‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 266 sur 394 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

sultan de Constantinople , aux deys d' Alger et de Tunis , qui , hélas ! furent aussi inutiles que les traités qu'on violait si audacieusement.

En même temps il s'occupait d'adoucir le sort des esclaves. Par une délicatesse infinie, la chambre de saint Vincent de Paul à Saint -Lazare était devenue le bureau de poste de l'Afrique ; il y recevait les lettres des esclaves et les faisait passer à leurs familles. Cellesci lui apportaient leurs réponses , et il se charg-eait de tous les frais ^

Et ce n'était pas seulement les lettres qu'il recevait , c'étaient les dépôts d'argent. Il était le banquier et le caissier des esclaves d'Afrique, et c'est une chose touchante et charmante de voir à quel point sa correspondance en est remplie. « Nous avons reçu un écu pour Renaud Le Page , et un autre pour Lesueur , forçat sur la Ducale' je prie M. Huguier de les leur donner.

« P. S. Je viens de recevoir trente livres pour Martin de Lancre, avec une lettre; je vous prie de les lui donner. Voici encore vingt et une livres qu'on nous porte pour Vincent Traverse ; j'écris à M, Huguier qu'il les lui donne ^. » Et plus loin : « Voici une lettre de change de cent livres , à vous payable par le sieur y\beille ; vous enverrez , s'il vous plaît , cette somme en Alger, à Nicolas Renouard , pour son retour en France. Nous avons reçu une lettre et un écu pour Martin de Lancre , forçat sur la Mercares , qui est à présent à Marseille ; je vous prie de les lui donner ^. » — « Je ferai vérifier votre petit compte sur nos mémoires , pour voir s'ils se rapportent ; cependant voyez ce qu'il faut ajouter de nouveau : premièrement pour Pierre Legros ,

' Il faisait de même pour les forçats qui étaient sur les galères.

- Lettres, t. IV, p. 36, n" 1G12.

3 Ibid., p. 46, no 1618.

dit Lapointe , quatre écus qu'on lui adresse à Toulon et que nous avons reçus ici ; et en second lieu sept livres cinq sols pour M. Esbran, prêtre forçat sur la Baillibaude : j'écris à M. Huguier qu'il leur donne à tous deux ces sommes-là *. » — « J'écris à M. Huguier qu'il donne huit livres à un forçat nommé Alexis Leyo , sur la galère la Reine ; a^ous lui en tiendrez compte, s'il vous plaît ^. » — « Je vous prie aussi , Monsieur, d'envoyer par l'un ou par l'autre cinq cent six livres à deux frères basques, esclaves en, Alger, nommés Jean et Bernard de la Roquette, et de donner ordre que si cette somme peut suffire pour en racheter l'un , que ce soit l'aîné , s'il est possible ; vous prendrez cette somme de cinq cent six livres sur la grosse somme que vous avez^,» — « Nous avons reçu dix livres cinq sols pour Renaud Le Page, trois livres pour Jacques Mangé et trois cent seize livres pour M. Esbran, prêtre, tous trois forçats. Je prie M. Parisis de leur donner à chacun son fait, et je vous prie de lui en tenir compte. Envoyez -nous le compte de M. Huguier, de ce qu'il a avancé aux forçats par notre ordre depuis le dernier compte que nous avons payé ; je vous ferai venir ce que nous aurons pour cela.

« M"^^ de Romilly nous vient d'envoyer cinquante livres pour monsieur son fils , esclave à Tunis ; je vous prie de les envoyer à M. Le Vacher pour les lui mettre en main ; nous vous en tiendrons compte '^. » — « J'enverrai dès demain à M. de Laf argue la quittance de l'argent qu'il vous a envoyé pour le rachat de Marhissans de Celhay, afin qu'il voie qu'il est racheté et que vous avez usé de diligence pour le renvoyer en son pays.

1 Lettres, t. IV, p. 54, n» 1626.

2 Ihid., p. 58, no 1630.

3 Ihid., p. 85, no 1648.

< Ibid., p. 128, no 1682.

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