AVERTISSEMENT XI
qu'il s'agisse de ce qui est si important en toutes choses, la composition, l'ordonnance des matières, ce que le poète appelait le liicidus orclo; soit qu'il s'agisse du style, qu'il aimait à travailler, à ciseler, autant qu'il savait creuser, par une puissante méditation, le sujet; et cela, non par un vain souci de la forme, mais par un scrupule de prêtre et d'apôtre en même temps que d'artiste, sachant que les livres mal écrits non seulement ne vivent pas, mais ne saisissent pas les âmes, et par conséquent manquent deux fois leur but.
La vie de saint Vincent de Paul a déjà été bien étudiée et souvent écrite. De tous les historiens du saint, Abelly, le premier en date, et qui avait eu l'inestimable avantage de connaître Vincent de Paul, demeure peut-être toujours le premier par le mérite, nonobstant les desiderata que laisse son précieux livre. Les biographes qui l'ont suivi ont chacun leur mérite, qu'il n'est dans notre intention ni de contester ni de diminuer. Mg^Bougaud, le dernier venu, a eu le bonheur de pouvoir puiser plus que les autres à une collection qui n'a été éditée que dej^uis peu d'années , le volumineux recueil des lettres du saint.
Toutefois le mérite de son travail consiste moins dans les révélations qu'il a pu faire que dans la manière dont il raconte cette vie si connue ; son art, à lui, son ordonnance savante, lumineuse, grâce à laquelle le récit, malgré la multiplicité des détails et de toutes ces œuvres que Vincent de