‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 258 sur 394 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

n'eussent aussi leurs fondations nouvelles, égales peutêtre à celles qu'elles avaient eues au commencement du siècle. Mais la faveur populaire n'est plus la même. L'enthousiasme qui accueillait cinquante ans auparavant les Carmélites arrivant d'Espagne ou les Franciscaines entrant à Paris pieds nus et couronnées d'épines, se portent maintenant au-devant des Filles de la Charité ouvrant l'hôpital des Enfants -Trouvés. Quelqu'un a fait retourner le vent, et c'est saint Vincent de Paul. Et comme il n'y a pas de charité active et durable sans un renouvellement de la foi et de la piété, Paris se couvre partout de nouvelles églises, de chapelles agrandies pour contenir la foule, qui s'y presse plus compacte et plus ardente. Chaque année en voit naître plusieurs. En 1646, l'église Saint - Sulpice ; en 1648, l'église des Théatins et l'église de Port-Royal ; en 1653, l'église Saint -Roch, dont la reine régente vient poser la première pierre. En 1655, l'église de l'Oratoire, et, à la fin de la même année, l'église Saint -Sulpice; car, les proportions en ayant paru trop étroites, elle est recommencée, et Anne d'Autriche vient en poser de nouveau la première pierre. En 1656, l'église de Saint- Nicolas -du- Chardonnet, et l'église des Petits -Pères, plus connue sous le nom de Notre-Dame-des-Victoires. En 1659, l'église de la Madeleine, etc. etc. Et que serait-ce, si nous jetions les yeux sur la province? Ce mouvement de reconstruction des églises y prend de telles proportions, que nous devons renoncer, bien malgré nous, à entrer dans un si vaste sujet. On pense bien que de telles créations si nombreuses, si coûteuses, n'auraient pas été possibles si le nombre des bons évêques, des saints prêtres, ne s'était pas multiplié en France. Le nombre en augmentait, en effet, tous les jours, et cela était encore en partie l'œuvre de saint Vincent de Paul. Oui, en dépit de Mazarin et de ses détestables nominations pendant la Fronde , il était

sorti des conférences du mardi, des séminaires, des choix faits par le conseil de conscience, une foule de saints évêques, amis ou élèves de saint Vincent de Paul, et qui commençaient à régénérer leurs diocèses. A Dax , M^' Desclaux , auquel le saint écrivait pour le féliciter de son zèle dans l'érection des séminaires ^ A Périgueux , M^ de Brandon , dont notre saint se défendait d'avoir été le maître, à cause de sa piété et de son zèle incomparable: « Dieu, ajoute-t-il, le conserve à l'Egiise un siècle tout entier^. » A Luçon, M^'' Nivelle, « le plus semblable qu'il ait jamais vu à saint François de Sales ^. » Au Mans, M^ E.-M. de la Ferté , « un prélat si grandement vertueux , que toute la région en était édifiée. » A Sarlat, M^ Sevin, « qui fait tant de bien daiis son diocèse , et dont tout le royaume est édifié et consolé ^, » A Beauvais, M^'^ Potier de Gesvres, que nous avons vu dans sa jeunesse entrer si ardemment dans les vues de saint Vincent de Paul pour l'établissement des séminaires^. A Autun, M^ Claude de la Madeleine, qui accompagnait les condamnés à mort sur l'échafaud, et dont la charité est encore aujourd'hui populaire °. A Grasse, Antoine Godeau, qui, après avoir fait les délices de l'hôtel de Rambouillet, surnommé le Nain de Julie, profita si bien des conférences du mardi, que, nommé évêque de Grasse et de Vence, il consacra son temps aux plus graves études théologiques, et fut à l'assemblée du clergé le promoteur et le patron de la Gallia, christiana. A Toulon, M^ Pingre, fort zélé pour la discipline et tout bon et cordial surtout pour les pauvres

1 Lettres, t. II, p. 58, n» 573.

2 Ibid., p. 175, no 661.

3 Ibid., p. 183, no 667.

^ Ibid., p. 402 , n» 582.

s Picot, p. 447.

Ibid.

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