‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 139 sur 145 · Moniteur du 6 mars i · texte numérisé non relu

Moniteur du 6 mars i

Ici fut la pierre d'achoppement de la Révolution , Torigine de toutes les douleurs dans lesquelles la nation ne tarda point à être plongée. Dès le premier acte de l'Assemblée, qui fut le refus de reconnaître une religion dominante dans l'État, le Midi entra en conflagration. Le sang coulait depuis quatre mois, lorsque fut décrétée la constitution civile du clergé, qui n'était pas de nature à réprimer les fureurs (12 juillet 1790). Quiconque avait la vue longue put prévoir que la plus horrible tempête allait, se déchaîner sur le pays. L'abbé Nicolle fut de ces hommes clairvoyants. L'esprit révolutionnaire, qu'il avait cru maîtriser, l'ayant forcé de quitter Sainte-Barbe; il émîgra.

Nous voici arrivés à un moment bien dramatique. L'agitation était partout, dans les collèges aussi bien que dans le peuple, et sans cesse elle changeait d'objet. La question religieuse, si ardente à Paris depuis le mois de mai 1790 jusqu'au mois de juin 1791 , parut comme oubliée à l'heure où elle fut décidée législativement. Le grand acte de la fédération, qui se préparait pour le. 14 juillet, était Tunique occupation des esprits. Une allégresse fiévreuse entraînait la population au champ de Mars, qu'il s'agissait de border de terre-pleins sur trois de ses côtés pour le convertir en amphithéâtre. Une multitude de personnes de toutes les classes, riches et pauvres, hommes et femmes, jeunes et vieux , y travaillèrent pendant sept jours et pendant sept nuits. Un matin de la semaine où s'exécutait ce gigantesque ouvrage, les élèves de LouîsJe- Grand, s'étant donné le mot, envahissent le collège du Plessis. Les classes étaient commencées, ils les

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ifileirompeiit; ils mett^eiil; bon gté mal gré les écoliers du PlessÎB daos leurg raQgs^ et s'en voot au cbaœp de Mars donner leur journée de travail à la patrie. Les barbîstes ne réststèrent pas au flol qui entraîna leurs camarades \

La chose faîte, le mieux, pour ceux qui la trouvaient mauvaise, eût été de raccueilUr par une réprimande paternelle, car à quoi pouvait servir Vautorité dans un pareil moment? Non-seulement tous les collégeSf mais des séminaires, plus séminaires que Sainte- Barbe, firent Tescapade du champ de Mars. Toutefois, M. Nicolle voulut sévir. L'effet de sa sévérité fut de provoquer un complot. Les barbistes reçurent de Lisieux le conseil d'infliger à leur tyran (c'est ainsi qu'on s'exprimait) le châtiment honteux auquel il les avait si souvent condamnés. A la vécité la résolution manqua au dernier moment : il n'y eut qu'une échauffourée qui fit chasser quatre élèves*; mais la mutinerie ne cessa plus, et la plupart des têtes se montrèrent tellement montées que l'abbé Baduel et ses collègues,, au désespoir, firent entendre au préfet des humanités que le repos de la maison dépendait de sa retraite *. Celui-ci résigna ses fonctions entre les mains de M. Formanlin, prix d'honneur de 4784, et Ht ses adieux à la Communauté. Il partit le 15 Juillet 1 790 *. Peu après il était en chemin pour l'Italie avec le jeune Choiseul-Gouffier, qu'il conduisît jusqu'à

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