‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 11 sur 145 · Ms. de la bibliothèque Mazarine, H. 2682 A, fol · texte numérisé non relu

Ms. de la bibliothèque Mazarine, H. 2682 A, fol

licence, soit à Notre-Dame, soit à Sainte-Geneviève. Mommé principal de Sainte*Barbe au mois de juin 1 569, loin de se prévaloir de ce titre pour entreprendre sur rautoritë qui reposait dans les mains d'un autre , il donna un bel exemple de son respect pour la discipline et pour les droits acquis en consentant à servir comme simple professeur sous Nicolas Lemarchant. I^ Faculté des arts, touchée de sa modestie, voulut qu'il éprouvât ici-bas la vérité des promesses évangéliques à Tégard de ceux qui s'abaissent. Elle Téieva à la dignité de recleur pour le printemps de 1 570, et son élection fut proclamée comme la triple récômpense du savoir, de la vertu et de la piété*. A l'expiration de cette magistrature, il reçut de nouveaux témoignages de > considération. La nation de France lui confia successivement la gestion de ses finances et la mission délicate de censeur ou inspecteur général des collèges % de sorte qu il passa sans interruption par toute la série des honneurs académiques. Sa récompense, à la suite des services qu'il avait rendus, fut de mériter l'épithète de sapientissimus^ qui devint comme inséparable de son nom.

Qui dit sagesse chez un homme appelé à gouverner les autres dit résolution, car ce ne serait rien de discerner ou de prévoir, si Ton manquait de ce qu'il faut pour exécuter. Antoine de Tremblay eut en lui cette vertu qui poursuit à travers tous les obstacles l'accomplissement de ce qu'un jugement sain a dé-

i. Registre des recteurs, ms. suppl. lat. n° 1342 à la Bibliothèque impériale; Duboulay, Historia Unw, Paris, <, t. VI, p. 710. 2. Duboulay, ibid,, p. 7J8.

daré nécessaire. Autant il était de composition facile lorsque sa personne toute seule était en jeu, aulant il déploya d'énergie pour résister, toutes les fois que les prérogatives de l'instituteur ou la bonne direction de renseignement furent menacées de quelque atteinte.

Dès les premiers jours de son entrée en charge, on le vit se défendre de la sorte devant les conseils de rUniversilé.

Ce fut d'abord à l'occasion d'un débat survenu entre deux de ses professeurs, parce que celui de seconde avait attiré dans sa classe quatre élèves de troisième. Il est vrai que cela s'était fait à la supplication des parents ; mais l'admission des enfants dans les classes ne dépendait pas de la fantaisie des familles. La capacité de chacun était constatée par des examens auxquels présidait le principal, et d'après le résultat on était jugé digne d'avancement ou condamné à redoubler. Puisque le classement avait eu lieu dans les formes ordinaires, pourquoi un régent se permettait'il de changer quelque chose à l'ordre fixé?

Au tribunal du recteur , où la cause fut apportée^ deux assesseurs seulement étaient pirésents ce jour-là. L'un fut d'avis qu'il n'y avait pas matière à discussion , et que les quatre élèves devaient retourner dans îa classe pour laquelle ils avaient été désignés ; mais l'autre assesseur, qui était le procureur général de l'Université, jugea qu'il fallait partager le différend, c'est-à-dire attribuer deux des élèves contestés à chacun des professeurs'. La conclusion manquant au procès-verbal, nous ne saurions dire laquelle des deux

4 . Archives de l'Université, Reg. 24, séance du 4 octobre 1 571 .

opiiïioDs prévalut ; mab à la façon dont s'.était prononcé d'abord Antoine de Tremblay , il est peu pro^ bable qu'il ait consenti à une transaction.

Une autre poursuite, qui fut dirigée la même semaine que la précédente, eut pour théâtre l'asseml^lée générale de TUniversité, réunie, selon l'usage, aux Mathurins. La partie adverse fut Nicolas Lemarchant.

Ce principal, ayant été abandonné par son régent de dialectique au milieu de l'année qui précéda sa rétraite de Sainte-Barbe, n'avait pas cru devoir en chercher un autre pour quelques mois qu'il avait encore à garder l'établissement. Il suppléa de sa personne le déserteur, sans s'inquiéter aucunement de la suite. En ce temps«là tous les collèges étaient rentrés dans l'obsarvation rigoureuse du statut académique qui voulait qu'un seul et monie professeur fût chargé de toute l'instruction philosophique d'une même promotion d'écoliers. Tremblay, averti au dernier moment, répondit à Lemarchant en lui objectant la loi : « Quiconque a commencé un cours de philosophie est tenu de l'achever. Vous faisiez la dialectique l'année dernière, vous ferez la physique cette année^ ou bien vous mettrez à votre place quelqu^un qui soit imbu de votre méthode, de manière à ne pas jeter le trouble dans l'esprit des élèves. » Mais Lemarchant n'avait personne à offrir, et lui-même s'était mis dans l'im* possibilité de continuer le cours de Sainte-Barbe, ayant pris la tâche d'en commencer im à Boncour^ dont les affiches étaient déjà posées partout.

Notre principal, en articulant ses griefs devant l'Dniversité, ajouta que l'interruption du cours de philosophie aurait de plus cet effet fâcheux pour Sainte-

Barbe^ d'attirer à Boncour une partie des élèves de la promotion; que déjà plusieurs avaient suivi Nicolas Lemarchaot. Celui^û s'excusa Âur ce dernier point en disant que tes élèves qui l'avaient suivi étaient ses élèves particuliers ; mais ce qu'il dit du reste fut jugé de nulle valeur par trois des Facultés^ qui adjugèrent le bénéfice de la loi au demandeur^

L'année suivante y. nouvelle altercation entre Trembky et Lemarchant. Celui-ci prétendait délivrer les certificats d'études des élèves formés pendant tout le temps qu'il avait été à Sainte-Barbe. Le cas était analogue^ mais non pas identique à celui dans lequel nous avons vu l'Université se prononcer pour Jacques de Gouvéa contre Jacques de la Halle*. Tremblay, depuis qu'il avait été nommé principal, avait eu sa résidence au collège; les élèves qui y avaient étudié alors, il ne les avait pas perdus devue un seul instant, et il avait qualité pour témoigner à leur égard. Pour ces motife, la demande du principal de Boncour fut écartée, au moins en ce qui concernait les élèves portés sur les rôles de Sainie-Barbe depuis la nomination de Tremblay'.

Nous n'avons pas encore épuisé le rôle des affaires où figura notre principal.

Sur quelques représentations qu'il adressa un jour à l'un de ses régents, nommé Jean Delatournouère, celui-ci perdit le respect, et se laissa aller à de tels emportements qu'il fut nécessaire de le citer devant le recteur. L'irascible jeune homme ne se contint pas

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