‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 353 sur 394 · LIVRE VI. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE VI

nulle humeur opiniâtre , noircis d'aucune envie , mais modestes, retenus, paisibles, feraient d'une vie toute d'union , toute consacrée à Dieu et au salut du prochain, un présent très agréable à l'auteur de tous biens. « La charité chrétienne envers le prochain , qui naît de la charité envers Dieu comme de sa source , et fait monter , par une sorte de degrés merveilleux , à la perfection du divin amour, ne veille pas seulement au salut des âmes, mais pourvoit encore aux besoins du corps. C'est pourquoi le serviteur de Dieu, brûlant d'une charité parfaite , cherchait à secourir et à soulager et le corps et Fâme, à sauver autant que possible l'un et l'autre, rapportant néanmoins tout le soin des corps au salut des âmes, qui doit être l'objet de la principale sollicitude. Ainsi, compatissant, dans les entrailles de sa miséricorde , aux calamités et aux angoisses des misérables, surtout des malades, des vieillards, des enfants et des jeunes filles qui, incapables, dans leur infirmité et leur faiblesse, de se secourir euxmêmes et privés souvent du secours nécessaire, sont opprimés sous le poids de leurs misères, il fonda la Compagnie des Filles dites de la Charité pour travailler jour et nuit au service et au soin des vieillards, des enfants , des pauvres et de toutes sortes de malades.

« En outre, dans toutes les paroisses, non seulement des villes , mais des bourgs et des villages , il institua des confréries de dames pour soulager, par leur soin attentif et leur diligente sollicitude , les maux et les angoisses des misérables, procurer aux malades des remèdes tant corporels que spirituels, aux calamiteux des ressources et du secours, aux pauvres de l'argent, aux nus des vêtements, aux affligés de la consolation. Il travailla encore à établir ou à conserver et à étendre en beaucoup de lieux plusieurs compagnies de Filles, principalement celles de la Croix, de la Providence et de Sainte -Geneviève, appliquées à élever et à ins-

truire dans les travaux de leur sexe et les bonnes mœurs de pauvres filles, de peur que, plus avancées en âge, elles ne tombent par l'ignorance de la loi du Seigneur et des divins mystères; ou que, oisives, elles n'apprennent à courir les maisons, et, s'entretenant de ce qu'il ne faut pas , elles ne s'égarent à la suite de Satan ; ou qu'enfin, ne sachant pas travailler de leurs mains, accablées de besoins domestiques, elles ne soient poussées aux péchés et aux vices par l'indigence et la misère.

« De plus, il bâtit un hospice pour y garder les fous, une maison pour y corriger les jeunes gens de mauvaises mœurs, et un vaste hôpital pour y entretenir et y nourrir les vieillards et les artisans qu'un accident quelconque avait rendus impuissants à gagner leur vie de leurs mains. Enfin, par ses sollicitations et ses soins , deux hôpitaux furent construits et dotés par la libéralité royale , à Paris et à Marseille , pour les pauvres galériens infirmes qui auparavant étaient jetés dans des antres à la façon des bêtes, et qui, maintenant transportés là dans leurs maladies , y reçoivent tous les soulagements corporels et spirituels.

« La grande probité de Vincent et son intégrité de vie, brillant de jour en jour avec d'autant plus d'éclat qu'il les cachait avec plus de soin, étaient, en effet, connues du roi de France Louis XIII , de glorieuse mémoire, qui, vivant, usait de son ministère pour la distribution de ses aumônes secrètes, et de ses conseils pour la nomination des clercs aux sièges épiscopaux et aux bénéfices ecclésiastiques, et qui, à sa mort, voulut avoir dans ce dernier combat Vincent pour soutien et pour consolateur.

a Après la mort de ce prince , Anne d'Autriche , son épouse, de glorieuse mémoire, régente de France, l'appela, malgré ses résistances et contre sa volonté, dans le saint conseil de conscience. Pour lui, et au Louvre parmi les courtisans , et chez lui parmi ses dis-

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