croit être arrivé le premier. « Nous avons la consolation de voir que nos petites fonctions ont paru si belles et si utiles, qu'elles ont donné de l'émulation à d'autres pour s'y appliquer comme nous, et avec plus de grâces que nous, non seulement au fait des missions, mais encore des séminaires, qui se multiplient beaucoup en France. » Voilà saint Vincent de Paul qui pense le contraire. Tout cela est né en même temps , du grand souffle qui passait alors sur la France , qui remuait tous les cœurs , et qui fit que chacun se mit à l'œuvre sans trop regarder ce que faisait son voisin.

Et entre eux nulle envie, nulle jalousie. En quels termes saint Vincent de Paul parlait de M. Olier! Avec quelle tendresse il le visita dans sa dernière maladie ! Quelles respectueuses admiration et vénération au moment de sa mort-! De son côté, M. Olier ne cessait de dire que M. Vincent était son père. « M. Olier regardait M. Vincent comme son père, et disait assez souvent, en parlant aux ecclésiastiques de son séminaire: « M. Vin- « cent est notre père ; » et leur témoignait ordinairement la très particulière estime qu'il faisait de ses insignes vertus ^. »

* Saint Vincent fonda le séminaire interne de la Mission en 1637, celui d' Annecy en 1641, celui des Bons-Enfants en 1642.

Lacté de fondation de Saint-Sulpice est de 1642. (Arcnives nationales. )

* Paillon, t. I, p. 367 368.

On a dit que le baiser de saint Dominique et de saint François d'Assise s'était transmis de génération en génération sur les lèvres de leur postérité. Il en est de même du baiser de saint Vincent de Paul et de M. Olier. Chaque année , lorsque le temps ramène à Paris la fête de saint Vincent de Paul , on voit une foule d'enfants de M. Olier venir se prosterner au pied de sa châsse, dans la chapelle de la rue de Sèvres. Si les desseins impénétrables de la Providence amenaient un jour, ce que nous espérons , la canonisation de M. Olier, on ne verrait pas moins de prêtres de la Mission venir se prosterner devant ses reliques sacrées. Un même amour et une même reconnaissance uniraient les disciples des deux grands saints qui ont créé ou du moins renouvelé ensemble l'Eglise de France par l'institution inestimable des séminaires.

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