‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 3 sur 108 · Décade philosophique de Pan IX, 4* trimestre, p · texte numérisé non relu

Décade philosophique de Pan IX, 4* trimestre, p

2a . HISTOIRE

les six classes supérieures, accouplées deux par deux ou trois par trois.

Pour comprendre le vocabulaire scolaslique de ce temps-1^ , il ne faut pas perdre de vue le programme révolutionnaire, qui renfermait les études dans des cours spéciaux. 11 y eut ainsi les cours de mathéma- J:iques, d'hisloire, de belles-lettres, de langues anciennes, de grammaire, etc. On ne connaissait plus les noms de rhétorique et inhumanités^ lossqu'ils furent restaurés en Tan VIII, à l'usage du Prytanée seulement. Uhorreur des termes, anciens avait été poussée à uq excès embarrassant pour la conversation. Au lieu de thème et ifersion , il fallait dire traduction de français en latin et traduction de latin en français.

Dans les cours, les années ou classes étaient distinguées par leur nombre ordinal, niais dans- Tordre inverse de celui qui était anciennement consacré, et auquel on* revint peu après dans les lycées. La première classe du cours, aux Écoles centrales, était celle • des* élèves qui commençaient. Au Collège des Sciences et des Arts, pour plus de commodité, les sept classes ne- formèrent qu'une seule série, et furent désignées simplement par les adjectifs ordinaux. Ce qui serait aujourd'hui la septième, s'appelait la prenaière.

Telle est la forme sous laquelle rétablissement de M. deLanneau commença à acquérir sa grande réputation. Il fit parler de lui aux distributions des prix de Tan IX. Jusqu'alors un seul établissement privé s'était rendu célèbre par ses Succès aux écoles publiques dont il suivait les cours. C'était la maison de M. Lepître, qui envoyait des élèves à la fois au Pantbéon et aux Quatre-îNations. Pour la première fois

ces enfants gâlés de la victoire reconnurent avec surprise qu'ils avaient des rivaux. Au Panthéon les couronnes ftirent partagées entre les Lepître et les Lanneau avec une égalité qui excita les applaudissements du public.

Dans une lulte encore plus solennelle , les Lepilre furent distancés. M. Frocbot avait rétabli celte année même l'équivalent • de l'ancien concours général de rUniversilé, en faisant composer «ntre elles les Ecoles centrales. Le Collège des Sciences et des Arts y remporta les deux grands prix des sciences *, les deux de grec' et trois accessits. Plusieurs couronnes au Prytanée complétèrent ce brillant succès.

Une circonstance particulière augmenta l'effet du triomphe obtenu au concours général. C'était la condifion du lauréat dont le nom fut proclamé le premier. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans \ej)làgasin encyclopédique de Millin '^ :

« L'écolier à qui le premier prix de mathématiques a été adjugé se nomme Ducros, jeune berger du département de la Drôme*, qui au pied d'un chêne et au milieu de ses brebis, privé de tout maître, il y a trois ans, étudiait et dévorait les livres sans autres secours que ceux d'une forte passion pour les sciences. L'examen qu'il a soutenu à ^l'École centrale kur les mathématiques et sur la physique a été une espèce de

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