‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 137 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Invasion de resprit réyolutionnaire dans la Communauté. — Résistance de Tabbé Nicolie. — Sainte-Barbe recommandée à T Assemblée nationale. — Don patriotique. — Constitution civile du clergé. — Émigration de l'abbé Nicolie. — Dernières distributions des prix du concours général. — La Communauté sous la protection du département. — Refus des supérieurs de se soumettre à la constitution civile. — Journée du 25 avril 1791 . — Dissolution de la Communauté. — M. Filleul, supérieur constitutionnel provisoire. — Extinction définitive de rétablissement. — Liquidation. — Assassinat de Tabbé fiaduel. — Dispersion des ci-devant barbistes.

Vainement M. de Beaumont' en son vivant avait dépensé son argent et ses efforts pour que la Communauté de Sainte-Barbe ne cessât jamais d'être une école cléricale. Sous son successeur la tendance universelle fut à la sécularisation. D^année en année on vit diminuer le nombre de ceut qui se vouaient à l'état ecclésiastique. En 1788 un M. Galtayries, que Tabbé

Baduel avait préposé, sous le nom de directeur, slu^ divisions supérieures de son établissement, ne comptaiit pas douze théologiens dans sa cohorte*. Pour une partie des maîtres qui surveillaient les Humanistesj la soutane n'était plus qu'un habit d'uniforme. Ceux-là étaient des laïques, bien déterminés à rester toujours tels. Le service qu'ils prenaient dans la maison était une manière de lui payer leur dette pour l'instruction qu'ils y avaient reçue ; au lipu d'étudier en théologie, ils se préparaient à l'agrégat ion, devenue nécessaire pour professer dans les collège^. Les idées nouvelles étaient entrées dans ces jeunes têtes. Du maître elles passaient aux élèves. Plusieurs classes de Sainte-Barbe, la seconde surtout, qui était dirigée par Lemaire, accueillirent avec transport la prise de la Bastille *.

Peu de temps après, un esclandre eut lieu à propos de manifestations patriotiques auxquelles les supérieurs voulurent s'opposer. L'un des étudiants en théologie agit dans le sens de la répression, et tint contre la révolution des discours si violents qu'il fbt dénoncé au dehors. La garde vint pour l'arrêter, si l'on en croit l'auteur d'une biographie de l'abbé Liautard. Cet écrivain n'explique pas en vertu de quel mandat l'arrestation se serait faite ; il raconte seulement que le jeune séditieux fut soustrait aux recherches par la présence d'esprit de son camarade

i , Registre des élèves de la Communauté , Archives de TEmpire , H. 3260.

2. Témoignage de M. Vial de Machurin, ancien élève de la Communauté.

Liau tard, qui lui arracha sa soutane de dessus le corps, et Taflubla de ses propres habits *.

Les sentiments qui occasionnaient de pareilles scènes étaient faits pour navrer de douleur l'abbé NicoUe, car, dans sa jeunesse comme sur ses vieux jours, l'abbé Nicolle fut Thomme des anciennes doctrines. Ses relations étaient avec les personnes du grand monde le plus opposées à la Révolution, et dans la profession universitaire, qu'il aimait, il donnait sa préférence aux choses surannées. Entre tous les instituteurs il montra un attachement opiniâtre pour la correction du fouet. Il modifia sur plus d'un point la constitution de Sainte-Barbe, trop libérale à ses yeux. Il entama le principe salutaire de l'égalité qui avait toujours été maintenue entre les élèves , en consentant à être le précepteur d'un jeune gentilhomme qui demeurait au collège dans une chambre à part ', de sorte que, bientôt après, le neveu de l'archevêque de Paris fut reçu dans les mêmes conditions avec son maître particulier'. Si la Révolution ne se fut pas accomplie, la Communauté aurait vu l'abus d'un régime exceptionnel se perpétuer dans son sein en faveur des enfants des familles riches.

L'abbé Nicolle rendait trop de services à rétablissement pour qu'on désapprouvât rien de ce qu'il faisait; d'ailleurs il dominait complètement M. Baduel et les deux autres membres de l'administration. Le

i . L'abbé Denys, Mémoires de M. Tabbé Liautard (in-8, 1844),

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