‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 183 sur 394 · LIVRE III. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE III

tant qu'ils furent sous la direction de M. Olier, mais qui, hélas! emportés par le Père Des Mares, tombèrent dans le jansénisme; le marquis de Fénelon, que M. de Renty prit pour aide de camp dans toutes ses bonnes œuvres, comme lui-même l'était de saint Vincent de Paul; M. Sublet des Noyers, secrétaire d'Etat, homme de prière et de charité , avec lequel Louis XIII aimait à s'enfermer pour réciter ensemble le bréviaire, et le roi, pour dégonfler son cœur et se plaindre en secret de la tyrannie de Richelieu ; M. Dufour, gentilhomme ordinaire du duc d'Orléans , et une foule d'autres qu'il serait trop long de nommer.

Enflammés par de tels exemples, et sous le souffle de saint Vincent de Paul, on voit les hommes du monde se précipiter dans toutes les œuvres de charité, ce Combien pensez- vous, écrit notre saint, qu'il y a à Paris de personnes de grande condition de l'un et de l'autre sexe qui visitent , instruisent et exhortent les malades de l'Hôtel-Dieu tous les jours, qui s'y portent d'une dévotion admirable, même avec persévérance? Certes, ceux qui n'ont pas vu cela ont peine à le croire , et ceux qui le voient en sont tout édifiés; car, en effet, cette vie-là est la vie des saints et des grands saints qui servent Notre-Seigneur en ses membres et dans la meilleure, manière qu'il est possible. »

Et pendant que les uns se dirigent du côté de l'Hôtel-Dieu pour y soigner les malades, les autres descendent dans les prisons pour délivrer les prisonniers, pour aider, consoler, encourager les forçats, a A la tête de ce groupe il faut noter M. de Morangis, maître des requêtes, le marquis de Laval, le marquis d'Urfé, le vicomte d'Argenson,MM, deLavau, d'Ornano, Talon, 'du Belloy. Tous visitaient les prisons, s'informaient des besoins des prisonniers et délivraient ceux qui méritaient le plus d'intérêt. Le roi y contribuait tous les ans d'une somme considérable, et l'archevêque de Paris

payait la rançon du prisonnier qui lui était présenté par l'association le dimanche des Rameaux*. ))

A l'instar de Paris, des associations d'hommes pour le service des pau^a^es se formaient dans toutes les grandes villes des provinces, ce Le mémoire venu de Caen porte ces mots: M. de Renty a établi ici plusieurs assemblées de personnes auxquelles il conseillait de traiter ensemble toutes les semaines des moyens de secourir les pauvres et d'empêcher que Dieu ne fût offensé"^. » Mêmes renseignements sur la Bourgogne, C( où M. de Renty avait formé diverses compagnies d'hommes qui ont grand désir de bien servir Dieu^. » De même à Amiens, où il a formé, en deux voyages qu'il y a faits , tant par son exemple que par sa conversation et par ses amis, quantité de notables bourgeois en ces exercices de charité, qui les ont embrassés avec courage , et les ont depuis continués inviolablement avec beaucoup de fruit '^. )) Il écrivait un jour au supérieur d'une mission : « Je vous supplie très humblement de croire que, si vous m'y jugiez utile sur la fin pour y former quelque petit corps de gentilshommes et des sociétés dans la ville, comme nous le faisons aux petits et aux gros bourgs, je ferais mon possible pour m'y trouver; mais j'y ferais plus de mal que de bien^.» A l'exemple de saint Vincent de Paul, partout où se fondait une association d'hommes, M. de Renty leur envoyait des règlements faits à Paris, sous l'influence de notre saint sans aucun doute. Tous les autres gentilshommes en faisaient autant; et c'était par toute la France une sorte d'émulation à qui enseignerait aux

1 Maynard, t. II, p. 312.

2 Vie de M. de Renty, 183.

s Id., 183.

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