‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 297 sur 394 · LIVRE V. —- CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V. —- CHAPITRE III

a fait de même en la primitive Eg-lise ; car, tant qu'il a été sur la terre, il n'y a point eu de loi écrite, et ce sont les Apôtres qui après lui ont recueilli ses enseignements et ordonnances.

« Mais il importe que je vous donne une règle avant que je m'en aille. Quelques-uns vous ont dit peut-être que l'on pense bien que , de mon vivant , votre communauté ne manquera pas, mais qu'après il faudra tout quitter. Je vous dirai , mes chères sœurs , qu'il n'en arrive jamais ainsi des œuvres de Dieu, Vous auriez un pauvre appui que celui d'une chétive créature ! Votre fermeté doit être en la sainte Providence ; car c'est elle qui a mis votre compagnie sur le pied où elle est. « Jusqu'à présent, mes filles, vous n'avez point été un corps séparé de celui des dames de la Charité. Mais maintenant, mes filles. Dieu veut que vous soyez un corps particulier qui, sans être séparé de celui des dames, ne laisse pas d'avoir ses exercices et fonctions particulières. Dieu vous veut lier plus étroitement par l'approbation qu'il a permis être faite de votre manière de vie et de vos règles par M?"" l'illustrissime et révérendissime Archevêque de Paris. »

Le saint lut alors le texte de la requête qu'il avait présentée, et de l'approbation qu'il aA^ait obtenue ; puis il commença la lecture des statuts , en l'accompagnant de commentaires.

« Le premier article de vos statuts dit donc que la Compagnie sera composée de veuves et de filles, qui éliront une d'entre elles pour être leur supérieure pendant trois ans ; que cette même pourra encore être continuée trois autres années consécutives, mais non plus. Cela, bien entendu, n'aura lieu qu'après le décès de Mademoiselle. « A ces mots, M}^^ Le Gras se mit à genoux et supplia le saint de ne pas faire cette exception, et de lui ôter une charge dont elle n'était pas digne. « Non, Mademoiselle, répondit le saint. Vos

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sœurs et moi devons prier Dieu de vous conserver la vie pendant de longues années. Il conserve ordinairement par des moyens extraordinaires ceux qui sont nécessaires à raccomplissement de ses œuvres, et si vous y prenez bien garde, Mademoiselle, il y a plus de dix ans que vous ne vivez plus, au moins de la manière ordinaire. >>

Et il reprit : « Votre confrérie portera le nom de Sœurs de la Charité, servantes des pauvres malades. Oh! quel beau titre! la belle qualité !... C'est autant que si on disait servante de Jésus -Christ, puisqu'il répute fait à lui tout ce qui est fait à ses membres. Il n"a d'ailleurs fait autre chose que de servir les pauvres. »

Il achcA'a alors la lecture des règles , et il ajouta : « Nous avons voulu, mes filles, qu'il fût dit de vous ce qui a été dit de Notre-Seigneur, qu'il commença à faire et puis à enseigner. Ce que vous venez d'entendre, mes filles, n'est-ce pas ce que vous faites depuis vingt-cinq ans? Y a-t-il quelque chose que vous n'ayez pas fait? Non , par la miséricorde de Dieu ; et vous l'avez fait avant qu'il vous fût commandé, au moins d'une manière expresse ; car le feu pape me lavait bien commandé ; mais maintenant vous le ferez parce qu'il vous est enjoint.

« Je vous ai dit autrefois, mes filles, que celui qui entre dans un vaisseau pour faire un long voyage doit s'assujettir à toutes les lois de la navigation ; autrement il est en grand danger de périr. Il en est de même des personnes qui sont appelées de Dieu pour vivre encommunauté : elles courent grand risque de se perdre , si elles n'en observent pas les règles. Par la miséricorde de Dieu, je crois qu'il n'y en a pas une parmi vous qui ne soit dans le dessein de les pratiquer. Mais cela est-il bien vrai ? êtes-vous toutes dans cette disposition ?

— Oui, mon Père.

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