Jugement du 9 février
son tih\ fit qu'en dernier lieu la créance du collège sur la Communauté fut abaissée au chiffre de 1 2 091 livres. Nous ne faisons pas figurer dans cette réduction la somme de 3600 livres, estimée celle des réparations imputables aux ci-devant supérieur et procureur, laquelle ils ne payèrent jamais*. L'administration de Louis-le-Grand en poursuivit plus tard l'acquittement sur les sommes que devait M. Planche pour le loyer de la maison de Gentilly.
C'est dans ces termes que se quittèrent le collège de Sainte-Barbe et la Communauté de Sainte-Barbe. Que n'a-t-on su tout cela dans notre siècle, pour l'opposer à ceux qui prétendirent être les héritiers du nom et des intérêts de Sainte-Barbe, parce qu'ils avaient appartenu jadis à la Communauté!
Pour ce qui regarde les autres créanciers, à force de promener partout leurs doléances, ils finirent par se faire entendre de la Convention. La République prît à sa charge les dettes de la Communauté. La liquidation, commencée en l'an II, se poursuivit jusqu'en l'an VIP.
Cependant M. Borderies, après sa retraite de Sainte- Barbe, était allé rejoindre, dans une maison isolée de la rue de Montreuil, au faubourg Saint -Antoine, M. Formantin, qui continuait là l'éducation de quelquesMins des élèves chassés par l'événement du 25 avril. Depuis le mois de mai 1792, les deux amis
i . Comptes du collège, 16 avril! 792, H. 2808*.
2. Archives de TEmpire, Z. 7382 (28 mars 1792); M, 318 (3 Doyembre 1791) et 320 (6 décembre 1 792).
3. Arrêtés du département du 24 ventôse an II, 7 messidor an IV, 3 vendémiaire et 15 fructidor an VIL
DE SAIi\TE-BARBE. 405
reçurent chez eux de fréquentes visites de l'abbé Baduel. Celui-ci s'était réfugié d'abord à Saînt-Flour, dans le sein de sa famille; puis des affaires de tutelle le. rappelèrent à Paris. Il y resta plusieurs mois, logeant tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, si bien qu'il laissa venir 1^10 août\ Bientôt fut rendue la loi qui frappait de bannissement les prêtres non assermentés au-dessous de l'âge de soixante ans*; puis eurent lieu les visites domiciliaires et les incarcérations, puis les terrribles journées de septembre.
Le pauvre abbé perdit la tête, et il y avait bien de quoi. Néanmoins une âme plus ferme aurait tiré meilleur parti de la situation où il se trouvait. Le secrétaire général de la Commune était Manuel, naguère pédagogue au Plessis, qu'il avait vu venir en visite à Sainte- Barbe et avec lequel il avait eu de bons rapports; en outre il comptait plusieurs de ses anciens élèves à l'Assemblée législative; Lanthenas, qui faisait la pluie et le beau temps dans la maison de Roland, lui était tout dévoué: avec de tels appuis il lui devenait possible d'obtenir un passe-port pour* aller s'embarquer sur le premier navire partant pour l'Angleterre'. Au lieu de s'adresser directement à ces personnages, qui montrèrent bientôt leur bonne volonté pour lui, il se jeta dans les bras d'un scélérat avec lequel il avait des liens de parenté, un nommé Bar-
i . Minute d'une pétition trouvée sur l'abbé Baduel ; Déposition de J. F. Deveaux, cordonnier de la Communauté, Archives de la police.