LIVRE IV. — CHAPITRE II
de l'hôtel de ville de Verdun contiennent cette note ; « Sera écrit à M. Vincent, général des Pères de la Mission , à Paris , à ce qu'il veuille continuer les charités et distributions d'aumônes qu'il a commencées en ces quartiers, à l'avantage et consolations du public , et l'assurer sous remercîments du fruit qu'apporte sa pieuse entreprise en ces frontières. »
En décembre 1640, les officiers de police de Pontà-Mousson écrivent au saint pour le supplier de continuer ses charités, plus nécessaires que jamais ; car plus de cinq cents pauvres sont en péril de mort si la tendresse de son cœur, plein d'amour et de pitié , ne continue pas ses bienfaits.
En 1641, M. Soûyn, bailli de Reims, remercie le saint d'avoir nommé un intendant ou inspecteur général de l'entreprise charitable , et le supplie de continuer ces soins charitables qui conservent la vie mortelle à tant de pauvres gens et leur préparent l'éternelle.
En 1642, les officiers de Lunéville peignent en termes déchirants leur détresse et le bonheur qu'ils ont eu de voir arriver les enfants de saint Vincent de Paul.
En 1651, le président et lieutenant général de Réthel écrit de la désolation de la ville et de l'éternelle obligation qu'elle aura d'avoir été si bien secourue.
Enfin M. de La Fonds, lieutenant général de Saint- Quentin , dans une lettre officielle , proclame saint Vincent de Paul le Père de la patrie.
Voilà déjà quelques-unes des pièces officielles qui sont sorties des archives. Il en sortira d'autres ; et il sera prouvé que, bien loin que la charité de saint Vincent de Paul ait passé inaperçue au milieu des provinces ravagées par la guerre , comme l'ont dit les anciens historiens , elle y a laissé un sillon profond et une impression inoubliable. Et la preuve, c'est que cinquante ans après , quand commença le procès de canonisation ,
nuls pays n'envoyèrent des témoins plus nombreux , plus enthousiastes. Tous les évêques des provinces ravagées par la guerre se levèrent les uns après les autres, et s'unissant aux évêques d'Angleterre , d'Ecosse , d'Irlande, de Pologne, dont il avait recueilli les exilés, ils supplièrent le pape de placer sur les autels celui qui avait été le sauveur, le protecteur et le bienfaiteur de leurs provinces désolées , et le Pisre de la patrie.