CHAPITRE VI
Détails sur Jean Quintîn, l'un des premiers Supérieurs de Sainte-Barbe. — Professeurs et élèves de marque qui ont appartenu au collège depuis 1556 jusqu'à la cessation de l'exercice. — Les élèves boursiers de la fondation.
Au moment où nous allons aborder un nouvel ordre de faits, il convient de mentionner les sujets de marque, maîtres et élèves, dont on a pu constater le passage à Sainte-Barbe sous les trois premiers principaux de la fondation. Mais avant d'en venir là, nous payerons, par une courte notice, le tribut de reconnaissance que le collège doit à l'un de ses enfants des anciennes générations, dont le nom a été déjà prononcé plusieurs fois , et presque toujours à Toccasion de quelque service rendu par lui. Nous voulons parler de Jean Quintin.
Il était de ce diocèse d'Autun auquel Sainte-Barbe est redevable de plus d'un de ses bienfaiteurs. Ayant fait ses études avant le bon temps, il ne put jamais se corriger du tour de phrase prétentieux qui avait succédé à la platitude scolastique, et ne compta
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pas parmi tes grands écrivains. C'était an érudit dans la force du terme, un esprit ferme et lucide. 'Nous l'avons vu suivre d'abord 3ean de Celaya, sans s'^annihiler devant lui* ; p^lus tard il approuva la doctrine philosophique de Ramus, se fit l'allié de ce novateur dans la guerre contre Arîstole, mais refusa de partager ses idées de réforme en matière religieuse. Il resta catholique par raison , tout en combattant contre la majorité des catholiques pour le rétablissement du droit d'élection dans l'Église'.
Cadet de famille noble, il préféra à l'état purement ecclésiastique la profession de chevalier de Malte. Il se rendit dans cette lie «n 1 531 . La traversée de Marseille à Malte est aujourd'hui de cinq jours ; elle durait alors plusieurs mois, à cause des stations qu'il fallait faire dans tous les ports de l'Italie et de la Sicile : aussi bien les navires n'étaient pas gréés de manière à dévorer l'espace. Jean Quintin eut le temps de lier connaissance avec les matelots. Son esprit curieux le portait à les interroger sur tout ce qu'il ne savait pas. Il fut frappé de la finesse de leurs observations et de leur talent presque divinatoire à présager le temps d'après les ébats des dauphins, le -vol de certains oiseaux, l'apparence de la hme et mille autres indices dewlt il n'aurait pas cru qu'on pût tirer parti. Cela lui donna lieu d'écrire un petit traité Be i^entisy où il rapporte la façon dont les marins de la Méditer-