‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 129 sur 145 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La Communauté sous un supérieur résidant. — Antoine Baduel. — Abus des représentations théâtrales. — Procès au sujet de la maison de Gentilly. — Séances littéraires. — Protection de Louis XVI. — Efforts de M. de Calonne pour donner une existence légale à la Communauté.

Lorsqu'il s'agit de remplacer M. Seconds comme commissaire de rarchevêché, M. de Beaumont nomma deux personnes au lieu d'une. Son choix tomba sur MM. Delécluzc et JoUy, docteurs de Sorbonne, et paraît n'avoir pas été tout à fait libre, d'après ce qui se passa/

Le 19 mars 1774, il y eut une publication solennelle dans la chapelle de Sainte-Barbe pour annoncer aux élèves la retraite de l'ancien supérieur. On leur lut en même temps l'ordonnance qui changeait le ré- , gime de la maison, et que l'on avait tenue secrète jusque-là, pour ne pas donner lieu à des questions et à des commentaires. Or l'article de Tordonnance qui concernait le délégué de l'archevêque, disait que ce personnage serait tel ecclésiastique que le prélat jugerait à propos de choisir. La Sorbonne se vit frustrée par là d'une de ses prérogatives, attendu qu'elle avait toujours été en possession de fournir les supérieurs généraux ou inspecteurs de la Communauté. Elle crut démêler en outre le dessein plus ou moins

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éloigné de détacher Sainte-Barbe du Plessis, ce qui, à ses yeux, aurait été un irréparable dommage pour le collège soumis à sa direction ; car elle ne se dissimulait pas que le Plessis tirait sa principale splendeur du grand nombre d'excellents élèves que lui Fournissait la Communauté. La Sorbonne envoya donc faire ses humbles remontrances à M. de Beaumont, et c'est à la suite de cette démarche que les deux docteurs nommés plus haut reçurent leur institution \

M. JoUy ne tarda pas à être remplacé par M. Lecorgne-Delaunay, également docteur de Sorbonne, qui était en même temps vicaire général de M. de Beaumont, et le fut ensuite de M. de Juigné*. C'est celui dont le nom fut prononcé dans le procès de Damieus, parce que ce scélérat avait été autrefois à son service*. Depuis 1785, il exerça à lui seul les pouvoirs de l'archevêque.

Ces messieurs ne firent jamais autre chose que vérifier les comptes que le procureur de la Communauté leur présentait tous les ans *, de sorte que l'abbé Baduel peut être considéré comme l'unique chef de qui Sainte-Barbe reçut sa direction depuis la disgrâce de M. Seconds.

La mémoire de M. Baduel est restée chèrte à tous ceux de ses élèves qui ont vécu dans notre siècle. Ils aimaient à parler d'un homme que leur souvenir

i . Mémoire n^" 2 dans le Recueil ms. U, lU, 9 de la Bibliodièque de l'Uinversité.

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