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CHAPITRE III

Les séminaires.

Parmi les décrets disciplinaires du saint concile de Frente, il n'en est pas peut-être de plus important, ni :jui ait eu sur l'Eg-lise , et en particulier sur l'Eglise de France , une influence plus salutaire que le décret reatif à l'institution des séminaires. En le signant, les Pères poussaient des cris de joie, et ils déclaraient ju'ils étaient suffisamment payés de toutes leurs fajgues, quand même le saint concile n'aurait pas d'autre 'ésultat. S'ils parlaient ainsi, que dirons -nous donc, lous qui avons vu ce décret réalisé enfin après des iifficultés infinies, et créer en France un clergé tous es jours plus régulier et plus pieux ?

Lisons d'abord les paroles du saint concile de Trente : ( Gomme les jeunes gens, s'ils ne sont pas bien élevés, iont enclins à suivre les voluptés du monde; et comme, ians une protection de Dieu très puissante et toute Darticulière , ils ne peuvent constamment s'entretenir ;t persévérer dans la discipline ecclésiastique, si dès eurs tendres années ils n'ont été formés à la piété et à a religion avant que les habitudes des vices ne les posièdent entièrement, le saint concile ordonne que toutes es églises cathédrales métropolitaines et autres supé

rieures à celle-ci, chacune selon la mesure de ses facultés et Fétendue de son diocèse, seront tenues et obligées de nourrir, d'élever dans la piété et d'instruire dans la discipline ecclésiastique un certain nombre d'enfants de leur ville et diocèse ou de leur province , en un collège que Févêque choisira près des églises mêmes ou en un autre lieu convenable.

« On ne recevra dans ce collège aucun enfant qui n'ait au moins douze ans, qui ne soit né de légitime mariage, qui ne sache passablement lire et écrire, et dont le bon naturel et les bonnes inclinations ne donnent lieu d'espérer qu'il s'emploiera toujours au service de l'Eglise. Le saint concile veut qu'on choisisse principalement les enfants des pauvres; il n'exclut pourtant pas ceux des riches, pourvu qu'ils s'y entretiennent à leurs dépens, et qu'ils témoignent désir et affection pour le service de Dieu et de l'Eglise.

« L'évêque, après avoir réparti ces enfants en autant de classes qu'il trouvera bon, suivant leur nombre, leur âge et leur progrès dans la discipline ecclésiastique , en appliquera une partie au service des églises , lorsqu'il le jugera à propos, et retiendra les autres pour être instruits dans le collège, en remettant toujours d'autres en la place de ceux qu'il en aura tirés : de manière que ce collège soit un perpétuel séminaire pour le service de Dieu.

« Et , afin qu'ils soient plus aisément élevés dans la discipline ecclésiastique, ils porteront toujours dès leur entrée la tonsure et l'habit clérical. Ils y apprendront la grammaire , le chant , le calcul ecclésiastique , et tout ce qui regarde les belles -lettres. Ils s'appliqueront à l'étude de l'Ecriture sainte, des livres ecclésiastiques, des homélies des saints , des formes et des manières d'administrer les sacrements , principalement celles qui seront propres à les rendre capables d'entendre les confessions; enfin de toute autre coutume et cérémonie

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