‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 88 sur 108 · TU · texte numérisé non relu

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l'exercice du cheval, il fit construire un vaste man^e^ H

qui fait aujourd'hui la plus belle salle de récréation f

qu'on puisse voir. ^

L'entreprise ne réussit pas. A. la place de la gentil- !

hommière projetée par M. de Coumand, un M. Rouzée ouvrit, sous des auspices tout aussi peu favorables, une sorte d'école professionnelle. Finalement le do^ maine de Fontenay redevint simple maison de campagne. La spéculation commença à le dépecer. L'habitation était déjà privée d'une grande partie de ses communs, lorsque la Société de Sainte-Barbe l'acheta.

Avec autant d'activité qu'il avait apporté de décision et de secret aux préliminaires du marché, M. Labrouste fît mettre les lieux en état par son frère , M. Tlîéodore Labrouste. 11 voulait pouvoir prendre possession au printemps de 1 852, afîu que la sérénité des beaux jours et la vue des fleurs égayassent les enfants à leur entrée dans leur nouvelle demeure. 11 importait d'ailleurs d'exhiber les choses avec leurs couleurs les plus riantes, pour la consolation des familles qui voyaient dans ce déplacement un dur exil. Toutes les dispositions furent achevées pour le mois de maL

Une cérémonie d'installation était de rigueur. Pendant que le Directeur en méditait le programme, l'archevêque de Paris vint donner la confirmation à Sainte-Barbe. C'était alors le bon et infortuné M. Sir bour. U entendit parler de l'événement qui se préparait« Charmé de l'accueil qu'il avait reçu au Collège, il se proposa de lui-même pour être le président de la fête. On lui demanda son jour; il répondit qu'il ne pourrait avoir congé que le 12 mai*

Donc le matin du 12 mai, un train spécial du chemin de fer emporta de Paris à toute sapeur la petite colonie destinée à Fontenay, et les autorités de Saintefiarbe, et les membres du Conseil d'administration, et une nombreuse escorte de parents qu'on avait invî* tés. A l'arrivée, on se dirigea vers l'église du village. L'archevêque y était déjà rendu; il siégeait sur un trône, ayant à côté de lui son grand vicaire, le savant abbé Bautain, si bien placé dans une cérémonie du genre de celle qui se préparait. L'abbé Marcelli, aumônier de Sainte-Barbe, monta en chaire pour exposer les avantages du nouvel établissement, pour remercier l'illustre pasteur de la bénédiction qu'il venait ajouter à cette utile entreprise, enfin pour annoncer une quête de charité, qui allait marquer la bien-venue d'une nouvelle et nombreuse famille au milieu de la population de Fontenay.

Le prélat répondit : « C'est donc pour conserver à ces tendres enfants la santé du cocps aussi bien que la fraîcheur et la pureté de l'âme que vous les retirez dans cette riante solitude ; c'est pour préserver de toute altération ces dons des cieux qui ornent l'enfance ! Je ne puis que m'associer de cœur et d'intention à cette sainte pensée. J'applaudis aussi de tout mon cœur, et je participerai à cette bonne action, à cette pieuse aumône que vous voulez placer comme une bénédiction aux fondements de la maison nouvelle. »

Après l'office , qui fut célébré pontificalement , on s'achemina en procession vers le château. Ce fut comme la marche des Hébreux vers la terre promise , car la connaissance des lieux était encore le secret du

Directeur et de ses lieutenants. Bientôt se montra le fronton du noble édifice, décoré de riuscription qui annonçait sa métamorphose : Sainte-Barbe des Champs. On entra dans la cour d*honneur. Là eut lieu la cérémonie de la bénédiction. Ensuite M. L^t brouste prononça une allocution , qui fut suivie de la lecture d'une pièce de vers latins , composée pour la circonstance. Des évéques en ce temps-là prétendaient bannir de Tinstruction l'élude des auteurs profanes de l'antiquité. En présentant à Mgr. Sibour le vétéran de rhétorique*, auteur des vers qu'il allait entendre, M. Labrouste eut soin d'ajouter que Sainte-Barbe con^ servait la religion des anciens dans le culte des lettres grecques et latines. « Et elle fait bien , » répartit le prélat.

Mgr, Sibour écouta avec une attention e&tréme. 11 fut sensible à un hommage payé en de bons termes à la mémoire de son prédécesseur. Les marques de son approbation furent continuelles pendant la lectRrqdes strophes de la fin :

Hic, quae vides parlœta rosaria, j£tatis hic ver innocuum puer

Producet. Hune vobis virentem

Invideo, puerî, recessum.

Nos urbe carcer dum retînet niger, Immensa vobis arva patent, levis

Circumdat aer, lux aperto

Purior in spatio renidet.

Quid ! tota vobis artificem Deum Natura monstràt. Riire Deus patet;

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