‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 16 sur 145 · Ricber, Historia Academix Paris, ^ t. III, fol · texte numérisé non relu

Ricber, Historia Academix Paris, ^ t. III, fol

2, Duboulay, Historia Univ. Paris, ^ t. VI, p. 739 et suiv.; Seconde Apologie pour TUniversitc de Paris, in-8, 1643.

de celle croisade. Ces braves, agissant de concert, amenèrent l'Université en corps à prononcer Tincompétence de Tévéque. Ils auraient sans doute poussé les choses jusqu'aux dernières extrémités, si le parlement ne se fût pas empressé de mettre le holà, pour qu'un nouvel embarras ne s'ajoutât point à ceux qui perçaient de tous les colés*.

En s'atlaquant de la sorte à des opinions qui n'étaient pas seulement celles des lettrés, les jésuites donnèrent prise pour les ébranler dans l'estime de leurs amis. On commença en plus d'un lieu à douter de leur sincérité; ils ne trouvèrent plus toujours cette condescendance avec laquelle l'autorité avait jusqu'alors accueilli leurs exigences. Un échec de ce genre, qu'ils éprouvèrent en 1580, dut être particulièrement bien reçu à Sainte-Barbe.

La peste régnait à Paris. Les religieux du collège de Clermont s'offrirent pour administrer les sacrements aux malades, ce qui était très-louable assurément. Mais ils avaient à s'acquitter des mille devoirs de leur profession ; ils ne* pouvaient aller chercher les victimes du fléau; il fallait qu'on les leur amenât, où ? à Clermont ? non pas, c'aurait été mettre en danger la santé de leurs élèves ; ils désiraient avoir un emplacement situé hors de leur collège et qui cependant n'en fût pas très-éloigné, par exemple cette petite église de Saint-Symphorien qui ne servait à aucun usage. Ainsi le péril qu'on voulait éloigner de Clermont serait tombé non seulement sur Sainte-Barbe, mais encore sur Montaigu, les

i. Ms. de la bibliothèque Mazarine, H. 2682 A, fol. H2; Duboulay, Historia Unw, Paris, ^ t. VI, p. 746.

Cholets et Lisieux. Une démarche collective des principaux mit le recteur en campagne, et la pétition resta ensevelie dans les bureaux du Châtelet, où elle était déjà parvenue \

Il faut dire un mot de cette peste de^ 1 580, encore plus funeste pour la ville et pour l'Université que celle de 1 562. Elle commença avec le printemps sous forme de coqueluche, puis se tourna tout d'un coup en cholérine pernicieuse. Il y eut tant de malades qu'il fallut improviser des ambulances dans la campagne autour de Paris ; on estime le nombre des personnes qui moururent à trente ou quarante mille. La, frayeur se mit dans la population; ce fut un sauve-qui-peut général. La jeunesse surtout déserta. Vers la Saint- Jean on fut obligé de fermer les classes ; et comme le mal sévissait encore aux approches de Thiver, nonseulement l'année fut perdue, mais la rentrée pour l'année suivante se fit dans les pires conditions*.

Depuis lors il n'y eut plus d'interruption aux misères. Avec des impôts excessifs on eut la guerre civile, la disette et une seconde épidémie, pour laquelle les collèges furent sur le point d'être fermés de nouveau en 1583».

Antoine de Tremblay, après avoir tenu bon pendant ces calamités, battit en retraite juste au moment où les choses semblaient se rasséréner. Il partit de Sainte- Barbe à la fin de septembre 1 585 *. L'état de sa santé,

i . Ms. de la bibliothèque Mazarine, H. 2682 A, fol. 45.

2. Mémoires de Claude Hatton, t. II, p. 4013; Duboulay, Historia Univ, Par,^ t. VI, p. 773.

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