Biographie uniYerselle de Michaud, t. LXXX, p
rEmpire, il fît des prouesses dignes d'un paladin pour les Bourbons, auxquels il resta attaché depuis 4814. Il a cultivé la littérature avec un certain succès et écrit des livrets d'opéras-coniiques (celui de Wallace entre autres), dont le nombre n'est surpassé qtfe par celui de ses duels. Il périt de la main d'un duelliste de profession, qu'il avait gratuitement provoqué. Ramené mourant dans sa famille au milieu des apprêts d'un bal, il dit à M. de Fontanes, qui lui demandait le nom de son meurtrier : « C'est un homme qui tire bien. » Avec ses manières aggressives, il est probable qu'il avait poussé à bout celui de qui il reçut sa première blessure; mais entre condisciples on ne doit pas s'assommer.
La douleur de M. de Wailly et les mesures énergiques qui furent prises pour couper court à toute manifestation hostile firent fermer les yeux sur ce qui s'était passé. La paix sembla scellée entre les écoliers par l'accident de Saint-Marcellin ; mais bientôt les ombrages recommencèrent à l'occasion des professeurs du sénat. De nouvelles plaintes furent portées par le directeur de Sainte-Barbe : le proviseur du lycée Napoléon ne les reçut pas bien ; l'amitié que deux hommes honorables avaient toujours professée l'un pour l'autre s'altéra sensiblement.
Sur ces entrefaites parut Parrété qui forçait tous les chefs d'institution et maîtres de pension d'envoyer, dans le délai d'un mois, leurs élèves aux classes des lycées (1 novembre 1810). Celles de Napoléon gagnèrent à cela bon nombre de nouveaux trouble-fétes, particulièrement les élèves de.l'abbé Liautard, qui, malgré leur origine tant soit peu barbiste, se présentèrent en
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ennemis déclarés non-seulement des Lanneau, mais encore des Parmenlier, Nous aurons à revenir sur Tabbé Liautard et sur son institution : qu'il suffise de dire ici que le lycée devint un enfer, et que M. de Lanneau prit enfiif le parti de Ja séparation. H profita de ce qu'un supplément d'élèves, qu'il se proposait de fournir au lycée, avait été désigné pour le lycée Impérial, à cause de l'encombrement des classes à Napoléon. Il représenta qu'il serait trop incommode pour lui d'avoir à faire conduire les élèves d'une même classe, ceux-ci au lycée Napoléon, ceux-là au lycée Impérial. Les harbistes, moins les mathématiciens, furent donc attachés au lycée Impérial à partir du 1 **■ janvier 1811.
Les mathématiciens furent laissés à Napoléon parce que les cours y passaient pour plus forts qu'au lycée Impérial. C'était un fait reconnu des élèves eux-mêmes, qui néanmoins avaient en aversion le professeur de spéciales, M. Dinet, l'un des barbistes chagrins du temps jadis , l'un des membres du sénat de la rue des Postes. Il n'en fallut pas davantage pour entretenir Feffervescence dans ce coin du lycée, tandis que l'animosité se déchaîna de plus belle entre les pensionnats continuant à fréquenter les classes de latin. L'institution Liautard et l'institution Parmentier se montrèrent surtout hostiles Tune à l'autre. L'année s'écoula tout entière dans le trouble, ainsi qu'elle avait commencé. Le grand-maître de l'Université dut aviser à un remède. D'après' les rapports des inspecteurs, il importait que pas un seul des élèves de M. de Lai|neau ni un seul de M. Parmentier ne restassent au lycée Napoléon. On ne voyait pas d'ailleurs d'inconvénient à ce que les deux institutions, retirées du Heu de
leurs anciennes querelles, se trouvassent de nouveau côte à côte sur les mêmes bancs. De là une décision, notifiée à la rentrée des classes de 181 1 S pour que la totalité des barbistes et des Parmentier suivissent désormais les classes du lycée Impérial. On s'en remit avec raison, pour le succès des premières rencontres, à M. de Sermandy qui venait d'être nommé à la place de M. Champagne. C'était une main de fer. Malheur à qui eût donné le signal ou partagé l'entraînement du désordre sous ce redoutable proviseur. Appelé avec la mission d'assujettir le lycée à la discipline d'un régiment, le jour de son installation il prononça d'une voix forte et dure l'éloge de la sévérité. Son administration ne cessa pas un seul instant d'être la mise en pratique de cette doctrine. Les rancunes enfantines, contenues par une crainte salutaire, se convertirent en émulation , et ce fut un plaisir de voir, aux distributions de prix, l'institution de la rue de Reims et celle de la rue des Postes se disputer les récompenses.
L'époque où nous sommes arrivés peut passer pour 'celle de la plus grande splendeur que la maison ait acquise sous la direction de M. de Lanneau. Elle re» . gorgeait d'habitants, et chaque rentrée surpassait par le nombre des nouveau-venus celle qui l'avait précédée. Sainte-Barbe exerçait une véritable attraction. Deux divisions réparties dans son grand quadrilatère étant devenues insuffisantes pour contenir plus de quati-e cents pensionnaires, une division de plus fut formée en faveur du. jeune âge. Elle prit domicile en
. 1 . Le 5 octobre.
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1 809 de l'autre côté de la rue, dans une partie du ci* devant collège de Reims.
Nous avons prononcé bien des fois^ dans le cours de cette histoire, le nom du collège de Reims. Le moment est venu de résumer en quelques pages les destinées de cet établissement. Ce sera le principal objet du chapitre qui suit.