NécTologe, p
2. Nécrologe, vie de J. B. Mesnidiieu, p. 425; vie de i\I. Denattes, p. 387.
DE SÂIWTE-BARBE. 281
appuyé contre un meuble. Etant dans celte attitude, il eut le malheur de tomber et de se déboîter l'os de ^..cuisse. La réduction fut mal faite; il souffrit longtempSy et ne trouva d'adoucissement qu'en allant prendre les eaux de Bouchonne. Il aurait fallu qu'il changeât dès lors son genre de vie. Un de ses élèves le lui disait dans des vers pleins de tendresse^ qui lui furent présentés à son retour de Dourbonne :
Et nostra tandem vota, Dursee, exitus Habuere laetos : fonte Borboriio redis Qualem redire te tùi omnes gaudeant, Sanum, valentem, firmo et erectum in pede.
Bene est, iriumpha; sed quid, eheu! sanitas Recepta prosit, ni malo admonitus sapis, Et cautiorem ni facit periculum hoc Recens, quod et te paene nosque pevdidit ? Nam quod tibi ipse plaudis, quasi sis innocens Hujus pericli (pace id afiirmem tua), Erras, Duraee, nec satis tibi consulunt Qui te immerentem languisse diutino Vulnere queruntur, temere adulantes tibi, etc.*.
Quoi qu'on eût pu dire, M. Durieux n'était pas homme à s'épargner. Il crut avoir trouvé un remède infaillible dans les eaux, qui ne lui firent plus rien la seconde fois qu'il s'y rendit. Son infirmité s'aggrava de maladies fréquentes. Une dernière l'emporta le 10 août 1727, dans la quatre-vingt-troisième année de son âge. Il était né en 1 644, le 4 décembre (jour de la
i , Sclecta carinina orationesque clU quorumdani in univ, Paris, profess. (Recueil composé par Gaullyer, in-i2, Paris, 1127), p. 287.
Sainte-Barbe), daus une crèche^, ainsi que le Sauveur, pendant que ses parents fuyaient la frontière de Picardie envahie par les Impériaux. Il lui manqua, pour obtenir la gloire telle qu'il la concevait, de mourir aussi sur une croix, c'est*à-dire en confessant sa foi par le martyre. Il fit pour cela tout ce que lui permit de faire son âme douce et pleine de retenue. La vénération qu'il inspirait empêcha la méchanceté de l'atteindre autrement que par des tracasseries. Ses plus grandes douleurs furent celles qu'il éprouva à l'occasion de ses amis, soit par les tribulations des uns, soit par les défaillances des autres. Il dut surtout souffrir de la conduite du vertueux mais versatile archevêque de Paris, qui l'avait pris pour directeur de sa conscience, et qui, toujours sur le point de se laisser entraîner par les constitutionnaires , reprenait sa constance lorsqu'il avait entendu parler M. Durieux'. Ce fut une lutte de tous les moments tant que celui-ci vécut. Lui mort, le prélat fit son acte de soumission.
i. A Blenoville, dans le diocèse de Laon. 2. Dictionnaire de 1758, art. Durieux.