‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 370 sur 394 · LIVRE VI. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE VI

« Dans le sentiment d'une vive allégresse et de la ferveur d'âme qui les anime, tous les membres qui la composent désirent célébrer solennellement cette année jubilaire. Rien n'est plus convenable, puisque Dieu lui-même a insinué dans les saintes Ecritures qu'il aurait pour agréable cette coutume introduite parmi les hommes, de se réunir, après avoir parcouru le cycle de cinquante années et sur le déclin de la vie , afin de lui rendre de solennelles actions de grâces pour ses bienfaits et de s'exciter à faire de nouveaux progrès dans la perfection.

(( C'est bien à cette société digne de tout éloge qu'il appartient d'honorer Dieu par un témoignage éclatant de sa gratitude et de sa joie, lorsqu'elle considère les soins admirables de la Providence, qui l'a prise dans son humble berceau et l'a fait croître si merveilleusement. C'était en l'année 1833 : huit jeunes gens ou adolescents conféraient ensemble dans le mutuel dessein de s'unir fraternellement et de s'entr'aider, afin de conserver dans toute son intégrité leur foi chrétienne au milieu des horreurs qui de toutes parts envahissaient la société ; et ils se proposèrent l'exercice de la charité envers les pauvres, comme un moyen salutaire de mettre leurs croyances à l'abri de tout péril. Chaque semaine, ils se rendaient à leur réunion, à laquelle ils donnèrent le nom spécial de conférence , afin de délibérer sur les moyens de soulager la misère des pauvres qu'ils visiteraient ; puis ils faisaient entre eux une collecte des aumônes que chacun apportait et s'édifiaient en même temps par de pieuses lectures et par l'exercice de la prière.

« Or Dieu , qui abaisse ses regards sur les humbles , contempla ces excellents jeunes gens animés de l'esprit chrétien, et il plut à sa volonté de les multiplier à ce point, qu'il convient d'appliquer à leur association la parabole évangélique du grain de sénevé ; la petite se-

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