Nouvelles ecclésiastiques, n*^ du 19 septembre
qui tous deux s'élevèrent avec la plus grande véhémence contre les convulsionnaires.
Comme Sainte-Barbe avait ressuscité l'esprit de Port- Royal, on voulut faire en sorte qu'aucun autre établissement ne ressuscitât Tesprit de Sainte-Barbe. C'est pourquoi la persécution s'étendit à tous ceux des anciens élèves ou employés de la maison chez qui Ton soupçonna la pensée d'une pareille entreprise. Gourlin fut interdit, l'abbé Besoigne interdit et exilé, MM. Mareuil et Boursier chassés le même jour de la Sorbonne*. M. Tabourin, relancé d'exil en exil depuis sa flestitution, et toujours soupçonné d'agir sur les maîtres d'école dans les lieux où on l'envoyait, fut relégué au mont Saint-Michel au mois de décembre 1 730. Il y demeura dans une petite grotte située près de l'église, et si malsaine qu'il y perdit l'odorat. L'évêque . de Dol le dénonça encore comme avant distribué des Nouveaux Testaments aux habitants du bourg. Il reçut l'ordre de se transporter à Auxerre. C'était la cinquième lettre de cachet qui lui était signifiée. De puissants protecteurs, entre autres l'abbesse de Chelles, fille du feu duc d'Orléans, arrêtèrent l'effet de cette dernière persécution. Chez les molinistes, le respect pour la recommandation des princes n'était pas moins grand que- la ferveur religieuse, et s'accommodait volontiers avec celle-ci. M. Tabourin resta depuis lors à Paris ; il finit même par être rétabli dans ses pou-
voirs ',
Les plus à plaindre furent ceux qui, n'ayant ni ré-
1. Nouvelles ecclésiastiques, n® du i mai 1731; Registre des prieurs de Sorbonne, aux Archives de l'Empire, M. 276, p. 138.