Arrêté du 28 juin
DE SAINTE-BARBE. 3i9
L'année 1852 fut celle des essais heureux pour Sainte-Barbe. Pendant que la maison recevait Taccroissement dont nous venons de parler, l'Association amicale doublait tout d'un coup ses ressources en modifiant un seul article de ses statuts.
Ce groupe si important dans l'organisme barbiste n'avait pas cessé de s'étendre, surtout depuis 1 830, sous l'impulsion intelligente des mandataires qui la dirigeaient. Trop de noms seraient à inscrire s'il fialfait dire tous ceux qui travaillèrent pour le bien de l'œuvre. La rapidité du récit ne nous permet de mentionner que les plus entreprenants et les plus infatigables : Corcellel , Dufilho, Bonnaire ; Cadet-Gassicourl, aussi ardent pour l'Association que pour la cause du libéralisme; de Séligny et Ludovic Roussel, longtemps voués aux fonctions laborieuses du secrétariat; Chrislofle, que le deuil d'une population d'ouvriers accompagnait, il y a quelques mois, à sa dernière demeure; Eugène Du verger, lui aussi l'ami des. ouvriers, qui consuma sa vie à obliger ses semblables, avec l'ambition de rester toujours le bienfaiteur inconnu ; Alexandre Bixio.
M. Bixio entra dans le gouvernement de l'Association amicale à la fin de 1832. Maintenu depuis lors par une suite non interrompue de réélections, il ne cessa pas d'être de la partie laborieuse du Comité, de celle à qui arrive la confidence de toutes les infortunes et qui s'occupe de les soulager. Une cessa pas non plus de travailler à étendre le cercle de l'assistance fraternelle, en recrutant autant de souscripteurs qu'il pouvait découvrir d'anciens barbistes. Il acquit promptement l'ascendant exercé par ceux qui apportent avec
eux le mouvement d'où résulte la vie. Il fut coosidéré par tous comme Fàme de l'Âssociatiou.
Jamais les demandes de secours ne furent plus fréquentes ni plus pressantes qu'en i 852, après les bouleversements causés dans un si grand nombre d'existences par quatre ans de révolution. A chaque instant de nouvelles souffrances étaient dénoncées. Des vieil* lards avaient été privés brusquement d'un emploi, que leur âge leur interdisait de remplace^ • par un autre; des enfants avaient été rendus orphelins par l'exil ou par la mort prématurée de leur père; des camarades, naguère dans l'opulence, se trouvaient réduits momentanément au dénùment le plus complet. Non-seulement on vit bientôt le fond de la caisse, mais la réserve des années précédentes fut entamée. Il fallut aviser à augmenter la source d'un revenu dont l'insuffisance était manifeste. Alors M. Bixio proposa de fixer un taux à la souscription annuelle, qui jusque là avait été arbitraire. Elle fut portée à douze francs.
La réforme eut assez de succès pour que, dès la première année, tous les secours distribués, le sage trésorier de l'association, M. Àgathon Prévost, pût placer une somme assez ronde à la Caisse d'épargne, dont il est l'agent général. Cela fit naître la réflexion, et bientôt le désir de posséder des rentes. Jusqu'alors on avait vécu au jour, le jour. L'incertitude des ressources avait souvent retenu le Comité, lorsqu'il s'était agi de décider un bienfait qui devait se prolonger plusieurs années de suite. Avoir éprouvé l'inconvénient de ce système était une leçon pour y renoncer. M. Bixio pensa que, si un certain nombre de sociétaires consentaient à remplacer par un versement de 240 francs
une fois payés leurs versements annuels de douze francs, la cotisation ainsi capitalisée et inscrite en rentes sur le grand-livre fournirait par son seul revenu une source assurée de secours, tandis C|ue le capital, soigneusement réservé, deviendrait une garantie de plus à la perpétuité de l'œuvre. On réalisait d'ailleurs une économie notable, en tant qu'une partie des frais de perception allait se trouver supprimée.
En 1 854 ce nouveau mode de souscription fut introduit dans les statuts, seulement comme chose facultative ; car la souscription annuelle à 1 2 francs fut maintenue. Ceux qui préférèrent la payer gardèrent le titre ancien de souscripteurs. On décida que ceux qui verseraient le capital de 240 francs auraient leurs noms inscrits à perpétuité sur les annuaires de l'Association, avec le titre àe fondateurs . Fondateur se disait autrefois de l'auteur d'un bienfait conféré à un établissement de main-morte, lorsque ce bienfait était destiné à rendre des fruits perpétuels. C'est dans cette acception, autorisée par l'histoire du Collège, que le mot fut rétabli. Les parents et amis des barbistes défunts, la mort de ceux-ci remontàt-elle au commencement du siècle, furent admis à faire porter leurs noms sur la liste des fondateurs, en s'acquittant pour eux 'de la condition prescrite. Enfin on ouvrit une liste de donateurs pk)ur ceux qui, de leur vivant ou par disposition testamentaire, voudraient ajouter aux versements prescrits par les statuts*.
Le nombre des fondateurs, qui fut tout d'abord de deux cent quarante, s'est augmenté d'année en année^ sans presque nuire à celui des souscripteurs. Vingtcinq vaillants officiers avaient joyeusement réglé leurs
comptes avec t* Association amicale avant de partir pour le siège de Sëbastopfol. Cinq d'entre eux, qui ne sont pas revenus, ont ouvert la liste des fondateurs défunts \ Celle des fondations commëmoratîves a fait aussi de rapides progrès, par la piété des fils, des neveux des camarades ou des veuves. Les donations sont arrivées également, mais non pas toutes par le chemin découvert que leur a tracé lé nouveau statut. Certaines âmes ne comprennent pas d'autre bienfaisance que celle qui se cache. De là des offrandes anonymes. En 1 855, le trésorier reçut une somme de 5780 francs, avec cette simple suscription : « Part de l'Association barbiste dans une bonne affaire. »
Souscriptions, fondations, donations, telles sont les sources du revenu dont dispose depuis dix ans TAssociation amicale. Elle est assez riche pour distribuer tous les ans de douze à quinze mille francs de secours. Son comité directeur, rajeuni par de nouvelles recrues, veille avec un soin jaloux à ce que l'œuvre, à la faveur de l'extension qu'elle prend sans cesse, ne dévie pas de ses errements primitifs. Deux jeunes hommes entendus autant que dévoués, MM. Eugène Besson, professeur à Sainte-Barbe, et Antonin Bellaigue, avocat à la Cour de cassation, sont les examinateurs scrupuleux des titres qui doivent motiver les secours. Toutes les demandes ^ont l'objet d'enquêtes sérieuses; les bienfaits de l'Association sont le résultat de véritables jugements. On a déjà dit qu'ils doivent rester le secret de ceux qui les dispensent : la loi le veut ainsi, et l'on
1 . Larrouy d*Orion, lieutenant-colonel au 97* ; Blanquart de Baiileulj capitaine au 86*; Leblanc, lieutenant au 80*; Charles de Bonnafos, lieutenant au 74*; Chéi est, aspirant de marine.
n'y a jamais manqué, quoique bien souvent on aurait voulu pouvoir publier les efforts de constance et de vertu au prix desquels des personnes obligées, considérant comme un prêt le don ^qu elles avaient reçu, sont parvenues plus tard à le restituer.
Il ne faut pas omettre de dire qu'en même temps que l'Association centupla ses forces par les moyens qu'on vient d'indiquer, elle ouvrit son sein à la cidevant Communauté. Cet appel, sollicité par le directeur de Saint-Barbe, qui est en même temps viceprésident à vie du comité de bienfaisance, fut une démonstration pour établir que la vieille Sainte-Barbe et la nouvelle s'étaient définitivement réconciliées. M, Labrouste avait vu venir à lui à diverses reprises des barbistes d'avant la Révolution, qui lui avaient confié avec joie l'éducation de leurs petits-fils. ,Les mêmes noms, qui avaient fait la gloire de la maison sous l'abbé Baduel, retentissaient de nouveau dans les concours; enfin les ombrages étaient si complètement effacés que les pKits-neveux de Nicolas-Éloi Lemaire lui-même portaient l'uniforme barbiste. Mais les vieilles connaissances qu'on avait renouées les années précédentes étaient rompues journellement par la mort. Il n'en restait plus qu'une en 1853. C'est alors que fut suggérée l'idée de consacrer l'union des deux époques, en s'agrégeant ce vénérable débris de l'ancien monde.
M. Vial de Machurin, l'antique barbiste dont il s'agit, accepta de la meilleure grâce la camaraderie qui lui fut offerte. 11 présida le banquet du 4 décembre, et y apporta sa chanson. C'est un aimable vieillard, un vrai fils du dix-huitième siècle, et de ceux qui n'ont
pas renié leur père. Ayant tâté des verges de Tâbbé INicoUe, il eut soin de rassurer la compagnie sur ses senliments à l'endroit de l'ancien régime, et il décla);a qu'on ne trouverait pas en lui le laudator iemporis acti. Il vit encore. Avec ses quatre-vingt-onze ans il distancerait à plus d'un égard bien des hommes qui n*én ont pas soixante.
Les donations et fondations dont on vient de parler s'appliquent uniquement aux besoins de la société de secours mutuels. Il ne faut pas les confondre avec d'autres donations et fondations qui sont faites en faveur du Collège. L'usage de ces dernières ne fait, pour ainsi dire, que de commencer. En 1853, M. Garnier, professeur émérite, traducteur d'Hérodien, mourut à Mortain^ léguant à Sainte-Barbe une somme de 120jp0 francs. La maison s'est trouvée de même inscrite pour une part de 20 000 francs sur le testament d'Eugène Scribe. Lorsque le bon sens public commençait à discerner le désastreux effet du morcellement des études, M. Armand Donon, banquier, l'un des membres du Conseil d'administration du Collège, fit une fondation magnifique en vue de réveiller dans la jeunesse le goût des humanités. Il plaça une sommé de 60 000 francs, dont la rente est proposée à pei> pétuité. comme récompense à l'élève de Sainte-Barbe qui aura remporté au concours général le prix d'honneur de rhétorique*. Le Conseil barbiste reste libre d'allouer au lauréat tout ou partie des arrérages accumulés.
Un financier, venant avec autant de modestie que
i. Acte du 16 mars d858.
de munificence au secours des études classiques défaillantes/ voilà une action qui mérite d'être enregistrée. Donnons-lui pour pendant un trait de générosité auquel un élève de l'École préparatoire fut porté vers ce temps-là par la noblesse de ses sentiments.
Cet élève, M. Aimé Godart, obtint en 1857 le prix d'honneur des sciences. Invité au diner d'apparat où le ministre de l'Instruction publique a coutume de réunir les principaux lauréats, le. soir de la distribution du grand concours , il fut placé à la droite du ministre lui-même. Par son bon esprit, par son assu* rance modeste^ il plut à M. Roulaod, qui lui fit toutes sortes de caresses, et lui promit de lui accorder la première faveur qu'il demanderait.
Cette parole ne fut pas perdue pour M. Godart. Le lendemain même, il écrivit au ministre pour lui dire que les succès au sujet desquels il avait reçu de lui des marques si flatteuses de satisfaction, il les devait à M. Bianchet, directem: des études scientifiques à Sainte-fearbe , et que ce qu'il avait à lui demander, c'était que la croix d'honneur fût accordée à ce savant.
I^ réponse ne se fît pas attendre. Nous en reproduirons textuellement la teneur :
«c Vous avez eu raison , Monsieur, de compter sur ma promesse, et je vous félicite de votre bonne inspi* ration. Vous avez songé avant tout au directeur de vos études, à celui qui, par ses soins, a préparé vos succès. Vous vous êtes honoré par ce sentiment si louable de reconnaissance ; et comme M. filanchet est un excellent professeur, et un homme des plus estimables, je n'ai pas hésité, sur votre demande, à le proposer pour la décoration. L'Empereur, touché de votre
démarche et appréciant les bons services de M. Blanchet, vient.de le nommer chevalier de. la iégion d'honneur. Allez, Monsieur f embrasser votre directeur, et portez-lui celte bonne nouvelle, que je suis heureux de vous donner, n
Cette lettre arriva le soir, et un soir que M. Blanchet couchait à Sainte-Barbe des Champs. M.Godart, qui avait gardé le secret de sa démarche, ne se sentit pas de force à garder en lui pendant douze heures le secret de la réussite. 11 court à Fontenay ; il a toute la peine du monde à se faire ouvrir par le portier, qui dormait d'un profond Sommeil; il met la maison en alerte , et lorsqu'il aperçoit son maître, qui s'est levé des premiers, il se jette dans ses bras, et lui donne à lire, sans pouvoir prononcer une parole, la bienheureuse lettre qu'il tenait à la main. Cette anecdote a transpiré dans le public. Elle a donné à quelqu'un l'occasion de dire que le jeune lauréat avait honoré le prix d'honneur.
Ajoutons que la reconnaissance et le désintéressement, par lesquels M. Godart s'est signalé à son premier pas dans la carrière, sont devenus dès à présent la règle constante de sa vie. Admis à l'École des ponts et chaussées, lorsqu'il n'avait qu'à choisir entre les occupations qui conduisent promptement à la renommée et à la fortune, il a préféré revenir à Sainte-Barbe. Il s'est attaché par un lien indissoluble à M. Blanchet, qu'il seconde dans l'enseignement de l'École préparatoire.
La même année 1857 vit l'accession du cardinal Morlot au siège métropolitain de Paris. Étant archevêque de Tours, le prélat s'était pris d'amitié pour le
directeur de Sainte-Barbe, avec qui îl se rencontrait au Conseil supérieur de l'Instruction publique. Notre Collège fut l'un des premiers établissements particuliers qu*il honora de sa visite. Il s'y rendit le 2 mai, pour la cérémonie de la première communion. Il officia en personne, et administra de ses mains le sacrement, qui fut immédiatement suivi de la confirmation.
L'archevêque fut assisté ce jour-là de M. l'abbé Darboy, l'un de ses vicaires généraux, aujourd'hui ♦ son successeur, et non moins bienveillant pour la maison. M. Darboy était chargé de l'inspection de l'enseignement religieux dans les lycées et collèges. A ce litre, Sainte-Barbe lui doit une précieuse acquisition : celle de son premier aumônier actuel, M. Vazillier. C'est un homme d'expérience et de talent, qui fut aumônier du lycée d'Alger; après l'avoir été de l'un de nos régiments d'Afrique. Il donna l'absolution [ aux niourants sur le champ de bataille d'Isly. Il sait
I parler à la jeunesse le langage qui lui convient, et la
! toucher par des comparaisons tirées du spectacle de
. tant de choses qu'il a vues. Il s'acquitte des soins de
I son ministère avec le concours de deux autres ecclé-
\ siasliques, dont l'un est spécialement attaché à la
r maison de Fontenay. A Paris, les instructions du
f carême sont faites par des prédicateurs du dehors. Des
I personnes de distinction ont sollicité la faveur de
f venir entendre, dans la chapelle du collège, MM. Frep-
! pel et Perreyve, de la Faculté de théologie, par qui
furent prêches les derniers carêmes. Autant qu'elle le peut, Sainte-Barbe se fait un devoir de mettre en présence de la jeunesse les orateurs de la chaire dont m 22
le mérite est attesté parla voix publique. C'est d'après le même principe qu'elle choisit les rabbins et les pasteurs, chargés de donner l'enseignement religieux à ceux de ses élèves qui appartiennent au culte Israélite ou à l'Église réformée.
L'année 1858 compléta le siècle qui avait vu naître le restaurateur de Sainte-Barbe ; car c'est en 1 758, le 24 décembre, que Victor de Lanneau vint au monde. M. Labrouste suggéra à l'administration du Collège de célébrer cet anniversaire par une fête, où furent invités à la fois les nombreux descendants et les derniers amis de celui qui en était le héros.
En 1860, eut lieu une autre fête séculaire. Sainte- Barbe, éclairée sur ses véritables origines, se résigna au sacrifice de trente ans d'antiquité, que l'histoire retranchait de la date assignée par la légende. Acceptant 1460 pour l'année de sa première fondation, elle voulut constater par un acte commémoratif que son quatrième siècle révolu la trouvait plus vivante et plus brillante que jamais. L'affectueuse bienveillance, dont le Directeur était l'objet de la part du ministre de l'Instruction publique, permit de donner à celte cérémonie un éclat tout particulier.
M. Rouland avait exprimé plusieurs fois le désir de rendre une visite à la maison. On le pria d'y venir le 14 décembre 1860. La façade sur la place du Panthéon était illuminée et tous les passages garnis de tentures, d'arbustes et de fleurs. Un splendide festin fut servi dans le parloir, transformé ep triclinium. Le ministre y prit placé avec le Conseil des anciens barbistes et 1 etat-major du Collège. La étaient encore plusieurs des illustrations de Sainte-Barbe, entre autres
M. Artaud, vice-recteur de rAcadétnîe, M* Bouillet, inspecteur, le baron Lacrosse, sénateur, M. Devinck, le général Trochu; puis !e proviseur de Louîs-le- Grand, et enfin les membres du Conseil des chefs d'institution du département, invités par M, Labrouste, leur président, afin qulls partageassent avec lui Thonneur d'une soirée dans laquelle renseignement de rÉtat se faisait l'hôte de l'enseignement libre. Ces dernières paroles sont de M. Labrouste lui-même : il en fit le texte d'un petit discours qu'il prononça lorsque . le moment des toasts fut venu, discours dans lequel il n'oublia pas d'évoquer les souvenirs au culte desquels le ministre d'un grand empire n'avait pas dédaigné de s'associer.
M. Rouland répondit : « Il y a un proverbe latin qui dit, pectus disertos facit. Je ressens cette éloquence, et pour le prouver, avant que j'ajoute un mot de plus, mon cher directeur, embrassons-nous. »
Les applaudissements, on le pense bien, éclatèrent, sans attendre le reste de Tallocution , qui fut sur le même ton de chaleureuse cordialité. Ce fut une honorable récompense, et délicatement donnée. Le ministre y ajouta encore, en proposant notre Directeur pour le grade d'officier de la Légion d'honneur, qui lui fut conféré le 1 5 août suivant.
Depuis la fêle séculaire de 1860, M. Labrouste a répété plus d'une fois : «c Sainte-Barbe a reçu l'accolade d'un ministre. Redoublons d'efforts pour la mettre en état de recevoir la pareille du pouvoir qui existera dans quatre cents ans. »
Ici sera le terme d'un récit qui s'est étendu au delà
de nos prévisions. Nous espérons que sa longueur nous sera pardonnée à cause du grand intervalle de temps qu'il embrasse. Nous avons évité les développements plutôt que nous ne les avons cherchés. Notre règle a été de n'admettre que les traits utiles pour l'histoire de l'enseignement , sans oublier rien de ce qui pourrait profiter plus tard aux continuateurs ou aux émules d'une généreuse entreprise. Sainte-Barbe, sous la forme à. laquelle les circonstances l'ont amenée, n'est plus seulement un produit exceptionnel de l'amitié de collège; elle est devenue un essai réussi de la manière dont le droit des pères de famille peut être exercé en matière d'instruction publique. Elle est le modèle d'un genre d'association tout nouveau , honorable s'il en fut, digne d'être imité par les citoyens qui veulent franchement seconder l'État dans la tâche laborieuse d'élever et d'instruire la jeunesse. Une semblable création n'est pas destinée à périr. Déjà nous la voyons passer des mains de ceux qui l'ont formée dans les mains de leurs fils, et ceux-ci la légueront à leurs descendants. C'est surtout pour les barbistes des générations futures que nous avons écrit ce livre, afin qu'il leur 'montre les titres dont ils auront à conserver le dépôt, afin qu'ils y lisent le devoir auquel ils seront tenus envers la mémoire de leurs pères.