‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 131 sur 145 · AiTêt du 29 janvier · texte numérisé non relu

AiTêt du 29 janvier

des transes affreuses eussent résulté pour la Communauté de la représentation par laquelle fut inau* guré son nouveau gouvernement. Ceci mérite d*être raconté.

Dans les derniers jours du mois d'avril 17T4, Louis XV fut atteint de la maladie dont il mourût le 1 2 mai suivant. Une consternation de commande déguisa mal la joie que ressentit tout le monde en songeant à la perte qu'on allait faire. Selon toute apparence, la Communauté partageait, à l'égard de son auguste protecteur, le sentiment de tout le monde, cai: M. Baduel, malgré les nouvelles qui venaient de Versailles, ne jugea pas à propos de difierer une fête de famille qu'il avait préparée pour le 4 mai à Gentîlly. Il y eut spectacle et feu d'artifice. Passe pour le spectacle, mais des pétards et des fusées, quelle impru-» dence dans un lieu où l'on avait des'ennemis ! Le procureur de la justice seigneuriale eut bientôt fait de libeller de sa meilleure encre un réquisitoire, qu'il vint lire à Taudience de M. le prévôt, il exposait que, « dans la triste circonstance de la maladie de Sa Majesté et pendant que tout le royaume était en consternation, que tout bon citoyen, le cœur pénétré de douleur, ne pensait qu'à invoquer par de ferventes prières la restitution delà santé du meilleur des rois, que le Saint-Sacrement était exposé dans toutes les églises du royaume, et lesprières des Quarante heures ordonnées au vœu de toute la France , les supérieur, procureur et communauté dé Sainte Barbe avaient été assez insensibles, et avaient même osé braver l'affliction universelle en faisant jouer la comédie et tirer un feu d'artifice suivi d'illuminations en leur maison de

campagne, sise au grand Gentilly. » Il requérait en conséquence qu'une conduite si horrible de la part de gens chargés de Téducation de la jeunesse, et qui sont obligés de lui inspirer Tamour du monarque, fût ré- J)rimée et punie, et il concluait à ce que la Communauté fût condamnée en 1000 écus d'amende, et que sa maison fût confisquée pour dix ans au profit des seigneur et dame de Gentilly *.

Quoique condamnée seulement à 100 livres d'amende et aux frais du jugement, l'administration de Sâînte-barbe n'en eut pas moins un très-mauvais moment à passer en attendant la mort du roi. Mais Tévénement ayant dissipé les alarmes, cette leçon ne sei^vit point à modérer un genre de plaisir qui pouvait avoir de telles épines pour accompagnement. Les réjouissances recommencèrent de plus belle pour le sacre de Louis XVI, pour la distribution des prix, pour les fêtes des patrons et de tous les protecteurs de la Communauté.

On remarqua particulièrement l'appareil qui fut déployé au mois de janvier 1 775 pour la Saint- Antoine, fête de M. Eaduel. Les philosophes avaient composé une parade et une pantomime, qu'ils jouèrent deux joiirs de suite avec le plus grand succès. Ils parurent dans des costumes de caractère qu'ils avaient loués à dés gens de théâtre. Arlequin et Polichinelle enlevèrent tous les suffrages. La scène était disposée dans la salle de théologie de Sainte-Barbe. Quatre écoliers habillés en suisses, l'épée en bandouillière et la hallebarde à la main, gardaient les portes. Le spectacle fut terminé

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