‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 355 sur 394 · LIVRE II. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE VI

grande estime. Pour lui, s'humiliant devant Dieu, auteur de tous biens, il ne montrait., dans ses actes ou dans ses paroles, rien qui sentît la vanité ou l'orgueil, l'arrogance ou l'immodestie ; mais tout en lui , réglé et composé selon la discipline chrétienne et la sainteté évangélique, laissait voir ouvertement qu'il n'y avait aucunes ténèbres dans l'intérieur de celui dont l'extérieur brillait de si éclatantes vertus,

« Le malheur des temps et le tumulte des guerres civiles avaient affaibli la sainteté du clergé de France, en y introduisant l'ignorance et la corruption des mœurs. Pour réparer l'honneur de la maison de Dieu et rétablir la discipline ecclésiastique , Vincent dirigea de ce côté toutes ses pensées et toutes ses forces. Ainsi, pour rendre à la discipline ecclésiastique sa vigueur, énervée par la langueur des vices , il établit des maisons religieuses destinées à recevoir les clercs qui devaient être promus aux ordres sacrés, et, par lui ou par ses associés de la Mission , il les fit instruire dans la célébration des sacrés rites , et former aux saintes mœurs en rapport avec la dignité de leur état. De là l'éclat des cérémonies sacrées , de là l'observance des vénérables lois qui fut rendue à beaucoup d'églises de France,

« Il réunit encore des compagnies de prêtres qui, à des jours réglés , conféraient entre eux des choses divines, s'exerçaient dans les saintes disputes, pour acquérir la puissance d'exhorter dans la saine doctrine et de confondre les contradicteurs.

« A l'exemple de Moïse, qui, avant d'être mis par Dieu à la tête du peuple d'Israël pour le délivrer de la captivité, le conduire à travers le désert, sacrifier à Dieu sur la montagne , et de là dans la terre de promission, s'enfuit du tumulte de la cour du Pharaon dans la solitude, Vincent apprit aux clercs appelés à l'héritage du Seigneur, qui, dans la terre déserte et sans eaux de cette vie mortelle , doivent servir à l'autel

du Seigneur et précéder de la parole et de l'exemple le saint peuple de Dieu tendant à la céleste patrie , après avoir secoué le joug- de la captivité du diable, à se retirer du tumulte du monde dans une sainte solitude, avant de monter aux degrés ecclésiastiques, pour s'y appliquer quelques jours à la méditation des choses divines et à la contemplation des devoirs de leur charge. « Du reste , le serviteur de Dieu Vincent ne fut pas seulement un excellent instituteur des ministres de l'autel, mais il montra en lui le modèle d'un bon et fidèle dispensateur; car il était comme le refuge de tous les indigents et misérables, et, prenant même quelquefois sur ce qui paraissait nécessaire à lui ou aux compagnons de ses missions , il soulageait toutes sortes de pauvres de si larges aumônes , qu'il était communément appelé le père des pauvres. Quoique déjà avancé en âge , il donnait un soin assidu au ministère apostolique des saintes missions , et , porté sur les ailes de la charité, supérieur à tous les travaux, s'élevant audessus des forces de sa vieillesse , il volait çà et là pour porter la lumière de la vérité évangélique et les divins préceptes à ceux qui marchaient dans les ténèbres et dans l'ombre des vices, surtout aux pauvres habitants des bourgs et des villages, qui, privés de la lumière de la foi chrétienne et errant au hasard dans la nuit de l'ignorance, étaient ramenés par lui dans la voie du Seigneur. Et comme la charité n'a pas de mesure, la vertu du serviteur de Dieu ne se renferma pas dans les bornes de la France , mais se répandit et brilla au loin ; car, pour étendre la foi et la piété, il envoya parmi ses disciples des ouvriers évangéliques non seulement en Italie , en Pologne , en Ecosse , en Irlande , mais encore en Barbarie, aux Indes, chez les nations séparées de notre continent, que le zèle de ses disciples, après avoir dissipé les ténèbres de Tidolâtrie, amena à la lumière de la vérité.

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