LIVRE m. — CHAPITRE II
avec ses filles à la chapelle Saint -Denis, dans un local plus vaste et qui avait ce grand avantage d'être à la porte de Saint-Lazare, où demeurait saint Vincent de Paul. Le contrat fut signé par la présidente Goussault, de plus en plus la mère et la bienfaitrice de la compagnie naissante. Déjà elle souffrait de la maladie dont elle mourut peu après, objet de profonde admiration pour sa douceur, sa patience, sa soumission à la volonté de Dieu. « mon Dieu, Mademoiselle, écrivait saint Vincent de Paul, que la soumission à la volonté de Dieu dans son mal a été douce et forte ! Ce n'est rien de l'avoir vue en santé, en comparaison de sa maladie ^. d Assistée par saint Vincent de Paul , soignée par M^^® Le Gras, entourée des filles de la Charité qu'elle aimait tant, elle n'eut qu'un regret sur son lit de mort, ce fut de n'avoir pas tout quitté , comme elle en avait eu longtemps le désir, et de n'être pas entrée, toute grande dame qu'elle était, dans cette humble congrégation de. servantes des pauvres.j Peut-être est-ce pour augmenter son regret, peut-être est-ce pour la récompenser de son dévouement que Dieu permit que, la nuit qui précéda sa mort , elle eut l'esprit tout illuminé des grandeurs futures de la congrégation naissante. « Oh ! mes filles, il faut que je vous dise ce que la bonne M^° Goussault, qui était une grande servante de Dieu, — c'est une sainte qui aimait beaucoup votre compagnie, — me dit, la nuit devant celle qu'elle mourut : « Ah ! Monsieur , comme mon esprit a été occupé toute cette nuit de vos bonnes filles ! Si vous saviez tout ce que j'en crois de bien ! Oh ! qu'elles feront de grandes choses ! — Oui, ajouta saint Vincent de Paul , à condition qu'elles soient toutes bonnes ^ I »
1 Lettres de saint Vincent de Paul, t. I, p. 250, n° 241.
2 Conférences aux Filles de Charité, t. I, p. 184-261.