‹ Histoire de Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 85 sur 394 · LIVRE II. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE I

ment le silence, qu'elle observe aussi exactement le reste de la régularité; et qu'au contraire, en voyant une autre où le silence ne s'observe pas, qu'il est impossible que le reste de la régularité s'observe. Or il y a bien sujet de craindre, Monsieur, que ces messieurs ne voulussent pas s'obliger à cela, et que , ne le faisant pas , nous ne ruinassions cette pratique si nécessaire que nous avons tâché d'observer jusqu'à présent le moins mal qu'il nous a été possible, »

Adrien le Bon , dont la conduite en tout ceci fut constamment admirable, céda, et, tout étant réglé d'un commun accord, un concordat fut passé le 7 janvier 1632, entre Adrien le Bon et les religieux de Saint-Lazare d'une part, Vincent de Paul et ses missionnaires de l'autre.

L'acte commence ainsi : « La maladie de la lèpre n'est plus aussi fréquente qu'autrefois, et présentement il ne se trouve pas un seul lépreux à Saint-Lazare. En pareil état de chose, il serait conforme à l'intention des donateurs d'appliquer les revenus du prieuré au soulagement spirituel du pauvre peuple des champs, éloigné des villes et infecté de la lèpre du péché. Or les prêtres de la Mission s'étant voués déjà et se vouant journellement avec grand fruit à cette œuvre excellente, il serait bon de coopérer à leur établissement et accroissement, en sorte qu'ils puissent plus commodément supporter et continuer leurs exercices et leurs travaux au plus grand bien de la religion et du public. En conséquence, les religieux de Saint-Lazare, moyennant le bon plaisir du pape et de l'archevêque de Paris, du roi et du parlement, résignent le prieuré et en font annexion perpétuelle à la Mission. » C'étaient, on se le rappelle, les idées qui avaient décidé Adrien le Bon à offrir son prieuré à saint Vincent de Paul. Après ce préambule , on règle la position : 1° du prieur, qui conservera son logement actuel pendant sa vie, avec qualité d'ancien

prieur, liberté d'assister au service, au chapitre et au réfectoire , et d'y garder son rang ; une pension viagère , hypothéquée sur le prieuré et sur tous les biens de la compagnie, et deux terres dont le révérend Père de Gondi ( l'ancien général des galères ) se portera caution ; — 2° des religieux : on leur donnera une pension annuelle de cinq cents livres, garantie encore par le Révérend Père de Gondi, sur quoi deux cents livres seront prélevées s'ils veulent vivre en commun avec les missionnaires ; par conséquent, liberté de rester à Saint- Lazare comme par le passé , à la condition cependant de reconnaître la juridiction de l'archevêque de Paris; laquelle pension leur sera également payée s'ils veulent vivre ailleurs; — 3° du prieur et des religieux, traitement à l'infirmerie aux dépens de la Mission ; inhumation avec les cérémonies dues aux bienfaiteurs ; service anniversaire à perpétuité pour' le prieur, et service du bout de l'an pour chaque religieux. »

On remarque ici, avec joie et reconnaissance, la signature de Philippe -Emmanuel, qui, étant entré à l'Oratoire, s'appelait alors le Révérend Père de Gondi. Ayant gardé ses biens , il se porte garant et caution pour son ancien et toujours cher ami Vincent de Paul. Son frère, Jean- François de Gondi, archevêque de Paris, ne se montre ni moins reconnaissant ni moins fidèle. Dès le lendemain de ce concordat, 8 janvier 1632, il ratifie le décret d'union de Saint- Lazare et de la Mission, et il débute par un magnifique éloge de saint Vincent de Paul. « Dieu, par sa grande miséricorde, a suscité en nos jours dans ce royaume de France maître Vincent de Paul et ses disciples, hommes vraiment apostoliques, très amateurs de l'humilité chrétienne, qui, par une inspiration toute divine, laissant les habitants des villes, où ils voient un grand nombre de prêtres , tant séculiers que réguliers , appliqués au salut des âmes , parcourent les divers villages de notre diocèse; et là, cherchant les

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