‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 160 sur 394 · LIVRE m. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE m. — CHAPITRE I

pour ce que le prince du monde se joue des choses saintes qui se divulg'uent dans le monde. »

Voilà donc la plus haute noblesse de France et la reine elle-même aux pieds des pauvres. Voilà les grandes dames de Paris et de la province mettant leur influence , leur cœur, leur fortune, leurs soins personnels au service des malades dans les hôpitaux , des enfants trouvés, des prisonniers et des forçats , consolant leurs douleurs , pansant leurs plaies , et reprenant enfin , avec un éclat extraordinaire, ce ministère de la charité confié à la femme chrétienne, et qui avait un peu baissé dans le monde. (( Il y a huit cents ans ou environ , disait saint Vincent de Paul , que les femmes n'ont point eu d'em-

ploi public dans l'Eglise. Et voilà que Dieu s'adresse à vous, Mesdames, pour suppléer à cette lacune. » Et plus bas : (( La collation et l'instruction des pauvres de l'Hôtel-Dieu , la nourriture et l'éducation des enfants trouvés , le soin de pourvoir aux nécessités spirituelles et corporelles des criminels condamnés aux galères, l'assistance des frontières et provinces ruinées , la contribution aux missions d'Orient, du Septentrion et du Midi : ce sont là , Mesdames , les emplois de votre compagnie. Quoi ! des dames faire tout cela ! Oui, voilà ce que, depuis vingt ans, Dieu vous a fait la grâce d'entreprendre et de soutenir. » Et M^^^ Le Gras , écho de saint Vincent de Paul : (( Il est très évident qu'en ce siècle la divine Providence s'est voulu servir de notre sexe pour faire paraître que c'était elle seule qui voulait secourir les peuples affligés , et donner de puissants aides pour leur salut. N'a- ce pas été par cette lumière que Mesdames de la compagnie ont reconnu les besoins des pauvres , et que Dieu leur a fait la grâce de les secourir si charitablement et si magnifiquement, que Paris a été l'admiration et l'exemple de tout le royaume ? »

Mais continuons. Nous allons contempler de plus grandes merveilles.

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