Archives de l'Empire, M. 189, acte du 8 juillet
• DE SAIIKTE- BARBE. 7
la oommander^ de Mâlun dans Tordre de Saint Jean de Jérussdeni ; car H était allé à Malte en 1 532, et y avait été armé chevalier de la main de Philippe Villiers de L'isle-Àdam\ Une vieille amitié Tiinissait au restaurateur de Sainte-Barbe. Si Dugast prit conseil de queltfu'unpaursafandation, ce fut de lui. On en voit rindice par la faveur faite aia diocèse d'Autun, qui était celui de Jean Quentin, d'être admis à fournir les grands bour^rs du collège.
De tous les actes rédigés pour la circonstance il ne nous reste que la renonciation de Robert Dugast à tous les pouvoirs dont il venait d'investir ses créatures ; mais le véritable monument qui marque dans Thistoire Tinauguratioxi de la nouvelle Sainte- Barbe est le discours qi:be prononça Léger Duchesne à la rentrée des classes pour Tannée scolaire 1557-1558*.
JVos lecteurs ont déjà fait connaissance avec Léger Ducbesne, l'inséparable de Turoèbe. Après son retour du Midi, il avait passé par tous les honneurs universitaires, et s'était marié. Cela fit crier contre lui. Le mariage des professeurs, consacré depuis longtemps dans les Universités les plus catholiques de F Allemagne, était encore à Paris une rareté et un scandale. Tous ks malheurs de Gelîda vinrent de ce qu'il avait épousé la nièce du docteur Pobiacion, et quoiqu'il eût employé la dot de sa femme à empêcher la ruine
1 • Jo, Quintini Hœdui insulœ Melitm description à la suite du De bello Rhodio de Fontanus de Bruges. In-fol. Paris, W^echel,
2. Leodegarii a Quercu oratiuncula habita Lutetix , calend, oct,^ cum auspicatarus esset Timxum Ciceronis in Jtkenxo Barbarano. 7 pages in-4, chez la veuve Attaignant, 1557.
de son collège du cardinal Lemoine, même après qu*il eut émigré à Bordeaux, on le persécuta à cause de cette union*.
Duchesne, qui avait vingt-cinq ans d'exercice dans renseignement, et qui pouvait désormais se passer de professer pour vivre, avait résolu de prendre sa retraite pour être délivré des fâcheries. Jacques Charpentier ( le meurtrier de Ramus ), avec qui il était lié, fit auprès de lui tant d'instances, qu'il s'engagea encore pour un an au collège de Bourgogne. Il s'agissait de donner un coup de fouet pour aider à se relever cet établissement qui se laissait tomber de langueur*. Duchesne, pour sa part, s'en tira à merveille. Inutile d'ajouter que, tout le temps de son cours, il fut harcelé à cause de son mariage; mais il y eut cela de singulier que, bien que ces attaques fussent parties de Sainte-Barbe, car elles eurent pour principal auteur maître Nicolas Audoart', Robert Dugast prit fantaisie d'enrôler Léger Duchesne sous les drapeaux de son neveu. Il fit faire les démarches par son neveu lui-même.
Robert Certain ne manquait pas d'esprit,, et surtout il savait être aimable lorsqu'il le voulait. Voyant que Duchesne objectait son âge, il lui répondit qu'il n'était pas si vieux, quoiqu'il eût déjà des cheveux blancs; que d'ailleurs son dessein était d'employer à l'avenir plutôt des hommes mûrs que des jeunes gens; que